Initier les entreprises à «l'électrique attitude»

Offert par Les Affaires

Publié le 20/05/2017 à 05:00, mis à jour le 18/10/2017 à 11:11

Initier les entreprises à «l'électrique attitude»

Offert par Les Affaires

Publié le 20/05/2017 à 05:00, mis à jour le 18/10/2017 à 11:11

Par Alain McKenna

François ­Adam a notamment participé au développement de la ­Sora, une moto électrique.

Les 500, Québec électrique. Dans le cadre de l’événement annuel Semaines de la mobilité durable, (re)lisez notre manchette Québec électrique qui montre les ambitions de la province dans le domaine du transport électrique, publiée en mai dernier.


Pour développer une industrie, ça prend des fabricants, des fournisseurs... et des clients. Si, traditionnellement, les entreprises sont de grandes acheteuses de véhicules, elles hésitent encore à opter pour des véhicules hybrides, branchables ou tout simplement électriques.


Une attitude que l'Institut du véhicule innovant(IVI), basé à Saint-Jérôme, espère bien changer.


Fondé l'an dernier par François Adam, l'IVI est issu du regroupement de la Canadian Network of Transportation Association(CNTA) et de l'Institut du transport avancé du Québec. Ces dernières années, François Adam a participé au développement de plusieurs véhicules électriques d'ici, dont le camion modulaire Kargo, la Sora, une moto électrique, et la Zenn, une voiture électrique financée par un industriel ontarien.


Cette expérience lui est utile afin de convaincre des entreprises qui craignent une autonomie incertaine, un temps de recharge trop long ou un prix de détail trop élevé qu'au contraire, les véhicules électriques sont une solution viable pour leur parc de véhicules.


«Depuis le temps, la technologie a beaucoup évolué, dit M. Adam. Les véhicules sont plus performants, leur autonomie s'est améliorée grandement, et avec le réseau de bornes de recharge qu'on a au Québec, ça ne prend que quelques minutes avant de reprendre la route.»


L'essayer, c'est l'adopter


Rien ne vaut un essai routier pour le constater. C'est pourquoi l'IVI a mis sur pied un programme d'essais de véhicules électriques destiné spécifiquement aux entreprises de la province. Au programme: huit véhicules de quatre marques différentes (Chevrolet Bolt, Ford Focus Electric, Kia Soul EV, Nissan Leaf), prêtés à 30 entreprises intéressées pour une période de trois semaines.


«On veut savoir comment l'utilisation de ces véhicules peut être amortie par les entreprises. Ce qu'on voit, c'est qu'au bout de trois ou quatre ans, il semble y avoir un avantage économique à électrifier son parc de véhicules. À condition qu'on les fasse rouler, car si leur prix d'achat demeure élevé, on se reprend sur le plan de la consommation.»


Si, à la suite de ce programme, au moins la moitié des entreprises ayant fait l'essai de ces véhicules les adopte, l'IVI estime qu'il aura atteint un premier objectif. Par la suite, il souhaiterait voir les entreprises québécoises acheter au moins 2000 véhicules électriques par an.


«L'électrification n'est pas une mode passagère, et il n'y a pas de mauvais moment pour embarquer dans le mouvement. On voit que la mentalité à l'égard des véhicules électriques change, et on souhaite que ça s'accélère», dit François Adam, qui conclut : «Quand les gens essaient ces véhicules, ça change tout. Ils adorent ça, car, en plus, ils sont amusants à conduire !»


Objectif: multiplier par quatre la taille de l'industrie


En confiant la création d'une grappe industrielle du transport électrique à un comité dirigé par Alexandre Taillefer, Québec n'aura d'autre choix que de se montrer ambitieux. En effet, l'homme d'affaires montréalais est catégorique: «Je serais déçu si on n'arrivait pas à multiplier par quatre la taille de l'industrie d'ici 2020.»


Pour y arriver, M. Taillefer insiste sur la responsabilité des entreprises et des organismes québécois. Le transport compte pour un peu plus de 26% des émissions de gaz à effet de serre du Québec, qui importe du pétrole pour une valeur de 15 milliards de dollars par année. «Ça prend des mesures pour accélérer l'adoption des véhicules électriques par des entreprises québécoises de tous les horizons», dit M. Taillefer. Pas seulement les particuliers et les sociétés de transport en commun!


Il cite en exemple les camions de vidange qui sillonnent les rues de la province toutes les semaines et qui polluent de plein de façons. «Ça sent mauvais et c'est bruyant. Avec des camions électriques, on réduirait la pollution sonore en ville», dit-il, un brin rêveur.


Montréal au coeur de la mobilité durable


Cette électrification ne se fera pas du jour au lendemain, mais à mesure que les gens se masseront dans les grands centres urbains. Le transport en commun ne répondra pas à tous les besoins. «Surtout que les gens sont plus nombreux que jamais à vouloir posséder leur propre moyen de transport», dit Claire Dorland-Clauzel, directrice des marques pour Michelin.


Cet été, Michelin a souligné le 20e anniversaire de l'événement autrefois connu sous le nom de Challenge Bibendum en organisant la conférence Movin'On, à Montréal. Tant les particuliers que les gens d'affaires sont invités à venir voir et à essayer les plus récentes technologies de mobilité durable.


Pour que les gens adoptent une nouvelle technologie, il n'y a rien de tel que de leur montrer qu'elle fonctionne dans leur environnement immédiat... peu importe cet environnement. «Cet été, on parle de mobilité durable et multimodale, résume Mme Dorland-Clauzel. Et pas que de transport routier. Michelin est engagé dans la Conférence des Nations unies sur le changement climatique depuis des années, et nous croyons que la décarbonation du transport s'applique aussi aux secteurs aérien et ferroviaire.»


Du 13 au 15 juin, les curieux visitant Movin'On ont eu droit à des activités interactives en tout genre, gracieuseté de C2, l'agence montréalaise spécialiste en gestion d'événements. Tesla a fait la démonstration de son Model X à conduite autonome, Michelin dévoilera un véhicule concept inédit et d'autres activités seront au programme.


C'est surtout l'occasion pour les entreprises québécoises de tisser des liens avec leurs homologues étrangères, fait remarquer la porte-parole de Michelin.


«Il y a des représentants d'entreprises et d'organismes de partout dans le monde. C'est l'occasion pour tous, incluant les start-up, d'effectuer des rencontres d'affaires.»


Pour exporter des produits, mais aussi pour s'équiper en vue de la prochaine grande révolution du transport.

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