Les cadres aux commandes chez Miralis

Offert par Les Affaires


Édition du 21 Octobre 2017

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Daniel Drapeau, PDG de Miralis

DOSSIER LES 300 PME - En 2006, Jean-Paul Lauzier, fondateur de Miralis, un fabricant d'armoires de cuisine de Rimouski, a déjà repéré quatre cadres qui pourraient prendre sa relève à son départ, mais il manque quelqu'un pour occuper le poste névralgique de PDG. Originaire de Rimouski, Daniel Drapeau travaille alors pour Telus, à Montréal. Il entend parler de cette occasion et contacte M. Lauzier. «Je rêvais d'être entrepreneur. Reprendre Miralis avec quatre partenaires était une belle occasion de réaliser ce rêve», confie-t-il.


Après quelques rencontres, il est embauché comme directeur général. Il entre en poste en janvier 2007. Une entente verbale prévoit qu'il fera partie de l'équipe de cadres qui rachètera éventuellement Miralis, mais sans aucune garantie. «J'ai dû faire mes preuves pendant deux ans», précise-t-il.


Prendre les commandes


Puis, en avril 2009, coup de théâtre : Jean-Paul Lauzier annonce qu'il quittera l'entreprise en juin de la même année, pour ne plus revenir ! Les cinq cadres, qui, même ensemble, n'ont pas énormément de liquidités pour racheter l'entreprise, se lancent rapidement à la recherche du financement. «Nous ne voulions pas accepter n'importe quelle offre juste parce que nous étions pressés. Nous voulions être financés dans des conditions favorisant la croissance et la pérennité de Miralis», poursuit le PDG.


La Banque de développement du Canada répondra à ces attentes. Elle n'exige pas l'instauration d'un conseil d'administration et ne devient pas non plus actionnaire, deux avantages importants auxquels tiennent les dirigeants.


«Le plus gros ajustement a été de différencier notre rôle d'actionnaires de celui de gestionnaires, admet Daniel Drapeau. Nous avons séparé clairement les deux chapeaux. Nous discutons presque toujours en tant qu'exploitants, rarement en tant qu'actionnaires.»


Miralis compte également sur un comité consultatif, qui se réunit quatre fois par année et qui s'est avéré très utile pour appuyer la transition vers un nouveau modèle d'affaires.


Virage à 180 degrés


La valeur marchande de l'entreprise est évaluée en 2008, le résultat servant de base pour établir le prix du rachat de Miralis. Or, cette année-là éclate la crise des subprimes aux États-Unis, qui affectera le marché de la construction résidentielle pendant les années suivantes, bloquant un débouché important pour les manufacturiers québécois.


«Non seulement le marché américain devenait moins fructueux, mais en plus tous les manufacturiers tentaient de se repositionner sur le marché canadien, qui devenait donc hyper concurrentiel», explique Daniel Drapeau.


L'entreprise, centrée depuis ses débuts sur la fabrication, amorce dès 2010 un virage vers le design de produits. Plutôt que de suivre les modes ou de construire seulement ce que ses clients lui demandent, Miralis crée désormais les tendances. Il ne s'agit plus simplement de fabriquer des armoires, mais de concevoir des cuisines complètes. À peine huit ans après ce virage, les cuisines génèrent 93 % du chiffre d'affaires de l'entreprise, qui compte 250 employés. Le virage a toutefois demandé bien des efforts et des investissements. Depuis 2009, Miralis investit annuellement environ deux millions de dollars en innovation et en développement de produits.


Il a aussi fallu convaincre les employés du bien-fondé de l'initiative. Plusieurs d'entre eux étaient avec le fabricant depuis longtemps. «Déjà, un transfert de propriété et de direction, c'est un gros changement pour les employés, remarque Daniel Drapeau. Quand en plus on fait pivoter le modèle d'affaires... On a dû gagner leur confiance, les écouter et construire avec eux nos nouvelles valeurs d'entreprise. On a mis trois ou quatre ans à y arriver.»


«Les résultats parlent d'eux-mêmes : on parvient à créer de la croissance dans un marché en décroissance», conclut-il.

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