Le mythe du carcan

Publié le 20/10/2012 à 00:00, mis à jour le 31/01/2013 à 14:56

Le mythe du carcan

Publié le 20/10/2012 à 00:00, mis à jour le 31/01/2013 à 14:56

Par Ulysse Bergeron

La gouvernance n'est pas la préoccupation des seules entreprises cotées en Bourse. De plus en plus d'entrepreneurs s'entourent de conseillers pour tracer les grandes orientations de leur organisation.


Malgré sa tenue décontractée, Charles Desjardins a des airs de jeune premier hyper actif. L'entrepreneur de 35 ans, associé et vice-président, Ventes et marketing, chez Absolunet, a troqué la cravate pour un t-shirt. Pour notre entretien, il a choisi le bureau de son mentor, Marcel Choquette, l'ancien PDG du Fonds d'investissement de la culture et des communications (FICC). Charles Desjardins raconte leur première rencontre, en 2007, alors qu'il avait assisté à une de ses conférences : «J'ai tout de suite apprécié son franc-parler. Il est quelqu'un de direct et sans détour... un peu comme moi».


Le courant a si bien passé entre les deux hommes que Marcel Choquette, aujourd'hui consultant, s'est installé dans les bureaux de l'agence montréalaise en stratégies Internet. S'il ne participe pas directement aux décisions de l'entreprise, il n'en exerce pas moins un fort ascendant sur le jeune entrepreneur, dont il est la boussole professionnelle.


Si les dirigeants sont les seuls à prendre les décisions, les conseils, eux, doivent venir de partout, croit Charles Desjardins. «Ça ouvre les horizons, et ça permet de considérer des aspects qu'on n'aurait pas envisagés autrement. La plupart du temps, Marcel n'est pas là pour apporter des solutions, mais bien pour soulever des questions», explique-t-il.


Cette façon de faire est fréquente chez les dirigeants de moins de 40 ans, note Marcel Choquette. «C'est une génération qui pige des conseils à droite et à gauche, et qui souvent teste les décisions avant de les appliquer», ajoute-t-il. Une façon de faire qui contraste avec celle de sa propre génération, quand les dirigeants croyaient que la force résidait dans le fait de prendre les décisions seul.


«La gouvernance, c'est avant tout l'ensemble des mécanismes et des fonctionnements qui assurent une gestion plus efficace», rappelle Daniel St-Onge, directeur de projets au Collège des administrateurs de sociétés de l'Université Laval. Ils prennent diverses formes : coaching, mentorat, conseils d'administration (CA), comités consultatifs (CC). Bien ancrés au sein des grandes entreprises, ces mécanismes gagnent depuis peu les PME qui ont compris que le pire danger est de centraliser les décisions entre les mains d'une seule et même personne. «Il faut briser l'isolement», résume-t-il.


LA BONNE GOUVERNANCE COMMENCE PAR LES EMPLOYÉS


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