Les marchés: le S&P/TSX bondit de 7%

Publié le 19/09/2008 à 00:00

Les marchés: le S&P/TSX bondit de 7%

Publié le 19/09/2008 à 00:00

Par Denis Lalonde

L’indice S&P/TSX a terminé la séance de vendredi sur un gain de 848 points (7,03%) à 12 912. «La meilleure performance du TSX depuis 1980 est survenue le 21 octobre 1987, alors que l’indice torontois avait progressé de 9% en une seule journée, quelques temps après le crash boursier de l’époque», précise Charles Huot, directeur-général actions institutionnelles chez BMO Marchés des capitaux.

Ce rebond était survenu deux jours après le «Lundi noir» qui avait vu l'indice principal torontois et les marchés américains reculer respectivement de 11% et de 20%.

Tous les secteurs du TSX ont terminé la journée de vendredi en territoire positif, dont les technologies (11,85%), les matériaux (9,39%), l’énergie (7,92%) et les financières (5,49%).

Les marchés américains ont également bien fait. Le Dow Jones a progressé de 381 points (3,47%) à 11 401, alors que le S&P/500 a gagné 48 points (4,03%) à 1 255. De son côté, le Nasdaq a grimpé de 74 points (3,4%) à 2 273 points.

Charles Huot estime que malgré le plan américain, les investisseurs ont perdu confiance dans le système financier: «La performance des institutions bancaires est basée sur leur réputation. Si tous les épargnants commencent à retirer leurs actifs d’une institution bancaire, elle sera attirée dans une spirale baissière et c’est à ce moment que le gouvernement doit venir à sa rescousse», dit-il.

M. Huot soutient que c’est pourquoi les autorités ont secouru l’assureur AIG, qui avait des contreparties énormes avec de nombreuses autres entreprises du secteur financier à travers le monde. «Lehman n’avait pas autant de ramifications et c’est pourquoi la société a été forcée de déclarer faillite», ajoute-t-il.

La semaine qui se termine a été particulièrement rocambolesque pour les financières avec la disparition de Lehman Brothers, le rachat de Merrill Lynch par Bank of America et le sauvetage d’AIG moyennant une aide de 85 milliards de dollars américains. «Goldman Sachs et Morgan Stanley sont également en pourparlers et pourraient fusionner avec d’autres financières pour demeurer compétitives», dit-il.

Revenant sur le plan de sauvetage du gouvernement américain, Charles Huot rappelle qu'il n’est pas encore approuvé par le Congrès, qui a le pouvoir de le modifier: «En rachetant les mauvais actifs des différentes financières, ce qui entraînera des pertes de plusieurs milliers de milliards de dollars américains, l’État devra par exemple s’assurer de ne pas égorger les contribuables à faible revenu avec des taxes ou des hausses d’impôts», explique-t-il.

Selon M. Huot, la performance des marchés boursiers sur la semaine, pratiquement neutre, n’est pas à l’image de ce qui s’est réellement passé dans le système financier. «On a eu encore une fois une confirmation que la structure du système financier américain était en péril, tout comme la confiance des investisseurs», analyse-t-il.

À son avis, les investisseurs croient malgré tout que l’aide gouvernementale permettra de passer à travers la crise.

À la une

Gains en capital: le chaos

Il y a 13 minutes | Dany Provost

EXPERT INVITÉ. La confusion règne depuis l'annonce de la hausse des impôts sur les gains en capital. Ne paniquez pas.

Le gain en capital devient inéquitable

EXPERT INVITÉ. C'est un pari risqué de refroidir l'appétit des investisseurs pour le marché immobilier canadien.

Budget fédéral 2024: Ottawa pige 19,4G$ dans les poches des ultrariches et des entreprises

16/04/2024 | Denis Lalonde

BUDGET FÉDÉRAL 2024. La mesure devrait servir à éponger le déficit de 39,8 G$ prévu pour 2024-2025.