La chute de Wall Street s'accélère

Publié le 15/01/2016 à 13:05

La chute de Wall Street s'accélère

Publié le 15/01/2016 à 13:05

Par AFP

La chute de Wall Street s'accélérait à la mi-journée, prise dans la même spirale baissière que les Bourses européennes, les investisseurs continuant à s'effrayer de la chute des prix du pétrole et du ralentissement chinois: le Dow Jones perdait 3,22% et le Nasdaq 4,19%.


Vers 12h40, l'indice vedette Dow Jones Industrial Average dégringolait de 528,14 points à 15.850,91 points et le Nasdaq, à dominante technologique, de 193,51 points à 4.421,50 points.


Très surveillé par les investisseurs, l'indice élargi S&P 500 lâchait 66,50 points, soit 3,46%, à 1.855,34 points.


Le Nasdaq et le S&P 500 enfonçaient ainsi les planchers atteint le 24 août, au creux de la dernière correction du marché.


«Les actions restent en état de siège», résumaient les analystes de Charles Schwab, notant qu'elles chutent «avec les inquiétudes pour la croissance mondiale renforcées par la Chine et une pléiade d'indicateurs américains décevants», sans oublier le marasme du marché pétrolier, étroitement corrélé à ceux des actions depuis plusieurs semaines.


Les cours du pétrole accéléraient parallèlement leur recul, perdant 2 dollars à 29,20 dollars pour le baril de WTI pour livraison en février coté à New York, et 1,89 dollar à 28,99 dollars pour le baril de Brent pour livraison en mars coté à Londres.


«Je ne vois pas les prémisses d'une crise financière»


Très surveillées, les ventes de détail aux Etats-Unis ont inopinément reculé en décembre. Au total, elles ont connu leur plus faible croissance depuis 2009, et "six catégories (de produits) sur 13 ont vu leurs ventes reculer en décembre", a souligné Chris Low, chez FTN Financial.


Par ailleurs, l'activité manufacturière de la région de New York s'affiche en chute libre, avec une sixième contraction mensuelle de suite qui la ramène au plus bas depuis la récession de 2009, selon l'indice Empire State.


Les prix à la production ont baissé plus que prévu en décembre à cause de la chute des prix du pétrole. La production industrielle a également baissé plus fortement que ne s'y attendaient les analystes.


Parallèlement, la déconfiture du marché pétrolier mine le moral des investisseurs, qui s'inquiètent de ce qu'elle représente en termes de symptôme d'une croissance mondiale en panne et de risque d'une nouvelle crise financière. Vendredi matin,le baril s'affichait au plus bas depuis plus de douze ans dans un marché abattu par la perspective imminente d'afflux d'or noir iranien et les inquiétudes sur l'économie américaine.


Pour autant, assurait Jack Ablin, chez BMO, «l'économie (américaine) reste assez solide. Elle ne croît pas au rythme qu'on voudrait mais elle continue à croître, et les bilans (financiers des entreprises) sont très solides».


«Je ne vois pas les prémisses d'une crise financière, mais juste un mouvement de correction» justifié, a-t-il dit. Selon lui, «il y a une déconnexion entre les performances de l'économie et la valorisation des actions», et la tourmente actuelle est la continuation de la correction amorcée en août, dont les indices approchaient rapidement les planchers.


Chute généralisée


Les résultats des banques Wells Fargo et Citigroup ont révélé des défauts de paiement de leurs clients de l'industrie pétrolière et gazière, participant de l'inquiétude ambiante.


Citigroup a enregistré en 2015 ses plus gros bénéfices depuis une décennie, avec des frais judiciaire en baisse et grâce à une forte réduction de ses coûts. L'action perdait toutefois 6,52% à 42,42 dollars.


La californienne Wells Fargo souffrait à peine moins, perdant 4,04% à 48,59 dollars, après avoir affiché une stabilité de ses bénéfices annuels et trimestriels, ce qui était mieux que prévu.


La banque d'affaires Goldman Sachs perdait 3,73% à 155,37 dollars après avoir soldé pour 5 milliards de dollars des poursuites judiciaires lancées par les autorités liées à la vente entre 2005 et 2007 de produits financiers adossés à des prêts immobiliers douteux.


Jeudi soir, le géant des semi-conducteurs Intel avait annoncé des chiffres meilleurs que prévu, validant selon lui sa recherche de relais de croissance face à la crise du PC, mais assortis de prévisions prudentes, invoquant l'état de la demande, en particulier en Chine. L'action dévissait de 9,18% à 29,73 dollars.


General Electric cédait 2,29% à 28,39 dollars malgré l'annonce de la vente pour 5,4 milliards de dollars de son activité d'électro-ménager au chinois Haier.


Le géant de la distribution Wal-Mart perdait 2,01% à 61,79 dollars après l'annonce de la fermeture de 269 magasins dans le monde.


Son concurrent en ligne Amazon perdait 3,43% à 572,67 dollars malgré l'obtention d'une licence d'opérateur de fret maritime.


Le marché obligataire était en forte hausse. Le rendement des bons du Trésor à dix ans s'affichait à 2,026% contre 2,094% jeudi soir, et celui des bons à 30 ans à 2,821% contre 2,811% la veille.

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