Bourse: ce qui bouge sur les marchés avant l'ouverture lundi

Publié le 04/01/2016 à 06:48

Bourse: ce qui bouge sur les marchés avant l'ouverture lundi

Publié le 04/01/2016 à 06:48

(Photo: Bloomberg)

1- Faux pas de début d’année pour la Bourse chinoise. Les Bourses chinoises de Shanghai et Shenzhen ont, pour la première fois, arrêté prématurément leurs échanges lundi après un spectaculaire effondrement de 7%, en vertu d'un nouveau mécanisme anti-volatilité qui soulève des interrogations quant à son efficacité.


Les places mondiales subissaient lundi les répercussions des tensions entre l'Iran et l'Arabie Saoudite, mais l'écroulement chinois intervient principalement suite à la publication d'indicateurs montrant une nouvelle contraction de l'activité manufacturière en décembre en Chine, et avant la levée prochaine de restrictions visant certains actionnaires.


La chute de l'indice CSI300, qui agglomère les performances des 300 principales entreprises cotées sur les deux places boursières chinoises, a déclenché un arrêt anticipé des échanges, après une première suspension de 15 minutes plus tôt lundi qui n'avait pas réussi à enrayer la dégringolade. Au moment de la suspension des cotations, l'indice composite shanghaïen avait cédé 6,86%, soit 242,92 points, à 3 296,26 points.


À la Bourse de Shenzhen, l'indice s'était effondré de 8,22%, à 2 119,16 points.


Le mécanisme de suspension des échanges, entré en vigueur lundi -premier jour de cotation en 2016 en Chine- a pour objectif d'enrayer la volatilité des cours et d'éviter que ne se répète la spectaculaire débâcle de l'été dernier.


Si l'indice CSI300, dont les poids lourds incluent les géants pétroliers et bancaires du secteur étatique, perd ou gagne 7%, les échanges sont suspendus pour le reste de la séance afin d'éviter des «risques systémiques», c'est-à-dire un effet de panique.


Mais des analystes estiment que ce système pourrait se révéler contre-productif, aggravant la volatilité au lieu de la réduire. 


2- Avec la débâcle de la Bourse chinoise en cette première séance de l’année 2016, les marchés américains se dirigent aussi vers une ouverture en baisse. Vers 6h15, le S&P 500 reculait de 1,4%, le Dow Jones perdait 1,5% et le Nasdaq se repliait de 1,6%.


3- Le prix du pétrole brut s’offrait un gain de 1% tôt lundi après que l’Arabie saoudite eut rompu ses relations diplomatiques avec l’Iran. Vers 6h15, le prix du WTI grimpait de 1,08% à 37,44$US, alors que celui du Brent avançait de 1,74% à 37,93$US.


«Le prix du pétrole a grimpé en raison de craintes d'interruptions d'approvisionnement alors que les tensions géopolitiques s'accroissent au Moyen-Orient après que le chef de file de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) a rompu ses relations diplomatiques avec l'Iran, qui s'apprête à faire son retour sur le marché pétrolier», notait Michael van Dulken, analyste chez Accendo Markets.


La mise à mort samedi en Arabie saoudite du cheikh saoudien Nimr Baqer al-Nimr, un critique virulent du pouvoir à Ryad, a suscité de violentes critiques de l'Iran et des manifestations lors desquelles l'ambassade saoudienne à Téhéran a été en partie détruite et le consulat saoudien attaqué dans la ville de Machhad.


Le ministre saoudien des Affaires étrangères, Adel Al-Jubeir, a donné 48 heures aux diplomates iraniens pour quitter l'Arabie saoudite.


«L'histoire autour de l'intensification des tensions entre l'Arabie saoudite et l'Iran continue à se développer et il existe un potentiel pour une volatilité accrue sur les marchés pétroliers», relevait pour sa part Lukman Otunuga, analyste chez FXTM.


Selon l'analyste, la réaction du marché aux risques géopolitiques qui se font jour au Moyen-Orient montre que les investisseurs trouvent encore un intérêt à acheter du pétrole.


«Tout le monde sait bien que l'Arabie saoudite est un important producteur de pétrole tandis que l'Iran devrait aussi commencer à lancer sa propre production en 2016, ce qui signifie que les investisseurs ont trouvé une raison de pousser les prix du pétrole à la hausse», poursuivait l'analyste, soulignant toutefois que cela semblait surtout une excuse pour faire rebondir les cours dans un marché par ailleurs lourdement déprimé par l'excédent d'offre.


De leur côté, les analystes de Commerzbank jugeaient que tout différend militaire direct entre les deux puissances hégémoniques du Moyen-Orient aurait de graves conséquences pour l'offre mondiale d'or noir, alors que près de 30% de celle-ci est produite dans la région du golfe Persique.


«Pour l'instant, il n'y a pas de changement dans la production et les gains actuels montrent qu'il s'agit d'une réaction à l'idée hypothétique selon laquelle si les tensions continuent à s'intensifier, les niveaux de production pourraient changer», observait M. Otunuga.


De fait, la situation de surabondance d'offre plombant le marché pétrolier - dont les prix ont chuté de plus de 30% en un an - ne semblait pour l'heure pas prête de se résorber, alors que la production russe d'or noir a encore augmenté en 2015, pour atteindre le niveau record d'environ 10,73 millions de barils par jour.


4- Le calendrier des indices économiques est léger pour le retour à la normale après le congé des Fêtes. Aux États-Unis, les marchés attendent la publication de l’indice ISM manufacturier du mois de décembre à 10h. L’indice a décliné durant les cinq mois précédents, passant même sous le point d’équilibre de 50 en novembre. Un indice sous 50 signale une contraction de l’activité manufacturière.


En Europe, l’Allemagne publiera ses données sur l’inflation en après-midi (heure locale).


5- Parmi les titres à suivre lundi, la pharmaceutique Baxalta (NY., BXLT) grimpe de près de 15% dans les échanges précédant l’ouverture, alors que des rumeurs parlent d’une offre publique d’achat qui serait lancée par sa rivale britannique Shire (Nasdaq., SHPG).


Netflix (Nasdaq., NFLX), l’un des titres les plus performants de la Bourse américaine en 2015, devrait connaître une séance difficile lundi, alors que la croissance de ses abonnés a ralenti en décembre.

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