Un sommet au Québec pour des bonzes de l'aluminium du Canada et de l'étranger

Publié le 04/06/2018 à 06:29

Un sommet au Québec pour des bonzes de l'aluminium du Canada et de l'étranger

Publié le 04/06/2018 à 06:29

Par La Presse Canadienne

L'avenir de l'industrie de l'aluminium se retrouvera au coeur d'un sommet tenu à Montréal dimanche soir et lundi.


Des représentants canadiens, américains, européens et japonais de diverses associations évoluant dans ce secteur convergeront vers la métropole spécialement pour l'occasion.


Ils profiteront de la rencontre pour tenter de développer un plan d'action tournant autour d'un enjeu qui les affecte tous: la surcapacité mondiale.


En entrevue avec La Presse canadienne, le président et chef de la direction de l'Association de l'aluminium du Canada (AAC), Jean Simard, a soutenu que l'existence de ce phénomène est largement imputable au comportement de la Chine.


Il a poursuivi en faisant valoir que dans ce pays, des entreprises appartenant au gouvernement sont carrément «maintenues en vie artificiellement grâce à l'intervention financière de l'État».


Selon M. Simard, les impacts de cette distorsion du marché ont longuement pu être observés.


«Le prix de l'aluminium est demeuré très bas pendant à peu près dix ans. Durant cette période, à l'extérieur de la Chine, les usines les moins rentables ont dû fermer. Pourquoi? Tout simplement parce qu'elles n'avaient pas l'aide de l'État comme en Chine», a-t-il expliqué.


Il a indiqué que les Américains ont été frappés de plein fouet.


«Sur 14 usines, ils ont dû en fermer neuf. Parmi les cinq restantes, il y en a seulement deux qui fonctionnent à plein rendement», a précisé Jean Simard.


Sans grande surprise, il y a eu, à son avis, une récupération politique de cette situation qui a contribué à "nourrir une vision protectionniste de l'économie" à Washington.


Or, aux yeux de M. Simard, «l'industrie américaine de l'aluminium comme on la connaissait jadis est en érosion» et la solution mise de l'avant par le président des États-Unis pour essayer de redresser la barre n'aura pas l'effet escompté à long terme.


En imposant des tarifs douaniers sur les importations d'aluminium en provenance notamment du Canada, du Mexique et de l'Union européenne, Donald Trump sombre, selon lui, dans l'électoralisme pur et simple.


«Il s'est engagé à rétablir des "jobs'' dans le secteur manufacturier lourd américain. Or, ça n'a plus de sens de produire de l'aluminium primaire aux États-Unis. Ça coûte trop cher. Les usines y sont trop vieilles. Si jamais des emplois y sont recréés, ils ne seront pas durables», a souligné le grand patron de l'AAC.


Il a ensuite mentionné que le comportement "belliqueux" de M. Trump contribue à alimenter «un climat d'incertitude sans précédent».


D'après Jean Simard, une chose demeure, toutefois, inévitable dans cette atmosphère précaire: les alumineries d'ici n'ont pas fini de brasser des affaires avec des clients des États-Unis.


«Les Américains ont produit 700 000 tonnes d'aluminium l'année dernière. Or, ils ont consommé 5,5 millions de tonnes [de ce métal]. Ça ne peut pas changer. Ils vont donc avoir encore besoin de l'aluminium canadien», a-t-il martelé.


Cependant, M. Simard s'est empressé d'ajouter un bémol.


«Les gros clients aux États-Unis vont probablement dire aux alumineries d'ici: "les tarifs douaniers, nous nous attendons à ce que vous en absorbiez une partie ou la totalité''. Ça va donc affecter les marges bénéficiaires des entreprises canadiennes [...]. Ça retardera dans le temps le processus décisionnel qui pourrait mener à des projets d'expansion pour elles», a-t-il conclu.


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