Les cours du pétrole bondissent

Publié le 04/03/2016 à 15:32

Les cours du pétrole bondissent

Publié le 04/03/2016 à 15:32

Par AFP

Les cours du pétrole ont nettement monté vendredi après de bons chiffres sur l'emploi américain qui ont permis de parachever une semaine de hausse face à l'espoir persistant d'actions des principaux pays producteurs pour réduire leur offre.


Le cours du baril de "light sweet crude" (WTI) pour livraison en avril a gagné 1,35 dollar à 35,92 dollars sur le New York Mercantile Exchange (Nymex), signant une hausse de quelque trois dollars sur l'ensemble de la semaine.


A Londres, le prix du baril de Brent de la mer du Nord, référence européenne du brut, pour livraison en mai a gagné 1,65 dollar à 38,72 dollars sur l'Intercontinental Exchange (ICE), enregistrant une hausse hebdomadaire de plus de 3,5 dollars.


C'est la deuxième semaine consécutive de franche hausse pour le marché pétrolier qui était tombé en début d'année au plus bas depuis 2003 face à l'absence de perspective de résorption de la surabondance d'or noir dans le monde.


"On voit revenir sur le marché beaucoup d'investisseurs de nouveau décidés à passer à l'achat", a résumé Carl Larry, de Frost & Sullivan.


Vendredi, "on a profité des chiffres sur l'emploi" américain, a-t-il précisé, en référence au rapport mensuel du gouvernement des Etats-Unis sur le marché du travail.


Les créations d'emplois aux Etats-Unis ont largement dépassé les attentes en février, tandis que le taux de chômage est resté au plus bas depuis huit ans.


"Cela témoigne d'une croissance économique satisfaisante" et donc favorable à la demande pétrolière, a jugé Kyle Cooper de IAF Advisors.


Certes, certains observateurs nuançaient le tableau en remarquant que le niveau des salaires avait légèrement baissé le mois dernier et que le haut niveau de l'emploi était en partie dû au nombre élevé de postes à temps partiel, ce qui dans l'ensemble n'est pas si favorable pour la consommation.


"Du point de vue du pétrole, peu importe", a répondu M. Larry. "Que les gens travaillent à temps partiel ou à plein temps, beaucoup d'entre eux ont toujours besoin de conduire pour aller travailler !"


De plus, le marché des changes a plutôt semblé retenir les aspects défavorables du rapport et le dollar s'affaiblit un peu, ce qui soutient les cours pétroliers, libellés en monnaie américaine, en les rendant moins coûteux.


 


Baisse des puits aux USA


Si "les bons chiffres sur l'emploi ont amplifié la hausse hebdomadaire des cours", comme l'a reconnu Matt Smith, de ClipperData, la récente reprise du marché semble surtout due aux espoirs de voir les grands pays producteurs s'arranger pour réduire leur offre.


Pour le moment, l'Arabie saoudite, membre dominant de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep), et la Russie, qui lui est extérieure, ont donné en février un coup de pouce aux cours en acceptant de geler leur production, de concert avec deux plus petits membres du cartel, le Qatar et le Venezuela.


Les observateurs estiment cependant que ce premier pas n'a de valeur que s'il ouvre la voie à des mesures plus marquées, en premier lieu une baisse prononcée de la production, car l'offre mondiale est en l'état largement excédentaire.


Vendredi, c'est le ministre russe de l’Énergie, Alexandre Novak, qui a entretenu les espoirs en rapportant que les discussions se poursuivaient "concernant la date et le lieu" d'une nouvelle rencontre entre pays producteurs, évoquant une fourchette entre le 20 mars et le 1er avril.


Du côté des Etats-Unis, qui se tiennent en marge de ces débats, les investisseurs ont pris connaissance vendredi d'une nouvelle baisse du nombre de puits en activité, huit d'entre eux ayant été fermés cette semaine selon le décompte hebdomadaire du groupe Baker Hughes.


Avec ce nouveau déclin, qui porte ce décompte au plus bas depuis fin 2009, "et si l'on annonce mercredi une nouvelle baisse de la production américaine, je crois que les cours peuvent remonter jusqu'à 40 dollars le baril d'ici la fin de semaine prochaine", a conclu M. Larry.


Depuis un mois et demi, le Département de l'Energie, qui publie le mercredi ses chiffres hebdomadaires sur l'état de l'offre américaine, annonce systématiquement une baisse de la production, qui se rapproche par le haut du seuil des neuf millions de barils par jour (bj).

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