Les conflits commerciaux de la Maison-Blanche

Publié le 08/08/2018 à 13:49

Les conflits commerciaux de la Maison-Blanche

Publié le 08/08/2018 à 13:49

Par AFP

[Photo: 123rf.com]

Chine, Union européenne, Mexique et Canada, Japon... L’administration Trump a lancé une guerre commerciale tous azimuts. Rien que la bagarre œil pour œil, dent pour dent avec Pékin pourrait amputer le PIB planétaire de 0,7 % d’ici 2020, selon des estimations récentes du cabinet Oxford Economics.


Voici un panorama des fronts commerciaux ouverts par la Maison-Blanche.


Chine 


Après avoir imposé des taxes à l’importation de 25 % sur les machines à laver, les panneaux solaires, l’acier et l’aluminium, soit déjà un total de 34 milliards de dollars de produits chinois, Washington va taxer à partir du 23 août une série d’autres produits, pour une valeur de 16 milliards de dollars. Dans la ligne de mire: des motos, des tracteurs, des pièces pour chemins de fer et des circuits électriques notamment.


Les États-Unis ont d’ores et déjà menacé de taxer 200 milliards de dollars de marchandises chinoises supplémentaires (poissons, pneus, papier et produits chimiques par exemple), à partir de septembre. Ce qui porterait à 250 milliards de dollars le total des produits chinois taxés par Washington.


Et Donald Trump s’est dit prêt à « aller jusqu’aux 500", autrement dit à taxer la totalité des importations venues de Chine (505 milliards de dollars en 2017, soit un déficit pour les Américains de 375 milliards sur les seules marchandises).


Outre ce déficit abyssal, Washington reproche à Pékin « le vol » des droits de propriété intellectuelle, les barrières non douanières et les transferts de technologie imposés avec les coentreprises chinoises.


De leur côté, les autorités chinoises accusent Washington d’avoir déclenché « la plus grande guerre commerciale de l’histoire économique ». Elles ont annoncé le 6 juillet des mesures de rétorsion sur 34 milliards de dollars d’importations américaines, notamment du porc et du soja, et ajouté le 8 août 16 milliards supplémentaires (comprenant le charbon, des instruments médicaux ou des déchets).


Dans une parfaite stratégie « dent pour dent », les taxes chinoises s’élèveront également à 25 % et seront aussi appliquées à partir du 23 août.


Mais cette bataille des droits de douane pourrait trouver ses limites: la Chine importe presque quatre fois moins qu’elle n’exporte vers les États-Unis, ce qui limite sa capacité de représailles.


Union européenne


Donal Trump a accepté une trêve avec Bruxelles le 25 juillet. Les deux parties ont dit vouloir supprimer la quasi-totalité des tarifs douaniers, et le président américain a confirmé qu’il n’y aurait pas de taxes sur le secteur automobile européen pendant les négociations. 


L’Union européenne est, depuis le 1er juin, sous le coup de taxes douanières punitives américaines de 25 % sur l’acier et de 10 % sur l’aluminium. En guise de représailles, elle a relevé les droits de douane le 21 juin sur 2,8 milliards d’euros (3,2 milliards de dollars) de produits typiquement américains, dont les jeans, le bourbon, ou encore les Harley-Davidson.


La trêve a permis à l’UE d’éloigner la menace de droits de douane sur les importations automobiles ce qui inquiétait particulièrement l’Allemagne, grande exportatrice de voitures en Amérique du Nord.


Canada et Mexique


Le Canada, visé par les tarifs douaniers sur l’acier et l’aluminium, a aussi pris des mesures de représailles, à hauteur de 12,6 milliards de dollars, entrées en vigueur le 30 juin. Outre l’acier et l’aluminium américains, sont notamment visés le whisky, le ketchup, le jus d’orange, les bateaux à voile et à moteur ou encore les tondeuses à gazon.


De son côté, Mexico a imposé des taxes douanières équivalentes « sur divers produits » importés des États-Unis, dont certains aciers, des fruits et des fromages.


Par ailleurs, les négociations entre Washington, Mexico et Ottawa pour moderniser l’Accord de libre-échange nord-américain (ALÉNA), en vigueur depuis 1994, traînent. Mais les États-Unis et le Mexique ont évoqué un possible accord d’ici la fin août.


Iran 


Suite à son retrait de l’accord nucléaire iranien signé sous Barack Obama, Washington a rétabli le 6 août des sanctions à l’égard de Téhéran et de toutes les entreprises ayant des liens avec la République islamique.


Les Américains ont donné à ces dernières une période de 90 à 180 jours pour se retirer d’Iran. Cette première salve de sanctions concerne l’automobile et l’aéronautique civile, ainsi que des blocages sur les transactions financières et les importations de matières premières. Suivront le 4 novembre l’énergie et la finance. 


Washington se dit déterminé à réduire « à zéro » les exportations de brut iranien.


Plusieurs pays ont réclamé des exemptions début juin afin de continuer à commercer avec Téhéran, en vain.


Japon


Touché depuis mars par les taxes sur l’acier, le Japon a informé l’OMC de sa volonté d’instaurer, en représailles, des taxes sur des marchandises américaines à hauteur de 50 milliards de yens (385 millions d’euros).


Pour le pays, le principal sujet d’inquiétude concerne toutefois la menace de taxes sur les importations automobiles.


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