Le Portugal vole à la rescousse de Banco Espirito Santo

Publié le 04/08/2014 à 07:45

Le Portugal vole à la rescousse de Banco Espirito Santo

Publié le 04/08/2014 à 07:45

Par AFP

Photo: Bloomberg

Soucieux de freiner la contagion, l'État portugais s'est résolu dimanche à renflouer à hauteur de 4,4 milliards d'euros la banque en difficulté Espirito Santo (BES), tout en mettant fortement à contribution ses actionnaires.


Après avoir longtemps écarté ce scénario, le gouvernement puisera ainsi dans l'enveloppe de 12 milliards d'euros réservée aux banques dans le cadre du plan de sauvetage du Portugal négocié avec la troïka (UE-FMI-BCE), dont il restait 6,4 milliards d'euros.


En volant au secours de la banque, mise à mal par les déboires financiers de la famille Espirito Santo, le gouvernement cherche à éviter que l'affaire ne contamine l'ensemble du secteur financier du Portugal, voire de l'Europe.


« Il était urgent d'adopter une solution pour garantir la protection des dépôts », a déclaré le gouverneur de la Banque du Portugal Carlos Costa, en présentant le plan de sauvetage de la banque.


Après avoir publié une perte semestrielle record de 3,57 milliards d'euros, « Banco Espirito Santo présentait un risque de cessation de paiements qui aurait mis en danger le système financier national », a-t-il prévenu.


Les turbulences que traverse BES avaient semé la panique sur les marchés européens début juillet, faisant ressurgir le spectre de la crise de la dette en zone euro.


Face à l'hécatombe du titre en Bourse, qui a été suspendu vendredi après avoir chuté de près de 75% en une semaine, les espoirs de voir la banque attirer de nouveaux investisseurs sans recourir à l'aide de l'État avaient été anéantis.


Pour arrêter l'hémorragie, les autorités portugaises ont décidé de scinder la banque en deux entités, afin de permettre de séparer les actifs toxiques des produits sans risque.


Les actifs toxiques, dont les titres de dette à haut risque de la famille Espirito Santo et les parts dans la filiale de BES en Angola, seront logés au sein d'une structure de défaisance (bad bank), chargée de les liquider.


- Novo Banco -


L'ensemble des actifs sains seront regroupés au sein d'une nouvelle banque, baptisée Novo Banco, qui sera contrôlée par le Fonds de résolution des banques portugaises, créé en 2012 à la demande de la troïka afin de pouvoir faire face à des crises bancaires.


« Rien ne change pour les clients. Ils pourront réaliser toutes les opérations habituelles sans perturbation. BES deviendra dès lundi Novo Banco, même si les agences garderont dans un premier temps les anciens logos », a fait valoir M. Costa.


Quant à la « bad bank », elle restera entre les mains des actuels actionnaires, qui risquent d'être lourdement pénalisés car ils seront amenés à en assumer les pertes, a prévenu le ministère des Finances.


Parmi les actionnaires figure, avec une part de 14,6%, le groupe français Crédit agricole, qui devra dévoiler l'ampleur des dégâts lors de la présentation de ses comptes mardi.


En vertu des nouvelles règles européennes, les actionnaires et créanciers non prioritaires sont désormais priés de mettre la main à la poche en premier ressort avant qu'une banque ne puisse solliciter une aide de l'État.


D'où la panique des actionnaires de BES, qui ont massivement vendu le titre en Bourse, le précipitant à des plus bas historiques.


Une fois séparés des mauvaises créances, les actifs sans risque auront plus de chance d'attirer des investisseurs privés, notamment des banques étrangères, et de retourner ultérieurement en Bourse.


L'injection de fonds publics est également de nature à calmer l'inquiétude des épargnants, qui ne seront pas mis à contribution.


« Cela fait un moment que des clients de BES retirent leur argent. Il n'y a aucune raison à cela, mais la panique n'a rien de raisonnable », a commenté à l'AFP Joao Cesar das Neves, professeur d'économie à l'Université catholique de Lisbonne.


Le cas du Portugal est le premier test des nouvelles règles transitoires en vigueur en attendant la mise en place en 2016 de l'union bancaire européenne qui vise à éviter aux contribuables de payer pour les banques.


La solution trouvée pour Banco Espirito Santo « contribuera à rétablir la confiance dans la stabilité du système financier » du Portugal, a estimé la Commission européenne, qui a jugé le dispositif conforme aux nouvelles règles en vigueur.

À suivre dans cette section


image

Croissance PME

Mercredi 25 octobre


image

Marketing B2B

Mardi 21 novembre


image

Acceptabilité sociale

Mercredi 29 novembre


image

Communication interne

Mardi 05 décembre


image

Gestion de la formation

Mercredi 06 décembre


image

Sommet sur l'énergie

Mardi 23 janvier


image

E-Commerce

Mardi 30 janvier


image

Sécurité alimentaire

Mardi 06 février


image

Usine 4.0 - 2018

Mercredi 14 mars


image

Rémunération globale

Mercredi 25 avril

Sur le même sujet

De grandes retombées pour l'économie québécoise

Édition du 21 Octobre 2017 | Simon Lord

C'est en bonne partie grâce aux activités de valorisation que la recherche universitaire génère de grands ...

Éloge de la laideur

16/10/2017 | Olivier Schmouker

CHRONIQUE. C'est que–tenez-vous bien!– elle peut se révéler être un avantage concurrentiel énorme...

OPINION Escalader un mur d'inquiétude
Édition du 14 Octobre 2017 | PHILIPPE LE BLANC
Pauvres milléniaux!
Mis à jour le 10/10/2017 | Olivier Schmouker
Le dollar canadien a touché un creux de 5 semaines
06/10/2017 | LesAffaires.com et La Presse Canadienne

À la une

Pourrez-vous survivre à la nouvelle concurrence chinoise?

Mis à jour le 21/10/2017 | François Normand

ANALYSE– La Chine vient de lancer une réforme majeure qui affectera plusieurs entreprises canadiennes et occidentales.

Bombardier goûte à la médecine qui a fait son propre succès

Mis à jour le 21/10/2017 | Philippe Leblanc

BLOGUE INVITÉ. La vente récente du contrôle de la CSeries poursuit une tendance historique.

Vidéo: vers une récession en 2020?

21/10/2017 | Denis Lalonde

GESTIONNAIRES EN ACTION– La prochaine récession pourrait survenir en 2020 au Canada, selon Fiera Capital.