Le plan infrastructures de Trump coincé au stade de la promesse

Publié le 31/01/2018 à 13:49

Le plan infrastructures de Trump coincé au stade de la promesse

Publié le 31/01/2018 à 13:49

Le plan d'investissement de 1500 milliards de dollars, que Donald Trump souhaite lancer pour rénover les infrastructures en piteux état aux États-Unis, doit encore trouver les financements nécessaires pour dépasser le stade des bonnes intentions.


Quel est le constat?


Construites pour la plupart dans les années 50, 60 et 70, les autoroutes, les routes, les ponts, les voies ferrées, les aéroports et autres infrastructures sont en piteux état, «en décrépitude», aux dires même du président américain.


Un tiers des ponts américains (226.837) et un tiers des ponts d'autoroutes (17.726) ont besoin d'être réparés, selon l'association américaine des constructeurs de routes et de transports (ARTBA) estimant qu'il s'agit «de la partie émergée de l'iceberg».


Débat ancien et partagé


L'association des ingénieurs civils américains (ASCE) tire la sonnette d'alarme depuis longtemps. Dès 1998, elle attribuait ainsi aux infrastructures la note D (pour «déficientes») sur une échelle de A à F. Elle a aussi chiffré à quelque 2.000 milliards de dollars sur 10 ans les besoins totaux d'investissements pour les moderniser.


Et si rénover les infrastructures est une promesse de campagne de Donald Trump, pendant des années, l'administration Obama a, elle, tenté de faire approuver des plans de rénovation des transports publics. Mais elle s'est heurtée aux élus républicains du Congrès, notamment à l'approche des élections.


«Surréaliste»


Lors de son discours sur l'Etat de l'union mardi, le président américain a demandé au Congrès d'appuyer un plan d'investissement d'au moins 1.500 milliards de dollars pour développer les infrastructures aux Etats-Unis sans donner de détail sur la manière de le concrétiser.


Il a aussi évoqué la simplification des procédures pour éviter que construire une simple route dure 10 ans quand l'Empire State Building a été érigé en un an.


«Ce n'est pas un plan, c'est un nombre. Il n'a absolument rien dit sur la manière dont il pourrait financer ce plan», a réagi Jacob Kirkegaard, chercheur à l'Institut Peterson, soulignant que l'administration Trump promet depuis des mois de publier un plan détaillé.


Pour autant, le scénario privilégié jusqu'alors par l'administration Trump est un partenariat public-privé.


La Maison Blanche a évoqué un budget fédéral de 200 milliards de dollars consacrés aux infrastructures, en espérant susciter un effet de levier parmi les investisseurs privés, les Etats et les collectivités locales pour récolter plus de 1.000 milliards de dollars.


«Une aspiration n'est pas un plan, c'est un désir. Et cette aspiration est totalement irréaliste», estime Jacob Kirkegaard, notant que le Congrès va sans doute retoquer une participation de l'Etat fédéral alors que le déficit public risque déjà d'être creusé par la baisse des impôts entérinée fin 2017.


Les autres options


D'autres solutions politiquement périlleuses consisteraient à mettre les usagers à contribution avec des péages comme l'expérimentent certains Etats comme le Texas ou en augmentant la taxe fédérale sur le carburant, qui n'a pas été réévaluée depuis 1993.


Le choix des projets sera également crucial et devra rompre avec la pratique consistant à financer des infrastructures pour satisfaire des alliés politiques, désireux d'avoir une nouvelle route ou un pont dans leur circonscription.


Un casse-tête


Aucune infrastructure n'est financée de la même manière. A titre d'exemples: les aéroports sont  gérés par des investisseurs privés; le système d'autoroutes reliant Etats (Interstate highway system) a été construit par l'Etat mais son entretien est maintenant essentiellement du ressort des Etats tandis que la construction et l'entretien des routes secondaires revient aux Comtés.


Indispensable


«Les quelque 48.000 miles (environ 77.248 km) de voies d'autoroutes reliant les Etats portent littéralement l'économie américaine. Elles charrient 75% du trafic national de poids lourds», selon des données de l'ARTBA.


«Les engorgements routiers coûtent pour le seul secteur des transports routiers plus de 60 milliards de dollars chaque année en perte de productivité et en essence, ce qui accroît tout ce qui est produit, acheté ou exporté», commente Alison Premo Black, chef économiste de l'ARTBA.


«Nous savons tous combien les infrastructures sont cruciales pour le pays et combien elles soutiennent la croissance économique et la productivité», a déclaré cette semaine Gary Cohn, le conseiller économique du président, à la presse américaine.


 


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