L'investisseur canadien, proie facile des fraudeurs en Bourse?

Publié le 11/01/2018 à 16:30

L'investisseur canadien, proie facile des fraudeurs en Bourse?

Publié le 11/01/2018 à 16:30

Les investisseurs canadiens seraient particulièrement vulnérables aux tromperies comptables et aux fraudes boursières des entreprises cotées en Bourse, affirment Al et Mark Rosen dans leur nouveau livre, Easy Prey Investors 1.


«Le filet de sécurité des investisseurs canadiens est déchiré», affirment de façon spectaculaire les auteurs, qui tirent à boulets rouges sur l'ensemble de l'écosystème financier.


Selon eux, les journalistes ne liraient pas les états financiers, les comptables seraient complaisants dans leur travail de vérification des états financiers et les autorités de réglementation laisseraient à peu près tout passer par incompétence. Même les conseillers n'échappent pas à leur critique au vitriol, car ils seraient trop nombreux à privilégier leur intérêt pécuniaire aux dépens de leur devoir fiduciaire. En conséquence, les fraudeurs et les promoteurs de manigances boursières auraient beaucoup de facilité, au Canada, à tromper les investisseurs crédules et ignorants. 


Al et Mark Rosen, qui travaillent en tandem père et fils, sont des experts reconnus en juricomptabilité. Leur cabinet, Rosen Law Firm, arrive au deuxième rang canadien pour le nombre de règlements en recours collectifs touchant les valeurs mobilières.


Pourraient-ils être amenés à noircir le tableau en raison de leur rôle de spécialistes des tribunes judiciaires en matière de fraudes ?


«Les Rosen ont une longue expérience comme témoins experts dans des causes en juricomptabilité. Ils interviennent dans des cas extrêmes, ce qui teinte leur perception et rend leur point de vue très tranché», dit Michel Magnan, professeur de comptabilité à l'Université Concordia.


Focus sur les attrapes comptables


Cela dit, c'est dans la dissection des techniques de maquillage comptable que les auteurs donnent leur pleine mesure.


En quelques chapitres bien tournés, ils décrivent comment les responsables d'états financiers peuvent gonfler artificiellement - et sans qu'il n'y paraisse - les flux de trésorerie, revenus et profits. Les auteurs illustrent aussi comment des responsables d'états financiers peu scrupuleux peuvent camoufler des pertes.


Ainsi, au lieu de rapporter des créances irrécouvrables, certains états financiers mentionneront des «prêts à long terme» ou des «investissements». Parfois, l'expression «autres actifs» recèlera de faux investissements qui devront un jour être reconnus comme des dépenses. L'indicateur du BAIIA ajusté (bénéfice avant intérêts, impôts et amortissement) pourrait être manipulé de façon à éviter des dépenses d'intérêt et des impôts, ou à inclure des estimations de revenus futurs dans la colonne des profits générés.


Les auteurs donnent quelques indices afin de repérer ces dangers de tromperies. Ils suggèrent notamment de prendre l'habitude de comparer les états financiers d'une année à l'autre. Ils préconisent la lecture régulière des notes afférentes. Ces notes peuvent en apprendre beaucoup sur les conditions d'achat lorsque l'entreprise effectue des acquisitions. Disent-elles que le prix d'achat reflète la juste valeur marchande telle qu'établie par des consultants indépendants ? Ou leur formulation reste-t-elle vague ?


Gare aux fiducies et aux acquisitions


Al et Mark Rosen consacrent un chapitre aux fiducies de revenu. Ils mettent en garde sur la possibilité que leurs dividendes proviennent d'entrées nettes ou de prêts. La progression de la dette constitue un indice clé permettant de repérer ce type d'arnaque.


 


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