General Electric éjectée du Dow Jones

Publié le 20/06/2018 à 10:10

General Electric éjectée du Dow Jones

Publié le 20/06/2018 à 10:10

Par AFP

(Photo: 123rf.com)

General Electric a été éjecté de l'indice vedette de Wall Street, le Dow Jones Industrial Average (DJIA), un revers symbolisant la perte d'influence du conglomérat industriel dans les milieux d'affaires américains.


«General Electric faisait partie des premiers membres du DJIA en 1896 et en était un membre continu depuis 1907», a souligné David Blitzer, président du comité qui décide de la composition des indices au sein de la société S&P Dow Jones Indices, dans un communiqué diffusé mardi. 


«Depuis l'économie américaine a changé: les entreprises des secteurs de la consommation, de la finance, de la santé et de la technologie sont désormais plus en vue et l'importance des entreprises du secteur industriel s'est amoindrie», a-t-il justifié. 


L'indice DJIA regroupe trente entreprises censées représenter l'économie des États-Unis. Faire partie de ce club prestigieux est la promesse d'une visibilité accrue sur les marchés.


À ce titre, cette décision marque la fin d'une ère pour GE, qui fut longtemps un des principaux fleurons de l'industrie américaine avec Boeing, General Motors et Caterpillar.


Le chroniqueur Yannick Clérouin avait prévu et même souhaité cette éviction du Dow Jones dès janvier


Son logo, les lettres «G» et «E» élégamment calligraphiées dans un cercle bleu, est encore présent dans nombre de foyers américains, sur les fours ou lave-linge.


Mais le groupe, qui s'était diversifié dans les services financiers, a été durement affecté pendant la crise de 2008.


Son chiffre d'affaires s'est érodé au cours des dernières années et GE a enregistré une perte nette de plus de 6 milliards de dollars en 2017.


Le conglomérat industriel sera remplacé à partir du 26 juin au sein du Dow Jones par la chaîne de magasins distribuant médicaments, produits de santé et divers biens de consommation, Walgreens Boots Alliance.


L'indice sera ainsi «plus représentatif des secteurs de la consommation et de la santé au sein de l'économie américaine», a assuré M. Blitzer.


Lors du dernier remaniement du DJIA en 2015, le géant de l'informatique Apple avait fait son entrée à la place de l'opérateur de téléphonie mobile AT&T.


Plongeon du titre


À son apogée en 2000, l'action GE valait 60 dollars et évoluait encore à plus de 30 dollars mi-2016.


Il a terminé mardi à 12,95 dollars et dans les échanges électroniques suivant la clôture de la séance, il perdait 1,47%.


Cette chute drastique a participé à la décision d'exclure l'entreprise de l'indice Dow Jones, qui calcule le poids relatif des membres en fonction du prix de leur titre.


Ce plongeon en Bourse avait déjà incité à l'été 2017 le conseil d'administration de l'entreprise à se séparer du PDG Jeff Immelt, après seize ans de règne.


Les paris ratés dans l'énergie de M. Immelt, marqués par le rachat en 2014 d'une grande partie du fleuron français Alstom, sont considérés par de nombreux experts comme la principale cause des problèmes actuels de GE. 


Son dispendieux train de vie de PDG illustré par l'utilisation régulière pour ses déplacements de deux avions, dont un vide, a également été très critiqué par le conseil d'administration et par des actionnaires comme le financier américain Nelson Peltz. 


Son successeur John Flannery a depuis engagé une vigoureuse reprise en main et a annoncé fin 2017 un vaste plan de restructuration prévoyant 20 milliards de dollars de cessions d'actifs ainsi que la suppression de milliers d'emplois.


L'entreprise a aussi récemment renoncé à son engagement de créer un millier d'emplois d'ici fin 2018 en France et s'expose par conséquence à de lourdes pénalités.


M. Flannery doit présenter dans les prochains jours un plan stratégique qui pourrait porter sur la scission de l'entreprise en différentes entités indépendantes dans le but d'isoler certaines activités en meilleure forme comme les équipements de santé ou les moteurs d'avion.


Après toutes les cessions effectuées au cours des dernières années, le groupe ne vaut plus que 113 milliards de dollars en Bourse. Soit juste au-dessus de son petit rival Honeywell (110 milliards) qu'il a essayé de racheter à différentes entreprises.


«Nous nous concentrons sur la mise en oeuvre du plan que nous avons préparé pour améliorer la performance de GE», a réagi mardi une porte-parole de l'entreprise.


Selon elle, l'exclusion du Dow Jones «ne change rien à nos engagements».


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