Banque TD chute sous le poids d'accusations de fraude

Publié le 10/03/2017 à 13:02, mis à jour le 22/03/2017 à 00:33

Banque TD chute sous le poids d'accusations de fraude

Publié le 10/03/2017 à 13:02, mis à jour le 22/03/2017 à 00:33

Par François Remy

Le cours de la banque Toronto-Dominion (Tor., TD) a corrigé de 5,55%, accusant sa plus forte baisse en plus de huit ans. Selon des informations de la presse anglophone, des employés ont avoué enfreindre la loi pour atteindre leurs objectifs commerciaux.


En retombant vendredi à 66 dollars, l'action TD a enregistré la pire performance au sein du compartiment bancaire de l'indice canadien, dans une chute comme elle n'en avait plus vécu depuis janvier 2009.


Les investisseurs semblent accorder du crédit aux témoignages d’employés recueillis dans un reportage de CBC ce vendredi. Des révélations aussi lourdes de sens que «j'ai été obligé de mentir aux clients pour atteindre mes objectifs de ventes». La chute boursière semble ainsi exprimer l'inquiétude des actionnaires quant à l’impact d’une éventuelle condamnation.


Le monde bancaire n'est pas sans antécédent. Outre les manipulations de devises en cartel ou les «rogue traders» des divisions d'investissement, des institutions ont encore dû récemment payer le prix de leur culture de vente agressive aux particuliers, en honorant d’importantes amendes. On pense aux comptes fantômes de l'américaine Wells Fargo notamment. Les cabinets d’avocats spécialisés dans les recours collectifs ne perdent d'ailleurs pas de temps ici.


Au moins deux d’entre eux ont déjà lancé des enquêtes afin d’évaluer de possibles réclamations au nom d’actionnaires de la TD. Les cabinets Bronstein, Gewirtz & Grossman, LLC ainsi que Rosen Law Firm ont émis des communiqués afin d’inciter les actionnaires de la banque torontoise à s’informer en vue d’un possible recours collectif pour informations trompeuses.


CBC rapporte que des centaines d’employés de TD, anciens et actuels, se sont plaints de l’environnement de travail, de pratiques commerciales qui n’auraient «aucun fondement éthique». Les techniques commerciales évoluent et prennent toutes sortes de forme. Comme les vendeurs, parfois difficiles à distinguer des conseillers financiers.




«J'ai augmenté les lignes de crédit des clients de quelques milliers de dollars pour (augmenter mes chiffres)», relate  à CBC sous couvert de l'anonymat un témoin. Sans en informer les principaux intéressés, ce qui constituerait une violation de la loi fédérale. Ne se reconnaissant pas dans la description faite par la presse, la banque TD a répliqué que ces accusations étaient en total désaccord avec la façon dont les activités sont gérées. Si ces allégations étaient avérées, elles indiqueraient que les dispositifs de surveillance n'ont pas fonctionné.


Le Bureau du surintendant des institutions financières (BSIF), l’organisme fédéral canadien qui réglemente et surveille plus de 400 institutions financières, s’est dit conscient du problème soulevé mais ne commentera pas son travail d’inspection. La haute direction d’une banque étant tenue responsable du respect de la législation ainsi que de la légalité des opérations au quotidien.


Même son de cloche du côté de l’Agence de la consommation en matière financière du Canada (ACFC). L'autre régulateur admet, sans citer la banque torontoise, l’existence d’irrégularités en termes d’information aux clients, notamment liée aux frais de produits ou services financiers.


Dans un communiqué disponible sur son site , un premier temps seulement disponible en anglais au grand étonnement de clients, TD rappelle les efforts consentis pour créer un environnement positif et axé sur le client. «Nos employés disposent de plusieurs façons de nous faire connaître leur opinion en tout temps, notamment par un sondage annuel. Leur réponse est sans équivoque : ils sont fiers de travailler à la TD, et leur expérience est positive», souligne la dernière mise à jour du document.


L'adage populaire veut qu'un moment de honte est vite passé. Surtout en Bourse. Les valeurs bancaires parviennent souvent à reprendre du poil de la bête au fil du temps. Un analyste de Barclays a justement critiqué l’exagération du mouvement de cession sur le marché d’actions ce vendredi. Ce dernier juge peu probables les répercussions sur l’enseigne torontoise. TD disposant d’ailleurs de peu de marge de manœuvre pour dissiper ces accusations. Sans compter qu’une enquête ne connaîtrait pas d’issue rapide.


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