Ces prévisions devraient changer votre façon de voir le dollar canadien

Publié le 24/11/2017 à 15:39

Ces prévisions devraient changer votre façon de voir le dollar canadien

Publié le 24/11/2017 à 15:39

Par Yannick Clérouin

Vous hésitez d’acheter des devises américaines ou d’investir au sud de la frontière de crainte de subir une forte appréciation du dollar canadien? Les plus récentes prévisions de la Banque Scotia vous feront peut-être changer d’avis.


René Lalonde, directeur de la recherche pour la Banque Scotia et sa collègue Nikita Perevalov prévoient que le huard se négociera à 80 cents US à la fin de 2018 ainsi qu’au terme de 2019, pour se hisser à 82 cents US à la fin de 2020 et de 2021, et enfin revenir à environ 81,5 cents au crépuscule de 2022.


Si l’équipe de la Scotia voit juste, la devise canadienne ne devrait que s’apprécier modestement par rapport à son niveau actuel de 78,70 cents US. Selon ce scénario, un investisseur qui achèterait des actions américaines ou un condo en Floride au taux de change actuel ne perdrait au plus que 5% à cause de la hausse du huard face à sa contrepartie américaine.



« Il faut toujours être prudent à l’égard des prévisions à long terme du genre, surtout lorsqu’il s’agit du marché des devises. Plusieurs facteurs peuvent faire dérailler le scénario de base des économistes »


Dans ce cas-ci, l’évolution des prix de l’énergie, à la hausse comme à la baisse, modifierait passablement le portrait, m’a expliqué René Lalonde au cours d'un entretien téléphonique.


M. Lalonde fonde ses prévisions sur une légère augmentation des prix du pétrole au cours des prochaines années. Le cours du baril de catégorie West Texas Intermediate(WTI), actuellement à 58,95$US, devrait se négocier en moyenne à 52$US en 2018, à 56$US en 2019, à 62$US en 2020, à 66$US en 2021, puis revenir à 65$US en 2022. Une hausse plus marquée changerait évidemment la donne. Au plus, le pétrole devrait donc monter de 12% selon les prévisions de l’institution.


Les variations de l’or noir représentent le facteur le plus important dans l’évolution du taux de change. Une hausse de 10% des cours du pétrole fait monter de 1,3% le huard par rapport au billet vert américain, précise M. Lalonde.


Les taux d’intérêt jouent aussi sur le taux de change, mais dans une moindre mesure. M. Lalonde prévoit que les taux d’intérêt des obligations canadiennes et américaines vont converger graduellement, au fur et à mesure que la Banque du Canada resserre les conditions de crédit. Le taux directeur de la banque centrale devrait ainsi passer de 1% actuellement à 2,25% en 2019, puis à 2,62% en 2020 et atteindre 2,70% en 2021. Il devrait redescendre quelque peu en 2022, à 2,65%.


D’autres facteurs peuvent contribuer à modifier le portrait, comme un échec des négociations du libre-échange entre le Canada et les États-Unis.


Par ailleurs, un événement géopolitique qui soulèverait les prix du pétrole de façon passagère n’est pas à écarter.


Mais, comme le souligne M. Lalonde, les producteurs de pétrole américains adaptent rapidement leur offre en fonction des cours. La multiplication des initiatives annoncées par de nombreux pays et villes pour limiter l’utilisation de carburants fossiles devrait aussi contribuer à limiter la croissance de la consommation de pétrole, notamment à partir de 2020.


Il est important d’insister sur le fait que ces perspectives peuvent être renversées par des développements économiques ou géopolitiques imprévus. L’investisseur à long terme doit néanmoins garder en tête que l’effet des devises sur le rendement se neutralise sur plusieurs années.


 


 


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