Bourse: attachez votre ceinture

Publié le 23/12/2015 à 06:00, mis à jour le 23/12/2015 à 12:15

Bourse: attachez votre ceinture

Publié le 23/12/2015 à 06:00, mis à jour le 23/12/2015 à 12:15

Par Jean Gagnon

Photo: Shutterstock

PRÉVISIONS 2016–Janvier 2015, le choc du pétrole était absorbé. Les économies américaine et mondiale devaient faire assez bien. Le S&P 500 allait finir l’année autour de 2250, disait-on.


Mais ce ne sera pas le cas. À une semaine de la fin de l’année, on peine actuellement à se maintenir au-dessus de 2000. Les espoirs d’un rallye de Noël s’estompent chaque jour qui passe.


Les perspectives émises par les stratèges jusqu’à maintenant pour 2016 ressemblent étrangement à celles qu’ils formulaient au début de l’année 2015.


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La plupart d’entre eux croient que le prix du pétrole va se ressaisir en deuxième moitié d’année. Selon eux, si la Réserve fédérale américaine hausse les taux d’intérêt, c’est qu’elle se sent suffisamment confiante que l’économie des États-Unis est en bonne santé. Enfin, la majorité pense que l’économie mondiale, après être probablement tombée sous les 3% en 2015, va retrouver du tonus avec la nouvelle année.


Et le S&P 500 dans tout ça? Les stratèges qui se prononcent actuellement nous parlent de cibles entre 2150 à 2250, comme il y a un an.


Une correction de 20% à 30%, selon cet observateur


Mais pour Jack Bouroudjian, ex-directeur du Chicago Mercantile Exchange et aujourd’hui chef de la direction de Index Futures Group LLC et chef des investissements de Index Capital Partners, les astres s’alignent plutôt pour nous offrir une solide correction de 20% à 30%.


La dernière étape d’un marché haussier se caractérise généralement par une expansion des ratios cours/bénéfices, une contraction des profits et un changement de direction de la politique monétaire, tous des facteurs que l’on retrouve à ce moment précis, rappelle M. Bouroudjian dans un commentaire fort intéressant sur MarketWatch.


Les bénéfices des sociétés du sud de la frontière ont baissé en 2015 à cause de la vigueur du dollar américain. Ce facteur continuera de peser dans la balance l'an prochain. «En haussant les taux d’intérêt, la Fed établit un plancher pour le billet vert», dit M. Bouroudjian. Les sociétés américaines devront donc composer encore cette année avec un dollar élevé.


Il y a aussi le cycle du changement présidentiel. Les américains éliront un nouveau président en 2016. Le 4 dernières années qui se sont conclues par l’élection d’un nouveau président (2008, 2000, 1992, 1988) ont été des années difficiles pour la Bourse. Ce n’est pas une coïncidence, selon Jack Bouroudjian. «Les marchés financiers n’aiment pas l’incertitude et un changement dans le bureau ovale présente l’ultime incertitude pour le capital.»


Le retrait des fonds souverains


Enfin, on ne peut pas ignorer les effets qu’auront les grands fonds souverains sur les marchés financiers à cause de la chute du pétrole, selon lui. Des sommes gigantesques provenant des revenus du pétrole en Russie, en Arabie Saoudite, en Norvège, dans les Émirats arabes, au Kuwait, et même au Canada, ont soutenu les marchés boursiers au cours des dernières années. Mais ce flux de capitaux va se tarir maintenant que ces pays devront orienter leurs ressources financières pour financer le développement économique local.


Les investisseurs doivent se préparer pour une année négative sur les Bourses, pense également Peter Boockvar, analyste pour The Lindsey Group, une firme de consultant en économie de Washington. «La Fed hausse les taux alors que le contexte de l’économie mondiale est médiocre», déplore-t-il. Le marché boursier américain a été souvent ébranlé depuis 6 mois, et il a chuté de 3% au cours du dernier mois. Il s’agit là d’un avant-goût pour la prochaine année, selon lui.


Tandis que les sociétés voient leur rentabilité fléchir, elles doivent aussi composer avec l’amorce de la normalisation de la politique monétaire, s’inquiète également Hans Olsen, directeur de la stratégie d’investissement chef Stifel, une firme de gestion de portefeuilles du Missouri. «Nous devrons affronter de forts vents de face en début d’année 2016», disait-il hier en entrevue à CNBC.


Si vous comptez être actif en Bourse durant les prochains mois, n’oubliez pas d’attacher vos ceintures.


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