Sleep Country/Dormez-vous trouble le sommeil des investisseurs

Publié le 02/11/2017 à 16:38

Sleep Country/Dormez-vous trouble le sommeil des investisseurs

Publié le 02/11/2017 à 16:38

Par Dominique Beauchamp

Les coûts du lancement en ligne du matelas en boîte Bloom pèseront sur les marges jusqu'à la fin de l'année.

Les investisseurs ont mal réagi aux résultats trimestriels décevants du roi du matelas qui font craindre que le meilleur est peut-être passé.


Des dépenses additionnelles ont pesé sur les marges et le bénéfice de Sleep Country/Dormez-vous?(ZZZ, 33,58$) qui avait habitué ses actionnaires à une performance de haut niveau.


Son action est tombée de 15% jusqu’à 32,74$ en matinée le 2 novembre, mais reste à la hausse de 32% depuis un an.


Sleep Country est en quelque sorte victime de son propre succès. Son évaluation de 24 fois les bénéfices prévus trahit des attentes élevées. Tout manquement est donc rapidement puni.


Au troisième trimestre, son bénéfice ajusté a crû de 6,9% à 0,62$ par action, alors que les analystes avaient prévu 0,66$.


Le bénéfice aurait augmenté de 14% si ce n’avaient été des dépenses additionnelles de mise en marché des nouveaux matelas en boîte Bloom et du nouveau site de vente en ligne, ainsi que la relocalisation d’un centre de distribution, indique Patricia Baker, de Banque Scotia.


«Les dépenses générales et administratives ajustées ont grimpé de 4,2M$, ce qui a affaibli les marges d’exploitation à court terme», précise-t-elle.


Mme Baker cite les marges brutes record de 33%, le bond de 11,5% des ventes de matelas et les 17 trimestres consécutifs de ventes comparables à la hausse pour dire que le marchand se porte très bien.


L’analyste s’attend à ce que Sleep Country retrouve un bon levier de rentabilité après ces dépenses non récurrentes.


Par contre, Meaghen Annett, de TD Valeurs mobilières, se dit déçue par le fait que le nouvel effort de marketing n’aient justement pas gonflé davantage les ventes.


Une cadence difficile à soutenir


La progression de 7,2% des ventes des magasins comparables est fort enviable dans la conjoncture actuelle du commerce de détail, mais les ventes d’accessoires ont crû de seulement 5,2%.


C’est loin de la cadence de 19 à 33% observée entre le troisième trimestre de 2015 et le quatrième trimestre de 2016.


Cela démontre qu’il est difficile de soutenir une croissance aussi élevée, une fois l’effet de nouveauté passé.


Il faut dire que les ventes d’accessoires se comparaient à un trimestre fort, un an plus tôt. Les ventes comparables d’accessoires, dont les populaires oreillers, avaient en effet bondi de 21,4% au troisième trimestre de 2016 et de 33% au troisième trimestre de 2015.


Retour en force l'an prochain?


Deux des analystes consultés abaissent leur cours cible d’une fourchette de 44 à 45$ à une autre de 41 à 42$.


Mme Annett préfère jouer de prudence et ne recommande plus l’achat du titre. Toutefois, le détaillant mérite encore son évaluation généreuse étant donné sa croissance interne, son premier rang canadien et la possibilité de dividendes accrus et de rachats d’actions, dit-elle.


Mark Petrie, de CIBC Marchés des capitaux, abaisse le multiple d’évaluation qu’il accorde au titre de 24 à 22 fois ses bénéfices, mais il reste convaincu que les investissements de Sleep Country renforceront le détaillant et rapporteront à partir de l’an prochain.


«Le détaillant obtient de bons rendements sur ses investissements qui sont nécessaires pour attirer les milléniaux et les clients de Sears», dit-il.


Dans l’intervalle, le taux de croissance des bénéfices ralentit temporairement, mais les investissements sont prudents et nourriront une croissance de plus de 10% à moyen et long terme, ajoute l’analyste de CIBC.


En 2018, M. Petrie mise sur un rebond de 23% du bénéfice d’exploitation et de 26% du bénéfice net.


Le commerçant devrait aussi profiter de la faillite des magasins Sears.


Bientôt sans dette au bilan, la société a d’excellentes chances d’activer ses rachats d’actions pour donner de la valeur aux actionnaires, ajoute l'analyste.


Mme Baker ne touche pas à son cours cible de 44$ ni à sa recommandation d’achat pour l’instant.


 


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