Quand le doute gagne les investisseurs

Publié le 21/04/2017 à 13:44

Quand le doute gagne les investisseurs

Publié le 21/04/2017 à 13:44

Par Jean Gagnon

L’indice S&P 500 a touché son sommet il y a près de deux mois, soit le 1er mars. Bien que depuis ce moment le recul a été plutôt mitigé, n’excédant pas 3%, le graphique des variations quotidiennes laisse croire qu’une tendance à la baisse est peut-être en train de se former.


En effet, chaque fois que l’indice tente une remontée après quelques sessions de baisse, il ne réussit pas à regagner le sommet précédent. Cela indiquerait-il qu’un doute s’installe dans l’esprit des investisseurs.


La hausse du marché boursier depuis l’élection américaine en novembre fait en sorte que l’on s’est retrouvé avec des évaluations très élevées et une volatilité très basse, explique Mark Lin, associé principal et directeur des investissements chez Applied Research, une firme de gestion de portefeuilles qu’il vient tout juste de lancer à Montréal avec quelques associés. Mark Lin dirigeait auparavant la Gestion de portefeuilles internationaux et globaux au sein de CIBC Asset Management.


L’idée que l’élection de Donald Trump allait entraîner une hausse de l’inflation et favoriser la croissance économique a justifié pendant près de 5 mois une hausse des marchés boursiers. «Mais il semble que le phénomène est maintenant en train de s’inverser», dit Mark Lin.


On attend toujours, pour reprendre les mots utilisés par le président, une annonce «phénoménale» concernant une baisse des impôts. Mais plus le temps passe, plus le doute s’installe.


Selon Shyam Rajan, un des stratèges de Bank of America Merrill Lynch, le marché des taux d’intérêt indique de plus en plus la possibilité que que la réforme fiscale promise par le président ne s’effectue jamais.


Le taux des obligations de 10 ans du gouvernement américain, le titre de référence, est passé de 2,60% à 2,20% au cours des dernières semaines. Et cela s’est produit malgré la hausse du taux directeur annoncée par la Réserve fédérale (Fed) en mars.


Scott Minerd, chef des investissements chez Guggenheim Partners, en rajoute. Selon lui, le rendement des obligations de 10 ans pourrait tomber aussi bas que 1,50% cet été alors que Donald Trump aura des difficultés à mettre en place des mesures pour stimuler l’économie au moment où les inquiétudes géopolitiques ne cesseront de s’accroître.


Plusieurs avaient des doutes quant aux promesses faites durant la campagne électorale, et la réalité semble maintenant leur donner raison. «Trump semble maintenant mieux comprendre beaucoup de choses et commence à modérer ses positions sur plusieurs questions, dont les relations commerciales avec la Chine, le Canada, et le Mexique», dit François Dupuis, économiste en chef chez Desjardins. L’incapacité d’agir sur le programme des soins de santé présage peut-être de la difficulté d’instaurer une réforme fiscale majeure.


Par ailleurs, il ne faudrait pas oublier le phénomène des vases communicants, rappelle Guy Liébart, Président, Gestion Sodagep. La chute des taux obligataires signalent certainement la détérioration de certaines statistiques économiques, tel l’inflation qui peine à retrouver le niveau désiré par la Réserve fédérale, et les ventes au détail. «Mais plus le marché obligataire devient cher à la suite de la baisse des taux, plus cela rend le marché boursier intéressant», dit-il.


De plus, les analystes prévoient cette année des bénéfices par action de 135$ pour les sociétés composant le S&P 500. En y appliquant le ratio cours/bénéfices actuel de 19 fois, l’indice boursier pourrait théoriquement atteindre 2 565 d’ici la fin de l’année, soit une hausse de 9,5% à partir du niveau actuel.


 


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