Un nouveau fonds de 100 M$ pour investir dans les gestionnaires d’actifs voit le jour

Publié le 11/06/2018 à 08:00

Un nouveau fonds de 100 M$ pour investir dans les gestionnaires d’actifs voit le jour

Publié le 11/06/2018 à 08:00

Par Dominique Beauchamp

À gauche, René Fournier, président et chef des investissements de Société financière Walter et à droite Sylvain Brosseau, PDG de Gestion d’actifs Walter. (Photo: Romeo Mocafico)

Un nouveau fonds privé d’au moins 100 millions de dollars voit le jour pour investir dans le capital-actions des gestionnaires d’actifs.


Sylvain Brosseau, l’ex-bras droit du fondateur de Fiera Capital, s’associe à la famille Somers pour former un fonds permanent qui vise à soutenir les gestionnaires de portefeuilles d’ici et d’ailleurs.


«À ma connaissance, nous serons le seul fonds privé au Canada, et peut-être en Amérique du Nord, à cibler exclusivement la gestion d’actifs», a déclaré en entrevue M. Brosseau, qui deviendra un important actionnaire minoritaire et PDG du nouveau fonds Gestion d’actifs Walter.


Le fonds sera prêt à déployer son capital dès l’automne.


Qui est la famille Somers?


Issu d'une longue lignée d'industriels, Walter Somers a fondé en 1952 le spécialiste mondial du traitement de métal Walter Technologies pour surfaces, de Pointe-Claire, aujourd’hui dirigée par son fils Pierre Somers.


Au fil des années, la famille a choisi d’investir sa fortune en Bourse et dans les placements privés.


Un premier fonds, crée en 2015, Partenaires Walter Capital, accompagne déjà six PME dont la chaîne de lunetterie Bon Look et l’épicier de Vancouver Spud.ca.


Cette fois, la famille injecte 40 millions de dollars en capital de démarrage dans le fonds privé Gestion d’actifs Walter pour en devenir l’actionnaire majoritaire.


M. Brosseau investira «de gros montants», encore non dévoilés, en vertu de son entente avec la famille.


Le fonds privé structuré en société en commandite compte aussi récolter au moins 60M$ de plus de la part d’autres familles fortunées et d’investisseurs institutionnels, la première année.


Avec une telle cagnotte, Gestion d’actifs Walter pourrait sur papier accumuler un actif en gestion d’au moins 20 milliards de dollars, a estimé M. Brosseau qui investira personnellement à chaque transaction comme le prévoit la formule de société en commandite que le fonds adopte.



« La contribution du Groupe Walter ne se limitera pas aux 40M$ puisque la famille entend aussi devenir cliente des gestionnaires du fonds. Ça donnera de la valeur additionnelle aux gestionnaires. »


Gestion d’actifs Walter se distinguera des autres fonds privés par le fait qu’il ne s’impose pas de date butoir de 5 à 7 ans pour revendre ses placements.


Le fonds vise tout de même un rendement interne sur le capital investi de l’ordre de 15 à 20%, a précisé René Fournier, président et chef des investissements de Société financière Walter, le bras financier de la famille Somers.


C’est toutefois la première fois que la famille invite des investisseurs externes à investir à ses côtés, a confié M. Fournier, qui veille aux placements de la famille Somers depuis cinq ans.


L’après-Fiera


Après une pause professionnelle de six mois pour ses 55 ans, l’ex-bras droit de Jean-Guy Desjardins à la tête de Fiera Capital, M. Brosseau a voulu donner une nouvelle tournure à sa carrière.


La proposition de la famille Somers est celle qui concordait le plus avec ses valeurs et ce qu’il avait envie d’entreprendre à ce stade de sa vie professionnelle.


«Ils m’ont d’abord approché pour joindre trois de leurs conseils d’administration. Depuis octobre, j’ai appris à connaître toute l’équipe et, après les Fêtes, les discussions ont évolué. Le projet s’est concrétisé il y a un mois et demi», a raconté M. Brosseau.


L’ex-chef de l’exploitation de Fiera Capital restera au conseil d’administration de Fiera, car il n’y a aucun conflit d’intérêt entre les visées des deux firmes.


Combler un besoin dans une industrie en consolidation


Le besoin d’accompagnement est grand puisque nombre de gestionnaires de portefeuilles ont le talent pour investir, mais moins pour gérer ou pour prendre de l’expansion, dans l’ombre des grandes banques.


«Je l’ai observé de première main pendant toute ma carrière. Parfois, les firmes de gestion frappent un mur parce que leur capacité de distribution, de vente ou de gestion administrative ne suffit plus. Ces tâches finissent par peser et peuvent nuire à la performance de gestion», dit-il.


Le nouveau fonds, qui s’inspirera un peu de l’approche du géant américain Affiliated Managers(AMG, 163,32$US), ne s’impose pas trop de balises.


Tant les gestionnaires de fortunes privées que de portefeuilles institutionnels l’intéressent, mais pas les produits pour particuliers que les banques dominent.


Les candidats à la recherche de capital patient peuvent vouloir partager le risque financier d’un projet d’expansion ou tout simplement avoir besoin d’un partenaire dans un contexte de succession.


L’actionnariat tant majoritaire que minoritaire est envisageable.


«Nous sommes gâtés, nous avons beaucoup de talent au Québec dans le domaine financier», évoque M. Brosseau en donnant en exemple le Conseil des gestionnaires en émergence, qui compte 50 membres au Québec et 51 autres en Ontario.


Les solutions de gestion de patrimoine prisées


M. Brosseau n’exclut pas d’investir dans un gestionnaire en démarrage ou même dans un fournisseur de technologie financière.


«Les TI sont un autre aspect de leur travail que les gestionnaires aiment peu», dit le financier.


Walter aimerait notamment offrir des solutions «cohérentes» de placement alternatif conçues pour les familles fortunées, qu’on retrouve dans les bureaux de gestion de patrimoine aux États-Unis, note M. Brosseau.


«L’actif des Family Offices est le créneau de la gestion d’actifs qui connaît la plus forte croissance et il est encore mal servi au Canada», a renchéri celui qui veille aux placements de la famille Somers depuis cinq ans.


La carré de sable québécois offre assez d’occasions pour les premiers placements, mais «avec l’expérience de M. Brosseau, on ira rapidement hors du Québec», envisage M. Fournier.


M. Brosseau a notamment passé beaucoup de temps dans le Sud-ouest et le Nord-est américain pour Fiera.


La famille Somers met l’accent sur le capital patient et entend bien laisser le temps voulu à M. Brosseau pour bâtir son écosystème.


«En tant qu’entrepreneurs nous-mêmes, nous comprenons l’importance de la pérennité pour les clients des gestionnaires», a souligné M. Fournier.


La famille souhaite surtout que les entreprises qu’elle accompagne disposent de bons bilans pour qu’elles saisissent elles-mêmes les occasions qui se présentent.


 


 


 


 


 


 


 

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