Nationale: pourquoi des résultats solides laissent-ils le marché de glace?

Publié le 01/12/2017 à 17:04, mis à jour le 03/12/2017 à 10:15

Nationale: pourquoi des résultats solides laissent-ils le marché de glace?

Publié le 01/12/2017 à 17:04, mis à jour le 03/12/2017 à 10:15

Par Dominique Beauchamp

L’action de la Banque Nationale a peu réagi au dévoilement d’une hausse de 13% du bénéfice net à 1,40$ par action et d’une hausse de 3% du dividende.


Le titre de la Banque Nationale(NA, 63,71$) a glissé jusqu’à 63,18$ vers 11h15, avant de regagner un peu de terrain, le 1er décembre.


D’un, l’action avait grimpé avant la saison des résultats trimestriels et certains analystes avaient espéré que la banque majorerait son dividende de 5%.


De deux, ses provisions pour pertes sur prêts ont été de 11 millions de dollars supérieures aux attentes, même si la Nationale a réduit son portefeuille de prêts au secteur de l’énergie de 9%.


Sa filiale américaine de financement spécialisé Credigy a accru ses bénéfices de 39%, mais ses provisions pour prêts ont quadruplé à 18M$ par rapport au troisième trimestre, en raison de la détérioration des créances non garanties de la plateforme en ligne Lending Tree, indique Gabriel Dechaine, de la Financière Banque Nationale.


En revanche, l’institution a nettement bénéficié de sa cure minceur.


Dans sa principale division de prêts personnels et aux entreprises, le bénéfice a bondi de 25% parce que les dépenses ont baissé de 3% par rapport à un bond de 6% des revenus.


L’indifférence des investisseurs tient aux motifs habituels. Ceux-ci n’accordent pas autant de valeur aux profits irréguliers des activités de négociation de la division des marchés des capitaux ni à la croissance encore émergente de sa filiale Credigy aux États-Unis et celle de la banque cambodgienne Advanced Bank of Asie.


La banque perd-elle du terrain au Québec?


John Aiken, de Barclays, avance une autre raison potentielle au surplace de l’action.



« La croissance annuelle de seulement 4% des prêts personnels et commerciaux suggère que la banque aurait cédé des parts de marché, pour la première fois depuis longtemps. »


Bien qu’il compte surveiller cette tendance de plus près, l’analyste ne s’en tracasse pas trop.


La croissance que procure Credigy (bond de 40% de l'actif et de 39% des revenus au quatrièeme trimestre), l’amélioration des marges d’intérêt et le potentiel de dividendes accrus et de rachats d’actions, soutiennent son intérêt pour le titre. Toutefois, son cours cible de 59$ est de 7% inférieur au cours actuel.


«La forte présence de la banque au Québec, où l’économie s’annonce la meilleure au pays en 2018, devrait soutenir la progression de ses prêts et par ricochet les revenus de la gestion du patrimoine et des marchés des capitaux», dit-il.


Autre petite déception: les nouvelles normes comptable IFRS qui entrent en vigueur dès le premier trimestre de 2018 augmenteront légèrement (d’une fourchette de 0,15-0,25% à une autre de 0,20-0,30%) les réserves que la banque doit constituer pour les mauvaises créances. Ce changement réduira son capital propre de 165M$ et ramènera aussi son ratio du capital réglementaire plus près de 11%.


Un analyste passe au neutre après l'appréciation du titre


En cours de séance, Steve Theriault, de VIII Capital, est aussi passé au neutre sur le titre dont il recommandait l’achat, tout simplement parce que son action s’est appréciée plus vite que celles des autres banques, depuis le début de l’année.


L’écart d’évaluation qui sépare son titre de ceux ses semblables s’est aussi rétréci de 12% à 7%.


«Son cours reflète déjà en bonne partie l’impact potentiel sur ses bénéfices de son plan de rationalisation. La croissance de Credigy devrait aussi perdre de son élan l’an prochain (après un bond de 56% de son  bénéfice trimestriel) en raison d’une hausse prévue des pertes sur prêts au premier semestre, un phénomène naturel lorsqu’un portefeuille de prêts murit», explique l’analyste.


Le levier de rentabilité, qui compare la progression des dépenses à celle des revenus, devrait aussi se modérer l’an prochain après avoir bondi de 4%, au quatrième trimestre.


Même la banque reconnaît que 2017 a été exceptionel à cet égard. Le levier de rentabilité devrait diminuer de moitié à 2% l'an prochain.


L'institution maintient aussi son objectif d'atteindre un ratio d'efficacité de 52%..


M. Thériault augmente tout de même son cours cible de 66 à 67$ en se projetant un trimestre de plus en avant pour établir les prévisions de bénéfices dans 12 mois.


Cet objectif offre un potentiel de gain d’encore 9%, un niveau qui correspond sans plus à la moyenne pour toutes les banques.


M. Theriault préfère à court terme la valeur qu'offre la Banque Scotia(BNS, 81,84$) et la Banque CIBC(CM, 121,20$). Comme c'est souvent le cas dans ce petit secteur, les choix du moment des analystes varient d'un trimestre à l'autre.


Pour sa part, M. Dechaine reconnaît que ce sera un défi pour Credigy l'an prochain de soutenir sa contribution au bénéfice consolidé de la banque, qui a atteint 12%, en 2017, après s'être désaffilié du controversé Lending Club.


 


 


 


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