«Les avions sans pilotes, ce n'est pas pour demain»

Publié le 27/11/2017 à 16:44

«Les avions sans pilotes, ce n'est pas pour demain»

Publié le 27/11/2017 à 16:44

Par Dominique Beauchamp

CAE utilise déjà l'apprentissage machine pour personnaliser le perfectionnement de pilotes, a dit Marc Parent, le PDG de CAE, aux convives du Cercle canadien de Montréal. (Photo: courtoisie)

Les avions sans pilotes font peut-être rêver les technologues, mais ce ne sera pas une menace pour le leader mondial des simulateurs de vol et de la formation de pilotes CAE avant bien longtemps.


«C’est certain que ça viendra un jour, mais ayant moi-même piloté des avions, je sais que ça va prendre beaucoup plus de temps qu’on l’imagine, des décennies peut-être», a déclaré le PDG de CAE(CAE, 22,79$) en marge d’une allocution prononcée devant le Cercle canadien de Montréal, où il a étalé la culture d’innovation de la société qui fête ses 70 ans.


La technologie n’est pas du tout au point, et c'est sans compter tous les enjeux de l’intégrité des communications air-sol, de la réglementation et de la confiance des voyageurs.


«Il faut aussi bien cerner quels seraient les réels avantages économiques du pilotage sans pilote», a-t-il laissé tomber, avant de quitter.


CAE forme déjà des pilotes de drones, notamment pour l’armée, et la réalité est qu’il faut beaucoup plus de pilotes au sol qu’en aurait exigé le pilotage d’un engin, a renchéri Hélène Gagnon, vice-présidente, affaires publiques et communications mondiales.


Les premières applications apparaîtront sans doute dans le transport de cargo, a-t-elle ajouté.


M. Parent a aussi profité de la tribune offerte pour annoncer que CAE a été choisie le 24 novembre par les 265 entreprises et partenaires de la supergrappe des systèmes et des technologies de mobilité, MOST 21, pour être le porte-étendard des propositions soumises au gouvernement fédéral.


CAE 4.0


Le PDG estime que son entreprise est bien placée pour mener cet effort de recherche appliqué étant donné sa capacité à transposer des innovations dans de nouveaux domaines, comme elle l’a fait en intégrant la technologie haloLens de Microsoft à ses simulateurs d’échographie VimedixAR en temps réel des mannequins-patients qui servent à la formation du personnel médical.


CAE utilise déjà l’analyse de mégadonnées en temps réel «in the cloud» et l’apprentissage machine pour adapter la formation de pilotes à la réalité de chaque compagnie aérienne.


Ses ingénieurs mettent aussi au point un assistant intelligent qui fournira aux instructeurs des données sur le rendement d’un pilote pour personnaliser son perfectionnement, a donné en exemple M. Parent, pendant son allocution.


Des vents de dos bienvenu


La conjoncture actuelle sourit à CAE qui bénéficie déjà de la multiplication des compagnies aériennes et de la pénurie structurelle de pilotes. L’adoption d’appareils de nouvelle génération et la hausse du trafic aérien lui sont en effet très favorables.


En même temps, les nouvelles tensions géopolitiques stimulent les dépenses militaires un peu partout dans le monde. Ce segment lui procure 38% de ses revenus.


Au Canada, le budget de la défense augmente pour la première fois en dix ans, a précisé M. Parent.


L’entreprise a d’ailleurs terminé le plus récent deuxième trimestre avec un carnet de commandes militaires de 3,1 milliards de dollars. Les nouvelles commandes représentent 1,92 fois les revenus déjà facturées, un ratio robuste.


Les analystes se prononcent


En Bourse, l’action de CAE a plus que doublé depuis 2012, de concert avec l’amélioration graduelle de ses marges et du rendement sur le capital investi à la suite de son virage vers les services.


Les simulateurs de vol civils, qui ont fait sa réputation, ne représentent plus que 20% de ses revenus.


Un deuxième trimestre qui n’était pas à la hauteur de certaines attentes, à cause de l’effet saisonnier, du taux de change et de délais militaires, a légèrement fait reculé son action par rapport au sommet annuel de 23,39$ du 30 octobre.


Quatre analystes ont alors conseillé à leurs clients de profiter du repli pour acheter des actions en vue d’une croissance annuelle composée prévue de 8 à 10% de son bénéfice d’ici 2020.


Surtout, la société dégage de bons flux de trésorerie qu’elle peut partager avec ses actionnaires, sous formes de dividendes accrus et de rachats d’actions, après une période intense d’investissements de 290M$ entre 2013 et 2015.


La société continue aussi à réduire sa dette. Au rythme actuel, CAE aura abaissé son endettement à seulement 0,7 fois son bénéfice d’exploitation en 2020, prédit Steve Arthur, de RBC Marchés des capitaux.


Son évaluation en Bourse, supérieure à sa moyenne historique, fait sourciller deux des six analystes consultés qui recommandent de conserver le titre.


En revanche, Turan Quettawala, de Banque Scotia, juge que son multiple de 10 fois le bénéfice d’exploitation attendu en 2018, est tout à fait raisonnable.


L’analyste le plus optimiste, Benoit Poirier, de Desjardins Marché des capitaux, croit que CAE devrait combler l’écart d'évaluation qui la sépare de ses semblables en Bourse étant donné ses marges, son bilan sans égal et de sa position de chef de file.


Cet analyste a même a accru son cours cible de 25 à 27$, le 13 novembre, en raison des vigoureux carnet de commandes et pipeline de contrats potentiels.


De plus, le récent rachat de la part de sa co-entreprise avec AirAsia et l’établissement d’une nouvelle co-entreprise avec Singapour Airlines sont porteurs d’autres occasions de croissance en Asie où la demande de pilotes est la plus forte.


«Nous sommes satisfaits de cette nouvelle forme de déploiement de capitaux qui élargit sa présence en Asie, rapproche CAE de clients-clés et l’aidera à atteindre le rendement du capital investi de 13% visé», explique M. Poirier.


 


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