La patience de la Fed: un cadeau empoisonné?

Publié le 25/09/2015 à 05:58

La patience de la Fed: un cadeau empoisonné?

Publié le 25/09/2015 à 05:58

Photo Bloomberg.

À vouloir trop protéger la bourse, la Réserve fédérale américaine (Fed) ne risque-t-elle plutôt de créer encore plus de volatilité sur les marchés financiers ?


Fin juin, la majorité des observateurs prédisait que la Fed allait procéder à une première hausse de taux d’intérêt en septembre. Mais en août, l’indice S&P 500 perdit plus de 10 % en quatre jours seulement, et c’en été fait de la hausse des taux. Depuis, tous se demandent si la seule préoccupation de la Fed maintenant est de protéger la bourse. Et si oui, plusieurs craignent que cette approche soit très dangereuse.


« La volatilité boursière du mois d’août a certainement été un facteur important dans la décision de la Fed, et plusieurs croient qu’il s’agit là d’un jeu dangereux », dit Mathieu D’Anjou, économiste principal chez Desjardins. Surtout que le résultat est plutôt mitigé pour l’instant. L’indice S&P 500 qui s’approchait des 2000 points au moment de la décision de la Fed la semaine dernière ne cote plus que 1910 cinq jours plus tard.


Déjà depuis plusieurs trimestres les participants aux marchés se demandent comment réagiront ceux-ci lorsque la Fed retirera son support en haussant les taux. « Tous s’inquiètent de la première hausse », dit l’économiste. En s’abstenant de passer à l’action, la Fed remet à nouveau l’emphase sur ce premier geste, ce qui explique peut-être la volatilité des derniers jours.


Par ailleurs, selon une étude du service de recherche de la Deutsche Bank, il existe une forte probabilité que la Fed demeure à nouveau sur la touche en octobre et en décembre lors de ses deux dernières réunions de l’année. En effet, l’étude révèle que depuis plus de 20 ans la Fed n’a jamais augmenté les taux d’intérêt alors que la bourse était en baisse durant les 12 mois précédents.


À la mi-décembre 2014, l’indice S&P 500 cotait 1989. Il ne faut donc pas s’attendre à une hausse de taux d’ici la fin de l’année si le S&P 500 demeure en bas de ce niveau.


Les participants aux marchés semblent adopter cette thèse. Le marché des contrats à terme sur les fonds fédéraux indique une probabilité de seulement 16 % que la Fed hausse les taux en octobre et de 39 % qu’elle le fasse en décembre, estime Ismaël Chiadmi, directeur de l’analyse quantitative chez Montrusco Bolton. « Il faut aller aussi loin qu’en mars 2016 pour que la probabilité soit supérieure à 50 % », dit-il.


Mais pour lui, ceci ne constitue pas un réel danger, bien au contraire. Pourquoi la Fed s’empresserait-elle de hausser les taux, demande-t-il. Chiadmi. « Nous vivons dans un environnement économique relatif. Si partout dans le monde on continue de baisser les taux, cela équivaut à une hausse de taux pour les États-Unis », explique-t-il.


De plus, la Fed a mis toutes ses énergies à remettre les marchés sur pied depuis la crise de 2008-09. « Elle a raison de ne pas risquer de détruire tout ce qu’elle a fait. Monter les taux trop vite s’avérerait probablement une erreur plus coûteuse que d’attendre trop longtemps », dit-il.


 


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