Jean Coutu: «Vendre à Metro, c’est comme laisser partir son enfant»

Publié le 29/11/2017 à 12:50

Jean Coutu: «Vendre à Metro, c’est comme laisser partir son enfant»

Publié le 29/11/2017 à 12:50

Par Stéphane Rolland

Jean Coutu. Photo: Les Affaires

Jean Coutu semblait émotif, mais serein au moment où les actionnaires lui ont donné la permission de vendre à Metro (MRU) l’entreprise qu’il a fondée en 1969. La transaction de 4,5 G$ n’était pas nécessaire à la survie de la chaîne de pharmacies, mais elle permettra au Groupe Jean Coutu (PJC.A) d’aller plus loin en unissant ses forces avec l’épicier québécois, selon lui.


«L’avenir n’était pas sombre, on aurait pu continuer, a-t-il répondu à un actionnaire au cours de l’assemblée portant sur l’offre d’achat faite par Metro. En affaires, c’est difficile de réussir seul, ça peut ralentir notre progression.» 


Les actionnaires se sont rangés à cet argument. Ils ont été 99,69% à voter en faveur de la transaction. La prochaine étape avant la fusion sera l’approbation du Bureau de la concurrence. Si le régulateur donne son feu vert, les actionnaires du Groupe Jean Coutu recevront 24,50$ par action. De ce montant, 25% seront versés sous forme d’actions de Metro.


Le Groupe Jean Coutu n’échappe pas à la vague de consolidation qui touche l’industrie du détail, a expliqué le pharmacien. En point de presse, l’homme d’affaires a nié que la vente soit une conséquence de son incursion malheureuse aux États-Unis. La question n’a pas été reposée, mais M. Coutu avait fortement nié que la transaction était le résultat des interventions du gouvernement Couillard, un revirement par rapport aux commentaires qu’il faisait avant la transaction. Lire aussi : Jean Coutu enterre la hache de guerre avec Barrette


Même si l’assemblée était un moment émotif pour lui, M. Coutu a dit n'avoir aucun regret. Il a comparé la transaction au départ d’un enfant du foyer familial. «Quand on a un enfant qui s’en va, ça fait de la peine, raconte-t-il. Mais d’un autre côté, on s’en réjouit parce qu’on constate qu’il va avoir une grande réussite et qu’on lui a donné les outils pour réussir par lui-même. »


La prochaine étape pour le richissime homme d’affaires de 90 ans sera de s’impliquer au sein de sa fondation, qui détient un actif de 500 M$, afin «d’aider les gens qui ont eu moins de chance». Sur le ton de l’humour, M. Coutu a reconnu que le temps est compté pour le nouveau chapitre de sa vie active. «C’est sûr que j’en ai un peu moins devant qu’il y a cinquante ans », a-t-il dit le sourire aux lèvres, ce qui a soulevé les rires dans la salle.


L’avenir de Jean Coutu chez Metro


La famille Coutu a réitéré qu’elle conservera les actions de Metro qu’elle obtiendra de la transaction. Les activités pharmaceutiques de Metro seront gérées par le Groupe Jean Coutu, qui sera une division de l’épicier. La division sera dirigée par François-Jean Coutu, le PDG et fils du fondateur. La famille sera représentée par deux administrateurs au conseil.


François-Jean Coutu dit ne pas savoir combien de temps il restera à la barre de la division. «L’important pour moi, c’est de m’assurer que cette fusion se fasse le mieux possible, répond-il. Ça prendra le temps que ça prendra. »


Son père a assuré que l’entreprise, qui portera toujours son nom, perdurera, même en tant que partie d’un groupe plus grand. «Ça va continuer d’une façon encore plus importante, anticipe-t-il. Si les numéros un de l’épicerie et de la pharmacie s’unissent, ça ne peut pas donner quelque chose de mauvais. »


La transaction donnera des occasions au Groupe Jean Coutu de prendre de l’expansion à l’extérieur du Québec, ajoute François-Jean Coutu. Le plan de match n’est pas encore déterminé, toutefois. Le PDG n’est pas en mesure de dire si le modèle de l’avenir se fera à l’intérieur d’une épicerie ou dans un bâtiment indépendant. «On doit encore en discuter avec Metro», répond-il.


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