Dollarama: pourquoi l'action réagit peu aux résultats éclatants

Publié le 29/03/2018 à 13:22

Dollarama: pourquoi l'action réagit peu aux résultats éclatants

Publié le 29/03/2018 à 13:22

Par Dominique Beauchamp

Le fondateur Larry Rossy, 75 ans et son fils Neil, 48 ans, chef de la direction depuis un an, avant l'assemblée annuelle 2017 de Dollarama. (©Adil Boukind)

Le détaillant préféré des financiers goûte un peu à l’envers de son immense succès. Malgré des résultats éclatants, l’action de Dollarama (DOL, 157$) fait un peu la moue.


L’annonce de la retraite du fondateur chevronné Larry Rossy a peut-être aussi contribué à tempérer l’enthousiasme initial.


«Les résultats sont solides, mais la société n'a pas relevé ses perspectives pour 2019, à part un investissement additionnel pour ajouter 50% à son centre de distribution de Ville Mont-Royal», indique Keith Howlett de Desjardins Marché des capitaux.


À mi-séance, la performance de tête du détaillant au moment où l’économie canadienne vacille a un peu réchauffé le mercure. Le titre gagne 1,1%.


Un levier de rentabilité encore mis à profit


Dollarama a fait bondir ses revenus de 9,8% à 938 millions de dollars, son bénéfice d’exploitation de 12,2% à 253,8M$.


La hausse de 5,5% des ventes des magasins comparables a aussi surpassé les prévisions de 3,6 à 4,5% des analystes.


Les marges brutes et d’exploitation ont aussi atteint des records, respectivement de 41,4% et de 27,1%.


Le bénéfice de 1,45$ par action est de 3,6% mieux que prévu et 16% de plus qu’un an plus tôt. Le rachat de 4,3% du nombre d'actions en circulation a contribué à la progression du bénéfice par action.


Même la hausse de 9% du dividende était attendu.


Le titre du détaillant d’articles à petit prix n’avait pas grimpé en prévision des résultats non plus.


Au contraire, son action avait perdu 12% jusqu’à 151,99$ après le sommet de 170$ atteint à la fin de janvier.


Il faut dire qu’après un bond de 55,6% depuis un an, son action se négocie à un généreux multiple de 30,7 fois le bénéfice prévu dans 12 mois.


Au cours actuel, Dollarama dépasse aussi le cours cible de certains analystes ou se rapproche de celui d’autres financiers.


Quatre analystes se prononcent


Dans une note préliminaire, Kenric Tyghe, de Raymond James, salue la hausse inattendue de 0,58% de la marge d’exploitation.


Derek Dley, de Canaccord Genuity, se montre impressionné par la hausse de 5,5% des ventes de magasins comparables qui s’ajoute à une augmentation du même ordre, un an plus tôt.


La transaction moyenne a bondi de 4,6% grâce au nombre accru d’articles à plus de 3$ et à l’usage des cartes de crédit.


La hausse de 0,8% du nombre de transactions tranche aussi avec le déclin ou la stabilité affichés au cours des derniers trimestres.


Démontrant encore une fois sa volonté et sa capacité à améliorer son efficience, les dépenses générales et administratives ont encore une fois baissé de 0,50% à 14,4%, souligne M. Dley.


«Essentiellement, les revenus augmentent plus vite que les dépenses accentuant le levier de rentabilité», explique Peter Sklar, de BMO Marchés des capitaux.


Cet analyste voit aussi d’un bon œil que Dollarama élargisse son centre de distribution actuel pour accommoder son objectif de 1700 magasins d’ici 2027, au lieu de construire un nouveau centre flambant neuf plus coûteux.


Les dépenses en immobilisations passeront donc de 100 à 110M$ jusqu'à 150 à 160M$ et la capacité additionnelle sera fonctionnelle à la fin de 2020.


Pour sa part, Neil Linsdell, d'Industrielle-Alliance Valeurs mobilières, se projette en 2020 pour porter son cours cible de 148 à 163$. Au cours actuel, il recommande toutefois de conserver le titre.


 


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