Des recrues qui doivent faire leurs preuves

Offert par Les Affaires


Édition du 05 Décembre 2015

Des recrues qui doivent faire leurs preuves

Offert par Les Affaires


Édition du 05 Décembre 2015

Par Dominique Beauchamp

[Photo : Shutterstock]

Une demi-douzaine d'entreprises sont entrées en Bourse ou y sont revenues en 2015, récoltant 1,3 milliard de dollars des investisseurs. Après un départ canon pour plusieurs d'entre elles, la lune de miel est terminée. Les recrues ont désormais de nouveaux actionnaires à satisfaire trimestre après trimestre. Ce n'est pas une mince tâche lorsque les attentes sont élevées ou que la conjoncture se corse. Nous faisons le point sur David's Tea, Stingray, Entreprises Cara, Sleep Country et GDI.


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David's Tea doit aussi conquérir les investisseurs


David's Tea


Nasdaq, DTEA : 11,75 $ US


En chiffres


Chute depuis l'entrée en Bourse, le 5 juin : - 38,1 %


Sommet annuel : 29,97 $ US, le 9 juin


Valeur boursière : 281 M$ US


Ratio cours/bénéfice 2016 : 40,8 fois


David's Tea a conquis les passionnés de thé avec son concept stylisé, son expérience client et sa mise en marché dynamique. Il lui faut maintenant gagner la confiance des investisseurs qui ont été échaudés par une entrée sur le marché public un peu trop flamboyante.


Après un bond de 43 % à sa première séance, les premiers pas du détaillant en Bourse ont vite fait déchanter les investisseurs qui ne s'attendaient pas à des pertes, à l'impact du taux de change sur ses marges et à la décélération de ses ventes comparables.


Cet automne, de nouveaux soucis concernant l'humeur dépensière des consommateurs pour le trimestre crucial des fêtes, tant au Canada qu'aux États-Unis, ont aussi refroidi l'enthousiasme. David's Tea réalise en effet de 40 à 45 % de ses revenus, et tous ses bénéfices, au quatrième trimestre.


Le danger de déception était énorme, puisqu'en juin les amateurs de détaillants à croissance rapide qui servent la génération Y avaient fait grimper son multiple d'évaluation à rien de moins que 100 fois les bénéfices prévus pour 2016.


Le détaillant contrôlé par le fondateur des magasins Le Château, Herschel Segal, faisait aussi rêver avec l'objectif de tripler, à 550, le nombre de ses succursales, de même que son bénéfice d'exploitation, d'ici cinq ans.


Des ventes moyennes de 1 121 $ au pied carré et un rendement de l'investissement de seulement deux à trois ans pour chaque nouvelle boutique avaient aussi de quoi faire saliver bien des habitués du commerce de détail.


«Le climat d'effervescence nous a tenus à l'écart de l'émission. Le détaillant a une stratégie claire, un bilan sans dette et des dirigeants financièrement engagés, mais il doit tout de même faire ses preuves», explique Pierre Lussier, vice-président de Sipar-Eterna.


Maintenant que l'action a perdu plus de la moitié de sa valeur et que les attentes se sont un peu dégonflées, le détaillant a de meilleures chances de regagner le coeur des investisseurs, croit pour sa part Sharon Zackfia, analyste chez William Blair & Company.


Déjà, son cours se rétablit un peu après avoir touché un plancher de 11,75 $ US, le 30 novembre.


«À court terme, le détaillant atténue l'effet du taux de change en modulant son offre de produits, en haussant certains prix et en mettant à profit sa chaîne d'approvisionnement. À plus long terme, sa taille croissante devrait lui permettre de dégager des économies d'échelle et de meilleures marges, parce que ses dépenses générales s'étaleront graduellement sur un plus grand chiffre d'affaires», explique Mme Zackfia en entrevue.


À chaque nouvelle boutique et à chaque trimestre de résultats fiables, la confiance envers la capacité de la société montréalaise de répéter sa réussite canadienne au sud de la frontière s'améliorera petit à petit, estime l'analyste.


Son site Web transactionnel permet depuis juillet au million de membres de son programme de loyauté «grand buveur» d'échanger des points accumulés. David's Tea commence aussi à analyser leurs habitudes afin de personnaliser ses offres.


Pour donner la mesure du potentiel, Mme Zackfia calcule qu'une marge d'exploitation de 17 à 20 % par rapport à des revenus de 600 millions de dollars représente un bénéfice par action de 3 $ d'ici 2019. Cela se compare à ses prévisions de 0,37 $ par action pour l'exercice qui prendra fin en janvier 2016.


Et c'est sans compter l'offre éventuelle de ses mélanges de thé aux hôtels, restaurants, bureaux et épiciers.


Kelly Bania, de BMO Marchés des capitaux, prévoit elle aussi une progression annuelle de 25 % des bénéfices à long terme, mais l'analyste a réduit son cours cible de 21 à 15 $ US en septembre, parce que la courbe de croissance des bénéfices sera plus graduelle qu'elle ne l'avait prévu.


Groupe Stingray Digital multiplie les acquisitions pour croître


Groupe Stingray Digital


Tor., RAY.A : 6,95 $


En chiffre


Gain depuis l'entrée en Bourse, le 3 juin : + 11,0 %


Sommet annuel : 8,58 $, le 8 juin


Valeur boursière : 353 M$


Ratio cours/bénéfice 2016 : 25,0 fois


Le DJ de musique d'ambiance à la télé, sur le Web, sur les appareils mobiles et dans les magasins est dans une course contre la montre pour consolider la niche mondiale qu'il occupe pendant que le fer est encore chaud.


Mieux connu pour ses chaînes de télé musicales Stingray Musique, Karaoke et Concert, la société de Montréal multiplie les acquisitions un peu partout dans le monde pour exploiter un créneau en déclin, mais générateur de solides flux de trésorerie pour qui sait automatiser ses opérations, explique Deepak Kaushal, de Valeurs mobilières GMP.


Au deuxième trimestre, 88 % de ses revenus de 21,3 millions de dollars étaient récurrents. Ses flux de trésorerie ont également bondi de 30 %, à 6,4 M$.


Le distributeur de musique convertit aussi de 65 à 75 % de son bénéfice d'exploitation en flux de trésorerie excédentaires, une notion chère au comptable de formation qu'est le pdg et actionnaire de contrôle Eric Boyko.


Loin de la guerre que se livrent les services de diffusion de musique à la demande Apple Music, Google Play, Spotify, Songza et Pandora, Stingray récolte chaque mois des revenus d'abonnement des quelque 134 câblodistributeurs, fournisseurs de télé par satellite et par Internet, ainsi que des 74 000 commerces qui achètent son service musical.


Ses marges d'exploitation de 36 % et son modèle de consolidation plaisent à bien des investisseurs, dont Fidelity, qui a acheté 13 % des actions à droit de vote subalterne de catégorie A et 14 % des actions de catégorie B.


Pierre-Dominique Lussier, vice-président de Sipar-Eterna, est aussi du lot, mais il a attendu le récent recul de 19 % du titre pour en acheter.


Son évaluation est passée d'un riche multiple de 14,7 fois son bénéfice d'exploitation à un ratio un peu plus raisonnable de 11,4 fois.


«La société devra poursuivre ses acquisitions rentables, tout en préservant sa position de force au Canada, pour aspirer à un autre élan en Bourse», reconnaît-il.


Dans un créneau fragmenté, les cibles d'achat et les marchés à percer sont encore nombreux, surtout à l'extérieur de l'Amérique du Nord, où la télévision payante fait encore des gains.


D'ici cinq ans, Stingray prévoit réaliser les trois quarts de ses revenus totaux à l'étranger. Déjà, son site Web corporatif se décline en cinq langues.


Une croissance interne de 8 à 10 % des revenus, plus l'ajout de 5 à 10 M$ au bénéfice d'exploitation de 3 à 5 acquisitions par année, donne une valeur de 8,38 $ à 10,21 $ par action à la société, estime M. Kaushal, qui place son cours cible à 9 $.


Adam Shine, de la Financière Banque Nationale, qui aimerait voir Stingray mettre la main sur son pendant américain Music Choice, place son cours cible à 10 $.


Ses détracteurs craignent que son modèle d'entreprise frappe inévitablement un mur, parce que la télé payante perd des abonnés et que la technologie chamboule les habitudes de consommation de la musique.


M. Kaushal rétorque que Stingray a encore de bonnes années devant elle et que l'entreprise saura adapter sa stratégie aux changements technologiques et du marché.


Le premier test de résistance à franchir surviendra entre 2019 et 2022, une période pendant laquelle plusieurs contrats avec divers fournisseurs de télé par câble, satellite et Internet devront être renouvelés.


Cara devra tenir ses promesses pour soutenir son évaluation


Entreprises Cara


Tor., CAO : 33,47 $


En chiffres


Gain depuis l'entrée en Bourse, le 3 juin : + 45,0 %


Sommet annuel : 37,25 $, le 13 nov.


Valeur boursière : 1 645 M$


Ratio cours/bénéfice 2016 : 28,7 fois


Le franchiseur des restaurants Swiss Chalet, Harvey's et Casey's est revenu en Bourse en faisant miroiter une croissance rapide, un redressement de 20 % de ses marges et des acquisitions potentielles d'ici 2020.


Des attentes élevées ont rapidement fait grimper son action de 40 %, mais son titre plafonne depuis mai, parce que la récession albertaine freine la croissance des ventes des restaurants ouverts depuis plus d'un an.


Au troisième trimestre, ses ventes comparables ont crû de 1,9 %, soit moins que l'objectif de 2,5 % à 4 % que s'est fixé la société ontarienne à long terme.


Sabahat Khan, de RBC Marchés des Capitaux, a aussitôt réduit ses prévisions de moitié, à 1,5 % pour 2016.


L'action de Cara se bute aussi à une réévaluation de son industrie en Bourse après une période d'engouement pour les restaurants, une vague sur laquelle Cara a d'ailleurs surfé lors de son retour en Bourse.


Les multiples d'évaluation nord-américains de la restauration se dégonflent mais restent élevés. Le cours cible de 38 $ de M. Khan repose sur un multiple de 16 fois le bénéfice d'exploitation projeté à la mi-2017, soit 36 % de plus que la moyenne de l'industrie.


Prudent, Peter Sklar, de BMO Marchés des capitaux, juge que le cours de l'action reflète déjà en partie les promesses de meilleures marges et le potentiel d'acquisitions. Il abaisse son cours cible de 37 à 35 $, tout près du cours actuel.


Cara a tout de même produit un bon troisième trimestre, en partie grâce à son émission d'actions d'avril. Le remboursement de dettes a en effet réduit ses frais d'intérêt, tandis qu'une radiation comptable a presque triplé la valeur de ses pertes fiscales reportées (103 M$). Cara ne versera vraisemblablement pas d'impôts jusqu'en 2018, indique M. Sklar.


Pour garder les investisseurs en appétit et procurer du rendement à ses principaux actionnaires - le holding d'assurance de l'investisseur Prem Watsa Fairfax Financial et de la famille Phelan -, Cara a aussi relevé son dividende de 13 %.


Afin de nourrir la croissance promise, Cara compte ouvrir 23 établissements d'ici la fin de l'année et de 30 à 50 autres par an à partir de 2016.


Parmi ses onze enseignes, Swiss Chalet, Harvey's et Montana's sont les plus susceptibles d'être offertes à de nouveaux franchisés, croit M. Khan.


La bonne performance de ses dix restaurants de destination Bier Markt et Landing incitera aussi Cara à ouvrir quelques autres succursales d'entreprise. «Ces restaurants-bars requièrent d'importantes dépenses en capital, mais ils génèrent de bonnes marges», dit-il.


Un mois après l'achat des 156 restaurants New York Fries, Cara reste muette concernant ses projets d'acquisitions.


Elle s'y prépare toutefois avec le dépôt, le 12 novembre, d'un prospectus préalable de base simplifié qui lui permet d'émettre 1,5 milliard de dollars d'actions ou de titres de dettes au cours des 25 prochains mois.


Avec un cours cible de 42 $, Chris Bowes, de la Financière Banque Nationale, pense que les investisseurs n'ont encore rien vu, puisque la société a la ferme intention de doubler son chiffre d'affaires à 3 milliards d'ici 2020.


Le nouveau pdg recruté par Fairfax, William Gregson, améliore aussi la gestion de tous les aspects de l'entreprise en fermant des franchises moins performantes et en renégociant avec les fournisseurs, par exemple.


Côté acquisitions, M. Bowes reste persuadé que le Québec est dans sa mire, car la province n'y compte que 7 % de ses restaurants.


Sleep Country hausse la barre pour son deuxième départ


Sleep Country


Tor., ZZZ : 17,76 $


En chiffres


Gain depuis l'entrée en Bourse, le 16 juillet : + 4,4 %


Sommet annuel : 19,94 $, le 27 nov.


Valeur boursière : 666 M $


Ratio cours/bénéfice 2015 : 17,1 fois


L'ex-fiducie de revenu a fait un retour en Bourse, sept ans après son rachat par les investisseurs privés Birch Hill Equity Partners et Westerkirk Capital. Ce retour en Bourse Sleep Country/Dormez-vous n'a pas été de tout repos. Après un bond jusqu'à presque 20 $ à la fin de novembre, l'action a tout reperdu ensuite.


Les investisseurs n'ont pas apprécié que Birch Hill tente de vendre un deuxième bloc d'actions en quatre mois, à un cours de 18,50 $. Le placement secondaire de 185 millions de dollars s'est finalement réalisé à 17,75 $.


Sleep Country n'a rien reçu des 485 M$ récoltés par Birch Hill, depuis juillet. À court terme, la mauvaise gestion des émissions d'actions jette de l'ombre sur la performance du principal détaillant de matelas, qui vient d'enfilere neuf trimestres de croissance des ventes des magasins ouverts depuis plus d'un an.


Le bond de 13,4 % des ventes comparables au troisième trimestre suggère aussi que le détaillant gagne des parts de marché, dans un créneau qui croît de 3 à 5 % par année.


Étonnés, plusieurs analystes avaient relevé au début de novembre leurs cours cibles, d'une fourchette de 17,50-18,50 $ à une de 20-22 $.


Le titre plaît parce que ses perspectives s'appuient sur l'ouverture et la rénovation de magasins et non sur les acquisitions, bien que les dirigeants n'excluent pas ce scénario. Le détaillant de Vancouver ouvre 14 magasins cette année et compte poursuivre à une cadence annuelle de 8 à 12 d'ici 5 à 7 ans.


«La vente de matelas semble ennuyeuse, mais c'est un segment qui peut aussi procurer de la croissance, en particulier entre les mains d'un commerçant aussi performant», note Patricia Baker, de Banque Scotia.


Le titre verse aussi un dividende de 3 % qui pourrait augmenter au fil du temps, puisqu'il équivaut à seulement 34 % des flux de trésorerie excédentaires, indique Mark Petrie, de Marchés mondiaux CIBC.


Toutefois, il ne faut pas extrapoler à partir des résultats exceptionnels du troisième trimestre, son meilleur de l'année, prévient l'analyste. La société vise plutôt une hausse annuelle de 3 à 6 % de ses ventes comparables.


Depuis le milieu de 2013, Sleep Country récolte les fruits de mesures instaurées pour raviver sa croissance. En un mot, ses magasins sont plus productifs et ses avantages concurrentiels s'accentuent. Le concurrent de Brault et Martineau et de Sears Canada inonde les médias de publicité régionale tout au long de l'année afin de mousser la notoriété de sa marque, d'attirer plus de clients en magasin et, surtout, de convertir les visites en achats.


Son nouveau concept de magasin fait encore plus de place aux accessoires tels que les oreillers, la literie et les têtes de lit.


Ces produits représentent déjà 20 % des ventes et dégagent des marges brutes de 10 % supérieures à celles des matelas, ce qui donne un bon coup de pouce aux bénéfices, explique Martin Landry, de Valeurs mobilières GMP.


Déjà, 12 % de ses 224 magasins ont adopté le nouveau concept plus contemporain, et le détaillant prévoit rajeunir 10 à 15 de ses magasins par année.


Comme le détaillant américain Mattress Firm (Nasdaq, MFRM, 52,79 $ US) auquel elle se compare, Sleep Country fait le pari qu'elle peut densifier son réseau, en prenant soin de ne pas le saturer. D'ici cinq ans, le détaillant croit possible d'ouvrir un total de 50 à 70 magasins, ce qui augmenterait ses revenus de 57 % et son bénéfice d'exploitation de 60 %, à 90 M$.


Chaque nouveau magasin coûte 325 000 $ et réalise des ventes de 1,2 M$ dès sa première année. Il contribue rapidement aux bénéfices parce qu'il exige très peu de dépenses additionnelles et s'appuie sur une infrastructure régionale déjà bien rodée.


Grâce à un plan d'action aussi bien tracé, il ne reste plus au détaillant qu'à remplir ses engagements. D'autant que son action n'est pas en solde.


Le concierge GDI doit regagner sa crédibilité


GDI Services aux immeubles


Tor., GDI : 15,43 $


Chute depuis l'entrée en Bourse, le 5 juin : - 3,5 %


Sommet annuel : 23,00 $, le 7 août


Valeur boursière : 327 M$


Ratio cours/bénéfice 2016 : 16,0 fois


Le fournisseur de services de conciergerie GDI Services aux immeubles a connu toute une raclée en août, à la suite de deux trimestres qui n'ont pas été à la hauteur des attentes.


Après avoir grimpé jusqu'à 23 $, l'action de l'entreprise montréalaise dirigée par Claude Bigras a perdu 40 % jusqu'au 23 octobre.


Les analystes cherchent à comprendre comment les dirigeants n'ont pas vu venir les pressions sur les marges que provoquent la baisse du taux d'occupation de certains immeubles au Canada et des concessions de prix, si peu de temps après avoir récolté 150 M$ des investisseurs.


Le bénéfice d'exploitation de ses services de conciergerie au Canada a décliné de 15,4 % au troisième trimestre. L'entretien d'immeubles à Calgary et à Edmonton, au coeur de l'industrie pétrolière, représente 10 % de ses revenus.


De plus, sa dette encore élevée ralentira la stratégie d'acquisitions du consolidateur, note Damir Gunja, de Valeurs mobilières TD.


Les dirigeants avaient promis 100 M$ d'acquisitions par année. M. Gunja n'en prévoit aucune l'an prochain.


Il faut dire que la société de Montréal en avait aussi mis plein la vue lors de son dernier passage en Bourse.


Ses revenus avaient crû à un rythme annuel de 19 %, son bénéfice, à une cadence annuelle de 21 %, tandis que son action avait procuré un rendement annuel de 16 % de 2007 à 2011.


La société avait aussi bouclé 21 acquisitions sans sacrifier sa marge d'exploitation de 6 %. Or, ces marges sont inférieures à 6 % aux deux premiers trimestres dévoilés depuis le mois de mai.


Dans leurs premiers rapports de recherche, les analystes avaient aussi fait valoir que ses clients fidèles et les flux de trésorerie réguliers des contrats d'entretien donnaient beaucoup de visibilité à la croissance.


L'appétit des pros pour des modèles d'entreprises simples et des stratégies de croissance claires, dans une industrie stable, avait alors gonflé son évaluation à un niveau ne supportant pas l'erreur.


Même s'il croit encore au potentiel de consolidation de GDI à long terme et qu'il apprécie autant les revenus réguliers des services d'entretien, la trajectoire plus lente de la société ne justifie plus le même multiple d'évaluation. M. Gunja a donc charcuté son cours cible de 21 à 15 $ le 12 novembre.


Chase Bethel, de Desjardins Marché des capitaux, a aussi ramené son cours cible à 17,50 $ parce que l'endettement élevé justifie que l'action s'échange avec un léger rabais par rapport à l'évaluation des sociétés comparables.


D'autres analystes jugent au contraire que l'action a été trop punie pour des revers qui se révèleront bien temporaires dans le long parcours de la société.


«L'évaluation de GDI est tombée à 8,3 le bénéfice d'exploitation prévu en 2016, un rabais par rapport au multiple moyen de 11 fois de ses semblables», signale Leon Aghazarian, de la Financière Banque Nationale, le 12 novembre.


La société a déjà réduit des coûts et a décroché de nouveaux contrats qui améliorent ses marges au Canada, signale-t-il.


L'analyste maintient donc son cours cible de 21 $, ce qui laisse entrevoir une remontée de 36 % et le retour à un multiple de 11 fois.


M. Aghazarian est persuadé que les acquisitions reprendront de plus belle l'an prochain, une fois que GDI aura rétabli ses marges et intégré Ainsworth, une société torontoise acquise le 11 novembre.


M. Aghazarian rappelle que l'achat du spécialiste de l'entretien d'équipements mécaniques et électriques et de systèmes de chauffage, ventilation, climatisation et réfrigération fera de GDI le premier guichet unique pour l'ensemble des services d'entretien des immeubles au pays. Le potentiel de ventes croisées est intéressant, reconnaît M. Gunja, mais la société aura fort à faire pour relever les marges de 2,5 %.


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