Brault & Martineau: la fille du fondateur devient présidente

Publié le 12/06/2018 à 13:08

Brault & Martineau: la fille du fondateur devient présidente

Publié le 12/06/2018 à 13:08

Par Dominique Beauchamp

Après 13 ans dans l'entreprise, dont cinq ans à titre de chef des opérations, Marie-Berthe Des Groseillers préside le détaillant fondé par son père.

À l’heure où les changements de la garde se multiplient et qu’une génération d’entrepreneurs québécois partent à la retraite, voilà que le fondateur du Groupe BMTC cède discrètement la direction du détaillant à sa fille.


Marie-Berthe Des Groseillers est officiellement devenue présidente et chef de la direction à l’assemblée annuelle du 7 juin du Groupe BMTC(GBT, 15,48$).


Administratrice depuis 2005, la dirigeante avait été précédemment promue vice-présidente et chef des opérations en décembre 2013.


Mme Des Groseillers s'est illustrée pour sa philantropie ayant dirigé la Fondation Brault & Martineau et présidé le conseil de la Fondation du CHUM entre 2014 et 2016. 


«Mme Des Groseillers est une femme de coeur qui entretient des liens étroits avec le CHUM, ses médecins et la Fondation», a déclaré Raphaëlle Lauture, conseillère, communications et marketing, à la Fondation du CHUM.


Son père Yves Des Groseillers demeure président du conseil d’administration de l’exploitant des magasins Brault & Martineau, Ameublements Tanguay et EconoMax.


Du renfort en innovation


Autre nouveauté: le conseil d’administration de BMTC accueille aussi une nouvelle administratrice: Anne-Marie Leclerc, associée et vice-présidente, stratégie et innovation de l’agence LG2.


Son arrivée concorde avec une importante refonte chez BMTC, qui implante un nouveau concept de magasin et investit d’importantes sommes pour relever l’expérience-client tant en magasin et en ligne.


BMTC poursuit la refonte de ses sites web et la standardisation des systèmes de toutes ses enseignes amorcé en 2015 afin de les rendre plus performants à l’ère du commerce électronique.



« Le chantier technologique de 3 à 5 ans devrait ultimement coûter 17 millions de dollars. Quelque 8,7M$ ont déjà été dépensés.  »


«Malgré l’essor du commerce électronique au Québec, la grande majorité de la clientèle désire toujours magasiner en succursale. Les investissements web ont accru les ventes en ligne, mais ils ont davantage attiré les utilisateurs web en magasin», explique la société dans sa notice annuelle.


Le détaillant constate que sa clientèle désire visualiser la marchandise ainsi qu’échanger et négocier avec ses vendeurs avant de conclure un achat.


Premier nouveau magasin phare en janvier 2019


À l’ère de l’expérience-client, BMTC a décidé d’implanter un nouveau concept de magasin au lieu de rénover ses établissements existants.


«Puisqu’il s’agit d’un projet d’investissement majeur et différent de ce qui avait été prévu, la société a complété l’évaluation de chacun de ses sites immobiliers afin de déterminer leur viabilité commerciale à long terme», indique la notice annuelle.


Le premier magasin-prototype ouvrira ses portes à Ste-Thérèse en janvier 2019.


Pour les huit autres Brault & Martineau, la société évalue encore l’espace disponible sur les terrains existants afin d’ériger le nouveau concept de magasin.


Dans les cas où cette option n’est pas possible, BMTC devra trouver de nouveaux emplacements.


Ameublements Tanguay évalue aussi l’ensemble de ses neuf établissements.


Un premier trimestre sans histoire


Le détaillant a fait état de revenus stables de 162,2 millions de dollars et d’une hausse de 3% des ventes des magasins comparables, au premier trimestre clos le 30 avril.


Sans le gain de 4,8M$ sur la vente du magasin Brault & Martineau à Repentigny pour 9M$, le bénéfice net est passé de 57 000$ à 119 000$, soit nil par action pour les deux trimestres.


Perspectives contrastées


Le détaillant salue la meilleure croissance économique au Québec depuis la récession de 2008, ainsi que le creux historique du taux de chômage.


En revanche, la société estime que la hausse des taux d’intérêt risque de fragiliser les consommateurs endettés étant donné que le tiers des Québécois vivent d’une paie à l’autre.


Le commerçant est confiant que le positionnement de ses trois enseignes, ses innovations en magasin et ses investissements majeurs dans ses infrastructures informatiques et web pourront «répondre aux nouvelles réalités du commerce de détail et ainsi assurer le maintien de ses parts de marchés», peut-on lire dans la dépêche du premier trimestre.


Rappelons que BMTC a fermé en janvier les deux derniers de ses six magasins Galerie du Sommeil, jugeant que le niveau de leur rentabilité ne justifiait leur maintien.


Fidèle à sa prudence financière habituelle, le marchand peut compter sur des liquidités de 120M$ à son bilan au 30 avril.


L’action peu négociée du détaillant s’est appréciée de 27% depuis un an et évolue à mi-chemin entre son sommet et son creux des 52 dernières semaines.


Le titre se négocie à un multiple de 11,6 fois le bénéfice des 12 derniers mois.


 

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