Allaire - Changer les membres du conseil d'administration de RONA?

Publié le 14/11/2012 à 13:59, mis à jour le 14/11/2012 à 17:06

Allaire - Changer les membres du conseil d'administration de RONA?

Publié le 14/11/2012 à 13:59, mis à jour le 14/11/2012 à 17:06

BLOGUE - On apprend que le fonds de placement Invesco part en guerre contre le conseil d’administration de RONA dont il détient 11,6% des actions. Invesco veut en changer tous les membres en raison de la piètre performance du titre depuis quelques années.


On peut sympathiser avec ce fonds et sa mauvaise humeur. Invesco a acheté la plus grande partie des actions de RONA en mai 2007 à un prix variant probablement entre 17,10$ et 17,75$. Hélas, la crise financière et la récession frappèrent nos économies dans les mois qui suivirent. Le titre de RONA chuta à 10,30$ en fin de novembre 2009, puis reprit du tonus pour atteindre 17,35$ en fin avril 2010.


Le prix de l’action reprit sa glissade vers un plancher de quelque 9,00$ au printemps de 2012. Pourtant en mai 2012, au moment de l’assemblée annuelle des actionnaires, les membres du conseil de RONA recevaient l’appui des actionnaires dans une proportion variant entre 99,12% et 99,79%.


Comment Invesco a-t-il alors exprimé son insatisfaction avec le conseil? En votant en faveur des membres du conseil! Alors que le prix de l’action de RONA était presqu’à son plus bas niveau historique, Invesco appuyait le conseil.


Ce qui a changé depuis mai 2012, c’est la possibilité de vendre RONA et de récupérer une partie de ses billes. Parce que le conseil ne semble pas empressé d’accepter une offre d’achat, il faut en changer. Faut-il rappeler qu’aux États-Unis, les conseils peuvent avoir recours à des mesures protégeant partiellement le conseil et la société contre la mauvaise humeur des actionnaires.


Par exemple, près de la moitié des sociétés américaines cotées en bourse se sont prévalues de l’option d’une élection des membres du conseil pour trois ans, avec le tiers en ballotage chaque année. Évidemment, avec une telle mesure en place, il faut mener et gagner une bataille deux années de suite pour s’assurer du contrôle du conseil. Rien de tel au Canada.


Voici donc qu’un actionnaire mécontent à bon droit de son placement propose, pour des raisons circonstancielles, de changer les membres du conseil. Pourtant, le conseil de RONA est d’une excellente facture, réunissant un remarquable assemblage d’expertise et d’expérience. Son comité de vérification est certes un des plus solides parmi les entreprises cotées en bourse.


On peut regretter toutefois qu’aucun dirigeant de l’entreprise ne soit en mesure de prendre la relève du PDG sortant, semble-t-il.


 Les opinions exprimées dans ce texte n’engagent que l’auteur.
-----------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------Yvan Allaire est président exécutif du conseil d'administration de l'Institut sur la gouvernance(IGOPP) et professeur émérite de stratégie à l’UQÀM. Il est membre de la Société royale du Canada ainsi que du Council on Global Business Issues du World Economic. Professeur de stratégie pendant plus de 25 ans, il est auteur de plusieurs ouvrages et articles sur la stratégie d’entreprises et la gouvernance des sociétés publiques et privées, dont les plus récents coécrit avec le professeur Mihaela Firsirotu : Capitalism of Owners (IGOPP, 2012), Plaidoyer pour un nouveau capitalisme (IGOPP, 2010), Black Markets and Business Blues (FI Press, 2009), à propos de la crise financière et de la réforme du capitalisme.

À propos de ce blogue

Yvan Allaire est président exécutif du conseil d'administration de l'Institut sur la gouvernance(IGOPP) et professeur émérite de stratégie à l’UQÀM. Il est membre de la Société royale du Canada ainsi que du Council on Global Business Issues du World Economic. Professeur de stratégie pendant plus de 25 ans, il est auteur de plusieurs ouvrages et articles sur la stratégie d’entreprises et la gouvernance des sociétés publiques et privées, dont les plus récents coécrit avec le professeur Mihaela Firsirotu : Capitalism of Owners (IGOPP, 2012), Plaidoyer pour un nouveau capitalisme (IGOPP, 2010), Black Markets and Business Blues (FI Press, 2009), à propos de la crise financière et de la réforme du capitalisme.

Yvan Allaire

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