Mon seul désaccord avec Warren Buffett

Offert par Les Affaires


Édition du 19 Septembre 2015

Mon seul désaccord avec Warren Buffett

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Édition du 19 Septembre 2015

Warren Buffett mange des sucreries une bonne partie de l'assemblée annuelle de Berkshire. Photo: Bloomberg

«Je ne vois pas grand monde sourire chez ceux qui vont faire leur épicerie chez Whole Foods.»


Cette réplique teintée d'humour noir, comme seuls Warren Buffett et son acolyte Charlie Munger en sont capables, est l'une de celles qui m'ont le plus marqué lors de l'assemblée annuelle de Berkshire Hathaway (NY, BRK.B), en mai dernier.


Le plus célèbre des investisseurs répondait ainsi à une question d'un actionnaire, selon qui détenir des titres du conglomérat de M. Buffett consistait ni plus ni moins à miser sur les sociétés productrices de sucre.


«Étant donné que les effets néfastes sur la santé d'une forte consommation de sucre sont de plus en plus publicisés et que le goût des consommateurs change, ne croyez-vous pas que nous avons atteint un point d'inflexion qui menace l'avantage concurrentiel d'entreprises du portefeuille de Berkshire, dont Coca-Cola (NY, KO) ?» s'interrogeait l'investisseur.


Dans un premier temps, M. Buffett s'est dit convaincu que les géants de l'alimentation s'ajusteraient aux préférences des consommateurs. Mais il a rapidement prédit que, dans 20 ans, il se consommera plus de caisses de Coca-Cola qu'aujourd'hui. Puis il a enchaîné avec une série de railleries, affirmant qu'il n'aurait pas vécu aussi longtemps s'il avait mangé du brocoli toute sa vie.


L'énergique homme d'affaires de 85 ans est reconnu pour son régime alimentaire «particulier». Il dit à la rigolade que le quart des calories qu'il ingurgite proviennent du Coke.


Son goût pour les sucreries et les aliments jugés néfastes pour la santé se reflète grandement dans son portefeuille. Ces dernières années, Berkshire a réalisé des acquisitions d'envergure dans le secteur alimentaire, et ce ne sont pas des entreprises qui gagneront la palme de la bouffe santé. Il a pris une participation dans Restaurant Brands International (Tor., QSR), fruit de l'union de Burger King et de Tim Hortons, ainsi qu'une participation dans Heinz, qui a été fusionnée avec Kraft cette année pour donner naissance au colosse The Kraft Heinz Company (NY, KHC).


Ces transactions sont venues grossir son portefeuille d'entreprises alimentaires, qui comprend une participation de 9,2 % dans Coca-Cola, la chaîne de crème glacée Dairy Queen et la confiserie See's Candies.


La guerre contre les géants alimentaires


À propos de ce blogue

Après près de 16 années passées au journal Les Affaires, dernièrement en tant que chef de publication pour lesaffaires.com, Yannick Clérouin a rejoint en mars 2018 la société de gestion de portefeuilles Medici.

Yannick Clérouin

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