Les prochaines étoiles de l'effet composé

Offert par Les Affaires


Édition du 14 Mai 2016

Les prochaines étoiles de l'effet composé

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Édition du 14 Mai 2016

Photo: Shutterstock

Le cocktail de facteurs négatifs –ralentissement de la croissance des économies, faible progression des bénéfices, incertitude à l'égard des taux d'intérêt aux États-Unis– risque de continuer à empoisonner le contexte boursier pour un bon moment.


Plutôt que de se demander quelle sera la prochaine tuile à tomber sur les Bourses, l'investisseur intelligent devrait concentrer ses efforts à cibler les sociétés qui dégagent un rendement élevé de leur capital dans les bonnes périodes économiques, comme dans les moins favorables.


Les compounders, comme les appelle le gestionnaire de portefeuille Jason Donville, sont des entreprises qui enregistrent une forte croissance composée de leurs bénéfices sur une longue période. La performance financière de ces sociétés «est presque toujours récompensée par une appréciation du titre, qui concorde avec le taux de croissance composé des bénéfices», soutient le gestionnaire torontois dans sa lettre aux investisseurs publiée récemment.


Où trouver les perles rares


Dans l'univers de la Bourse, les étoiles de l'effet composé sont l'exception plutôt que la règle. Il faut comprendre que ce ne sont pas tous les secteurs qui permettent aux entreprises de réaliser un rendement élevé avec le capital qu'elles investissent, en raison de la dynamique cyclique de leur marché ou des montants importants que nécessitent leurs activités.


Le secteur des soins de la santé enregistre le rendement du capital investi le plus élevé en Amérique du Nord, souligne M. Donville. Les entreprises qui composent le fonds négocié en Bourse U.S. Healthcare ETF (NY, IYH) affichent un rendement moyen du capital investi de 26 %, soit le double de l'ensemble du marché.


Le secteur des technologies se démarque aussi, avec un rendement du capital investi qui avoisine les 20 % aux États-Unis. Au Canada, les fournisseurs de logiciels enregistrent également un rendement au moins deux fois plus élevé que celui de la Bourse dans son ensemble.


Dans un contexte où l'économie mondiale progresse à pas de tortue, la croissance repose encore plus sur l'innovation. Un nouveau médicament, un nouveau gadget ou une technologie qui n'est pas encore sur le marché. Pour l'investisseur en quête des champions de l'effet composé, les secteurs de la santé et de la techno sont deux endroits clés où chercher des candidats, estime le président de Donville Kent Asset Management.


Déjouer l'obstacle de l'évaluation


Favoriser les locomotives de l'effet composé est une stratégie payante à long terme, mais l'investisseur qui suit cette démarche se heurte à un obstacle majeur : ces as du rendement sont souvent bien connus et ils commandent des valorisations élevées. Dans la liste des 15 compounders de M. Donville, on retrouve des sociétés telles que Dollarama (Tor., DOL), FirstService(Tor., FSV) et Enghouse Systems(Tor., ESL), qui se négocient respectivement à 26, 28 et 33 fois le bénéfice prévu pour l'exercice en cours.


En comparaison, le prêteur hypothécaire Home Capital Group (Tor., HCG), qui se négocie à 7 fois le bénéfice prévu, a des allures d'aubaine. Cette faible valorisation reflète un risque non négligeable : la société torontoise pourrait subir d'importantes pertes sur prêt advenant un recul marqué du marché immobilier canadien.


L'investisseur a plus de chances de repérer des titres bon marché parmi les compounders émergents. Ces entreprises n'ont pas la feuille de route des champions de l'effet composé, mais elles ont le potentiel de se hisser parmi les meilleurs. Dans le tableau ci-contre, on peut constater que ces aspirants champions commandent des valorisations plus attrayantes que les 15 compounders.


Les deux entreprises québécoises figurant sur cette liste représentent des cas intéressants. Stingray Digital(Tor., RAY.B) fait partie des candidats émergents, même si elle est entrée en Bourse en 2015. Le fournisseur de services musicaux montréalais affiche une forte croissance de ses revenus et se négocie à moins de 16 fois le bénéfice prévu. Bien qu'elle soit une candidate au titre de compounder, il m'est impossible d'évaluer si elle pourra maintenir un rendement élevé du capital investi à long terme, compte tenu des bouleversements que vivent ses clients câblodistributeurs.


L'autre société québécoise émergente est Supremex. Le spécialiste des enveloppes avait attiré mon attention avant même que je n'aperçoive son nom sur la liste, en raison du redressement de ses résultats et de l'appréciation de 370 % de son titre en trois ans. Son principal marché - les enveloppes génériques - est en décroissance, mais le manufacturier montréalais réussit à tirer son épingle du jeu en consolidant son secteur. Ses revenus aux États-Unis ont bondi de 79 % à son plus récent trimestre. Sa croissance est aussi portée par sa diversification dans les produits d'emballage spécialisés. Mais comme c'est le cas pour Stingray, Supremex doit me convaincre qu'elle saura maintenir un rendement du capital élevé en dépit de la décroissance de son principal marché.


La liste des candidats émergents comporte d'autres titres à découvrir, comme le spécialiste de l'emballage CCL Industries(Tor., CCL.A), dont la performance des dernières années a été remarquable. Celle-ci pourrait d'ailleurs, selon moi, se hisser parmi les champions de l'effet composé. Mais à 23 fois le bénéfice prévu, le titre reflète probablement déjà son potentiel de croissance.


Même s'il est rare que les compounders ou leurs aspirants deviennent des aubaines, il faut toujours garder l'oeil ouvert pour saisir les occasions. Ces titres peuvent tomber en défaveur pour diverses raisons, comme une contre-performance passagère. Dollarama constitue un bon exemple. Le titre du détaillant montréalais a chuté après avoir dévoilé des perspectives décevantes au troisième trimestre, mais il a rebondi de 26 % depuis son récent creux de février, après avoir surpassé les attentes au trimestre suivant.


À propos de ce blogue

Après près de 16 années passées au journal Les Affaires, dernièrement en tant que chef de publication pour lesaffaires.com, Yannick Clérouin a rejoint en mars 2018 la société de gestion de portefeuilles Medici.

Yannick Clérouin

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