Le cimetière est rempli d'entreprises au concept révolutionnaire

Publié le 17/07/2017 à 11:37, mis à jour le 22/07/2017 à 09:24

Le cimetière est rempli d'entreprises au concept révolutionnaire

Publié le 17/07/2017 à 11:37, mis à jour le 22/07/2017 à 09:24

Photo: Charles Desgroseilliers

Mon conseil aux investisseurs de fuir les entreprises qui affirment mettre au point un concept révolutionnaire dans la chronique Les grandes leçons de la débâcle d’Orbite a irrité une fidèle lectrice, qui a déploré l’idée d’inciter les gens à privilégier uniquement les Dollarama(DOL, 121,87$) de ce monde.


«Investir dans une entreprise plus complexe qu'un Dollarama demande de la foi dans les dirigeants, mais aussi cela permet de protéger des emplois de haut niveau, de la propriété intellectuelle et de créer une réelle richesse au Québec», a fait valoir cette lectrice.


Mettons tout de suite une chose au clair: loin de moi l’idée de décourager les gens à propos des entreprises de haute technologie ou qui développent des traitements de pointe. Elles revêtent, comme vous le soulignez, une importance capitale pour l’économie et le marché du travail de la province.


Ma mise en garde s’adresse toutefois aux investisseurs qui sont trop nombreux à s’aventurer dans des entreprises ou des secteurs qu’ils ne maîtrisent pas. Je suis convaincu qu’une kyrielle de particuliers qui n’avaient jamais acheté des actions en Bourse ont misé gros sur Orbite parce qu’on leur a vendu du rêve, celui d’une technologie qui allait complètement redéfinir un marché d’envergure.


Comment, en effet, résister au chant des sirènes quand on vous fait miroiter l’énorme marché auquel s’adressent les ressources extraites du sol grâce au procédé d’Orbite: voitures électriques, puces pour téléphones mobiles, lumières DEL...


Un marché prometteur peut-être, mais encore faut-il que l’entreprise réussisse à le commercialiser et que son modèle d’affaires soit viable.



« Or, la très grande majorité de ceux qui ont investi dans Orbite étaient probablement incapables de comprendre la façon dont l’entreprise allait rentabiliser ses activités. »


Tous les grands investisseurs, Warren Buffett le premier, vous le diront: investissez seulement dans les entreprises que vous comprenez. Le non moins célèbre Peter Lynch a aussi déjà mentionné que vous devriez être capable d’expliquer à un enfant de 12 ans en deux minutes ou moins pourquoi vous possédez un titre boursier.


L'exemple des biotechs


Cela ne veut pas dire par exemple d’écarter d’emblée une entreprise de biotechnologies, mais vous devriez y investir votre argent à la condition de maîtriser ses activités et d’être en mesure d’évaluer son potentiel et les risques auxquels elle est exposée. En vous fixant cette règle, vous vous protégez contre les beaux discours et éviterez de coûteuses pertes.


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Je n’insisterai jamais assez pour dire que le cimetière corporatif est rempli d’entreprises au concept révolutionnaire. J’ai eu pour mission de suivre le secteur des biotechs à mon arrivée à Les Affaires en 2002 et je peux vous dire qu’à part Theratechnologies(TH, 7,65$), il ne reste plus grand entreprise québécoise qui promettait de mettre en marché LE prochain traitement révolutionnaire. Vous vous rappelez le cartilage de requin d'AEterna? C’est triste, car le secteur des biotechnologies en est un porteur pour l’économie et qui crée des emplois de qualité.


L’investisseur individuel que vous êtes n’est toutefois pas là pour créer des emplois de haut niveau, mais bien pour s’enrichir à long terme grâce à des placements judicieux. À ce titre, la spéculation à l’égard du potentiel d’entreprises soi-disant prometteuses n’a tout simplement pas sa place dans votre approche.


Maintenant, (re)voyez notre vidéo Les 10 pensées de Warren Buffett pour gagner de l'argent. 


À propos de ce blogue

Yannick Clérouin est directeur Actualités et diffusion numérique de LesAffaires.com. Mordu de la Bourse, il est également chroniqueur financier et se donne pour mission d'aider les investisseurs à long terme à s'enrichir. Yannick a été journaliste pour la section Investir dès son arrivée au journal Les Affaires, en mai 2002. Il a débuté sa carrière chez Webfin.com, aujourd'hui Argent, où il a notamment lancé la première radio financière québécoise sur Internet. Il est détenteur d'un baccalauréat en journalisme à l'Université du Québec à Montréal et d'un diplôme du cours sur les valeurs mobilières au Canada de l'Institut canadien des valeurs mobilières.

Yannick Clérouin
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