Le geste audacieux du PDG de Disney pour contrer le «cord cutting»

Publié le 09/08/2017 à 15:48

Le geste audacieux du PDG de Disney pour contrer le «cord cutting»

Publié le 09/08/2017 à 15:48

Photo: 123rf.com

Le PDG de Walt Disney(DIS, 101,82$US), Robert Iger, a beau figurer parmi les dirigeants les plus respectés des États-Unis, sa décision de mettre fin à son partenariat avec Netflix(NFLX, ) et de diffuser son contenu directement aux consommateurs devra confondre les sceptiques.


La nouvelle stratégie de croissance annoncée par le géant du divertissement lors de la diffusion de ses résultats du troisième trimestre a été accueillie froidement par les investisseurs. Le titre perd en effet près de 5% mercredi.


La décision de lancer son propre service de flux direct («streaming» dans le jargon), auquel pourront s’abonner directement les consommateurs, est un geste pour le moins audacieux, sinon risqué pour l’entreprise qui est avant tout reconnue pour ses contenus.



« C’est un pivot rare et impressionnant pour une entreprise de cette taille[une mégacapitalisation boursière], »
comme le souligne Steven Cahall, analyste de RBC Marchés des capitaux.


Selon lui, cette décision illustre un changement de paradigme chez Disney, qui émerge de derrière le mur payant de la distribution dans l’espoir de mieux valoriser son contenu.


Il faut dire qu’un changement de scénario d’affaires est devenu nécessaire pour le créateur de films, exploitant de chaînes de télévision et propriétaire de parcs d’attractions.


La montée en puissance des services de flux directs menace ses vaches à lait, notamment les stations de sports d’ESPN. Celles-ci souffrent de la migration des consommateurs vers des forfaits allégés et surtout moins coûteux.


La perte d’abonnés à ESPN s’est d’ailleurs accélérée(-3,5%) au troisième trimestre, signale Daniel Salmon, de BMO Marchés des capitaux.


Steven Cahall, de RBC, dit que les investisseurs à qui il a parlé applaudissent cette nouvelle stratégie. Le recul prononcé du titre suggère plutôt que Disney devra convaincre qu’elle peut faire cavalier seul sur le front de la distribution.


Faute d’avoir trouvé un dauphin digne de le remplacer, Robert Iger a prolongé au printemps dernier son contrat pour diriger Disney jusqu’à 2019. L’année même où l’entreprise qu’il dirige de main de maître depuis 2005 lancera son service de flux direct et se détachera de Netflix.


Compte tenu des bouleversements majeurs qui animent le secteur des médias, M. Iger aura besoin de toute la magie dont ses créateurs sont capables pour que sa nouvelle stratégie aboutisse sur un happy ending digne des meilleurs contes de Disney.


(Re)lisez ma chronique Pourquoi Apple devrait acheter Disney

À propos de ce blogue

Yannick Clérouin est directeur Actualités et diffusion numérique de LesAffaires.com. Mordu de la Bourse, il est également chroniqueur financier et se donne pour mission d'aider les investisseurs à long terme à s'enrichir. Yannick a été journaliste pour la section Investir dès son arrivée au journal Les Affaires, en mai 2002. Il a débuté sa carrière chez Webfin.com, aujourd'hui Argent, où il a notamment lancé la première radio financière québécoise sur Internet. Il est détenteur d'un baccalauréat en journalisme à l'Université du Québec à Montréal et d'un diplôme du cours sur les valeurs mobilières au Canada de l'Institut canadien des valeurs mobilières.

Yannick Clérouin
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