Cette société québécoise pourrait frapper un grand coup en 2017

Publié le 29/12/2016 à 06:35

Cette société québécoise pourrait frapper un grand coup en 2017

Publié le 29/12/2016 à 06:35

Photo: 123rf.com

Ce n’est pas dans mes habitudes de faire des prédictions, mais si j’avais à parier sur une entreprise québécoise qui pourrait frapper un grand coup en 2017, ce serait Thérapeutique Knight(Tor., GUD).


La pharmaceutique spécialisée de Westmount vient de clôturer une émission de 10 millions d’actions qui lui a permis de récolter 100M$. Grâce à cette cinquième émission d'actions depuis le début de 2014, la société dirigée par Jonathan Ross Goodman porte son trésor de guerre lui permettant de réaliser des acquisitions à 740M$. En fait, elle dispose d'environ 640M$ puisque le reste a été engagé dans un fonds de science de la vie.


M. Goodman profite de la performance exceptionnelle qu’il a réalisée lorsqu’il était à la tête de Laboratoires Paladin–celle-ci a été vendue pour 3,2 milliards de dollars canadiens à Endo International en février 2014– pour accumuler les munitions qui lui permettront de réaliser une ou plusieurs grosses acquisitions.


Comme je l’avais souligné dans une chronique en juin dernier, M. Goodman a une feuille de route à convaincre à peu près n’importe quel investisseur. Avec Paladin, il avait procuré un rendement annuel composé de 27% sur 19 ans.


Avoir le marché de son côté représente tout un avantage pour un PDG qui vise construire une nouvelle entreprise d’envergure, car même si Knight devrait dégager moins de 10M$ de revenus l’an prochain, elle peut se financer en limitant l’effet de dilution pour ses actionnaires actuels. En 2016, l’action de Knight s’est appréciée de 33% tandis que le secteur américain de la santé a reculé de 3%, ce qui confère à l'entreprise montréalaise un des multiples d’évaluation les plus élevés parmi les sociétés comparables.


Les occasions abondent


Compte tenu des difficultés que plusieurs pharmaceutiques ont connues dans la dernière année, les occasions d’acquisition pour l'ex-Paladin ne manquent pas. Au Canada par exemple, Valeant Pharmaceuticals(Tor., VRX) et Concordia International(Tor., CXR) sont en pleine restructuration et devront se départir de certains actifs pour réduire leur endettement.


Le patron de Knight pourrait même racheter des actifs à Endo International(Nasdaq, ENDP), qui a cumulé les déboires depuis l’acquisition de Paladin. La pharmaceutique américaine a vu sa valeur boursière fondre de 75% depuis l’achat de Paladin et figure parmi les pires titres de 2016, selon le site spécialisé 24/7 Wall Street.


Le titre a notamment chuté après que la Federal Trade Commission des États-Unis a déposé une plainte alléguant que la pharmaceutique avait fait appel à une tactique juridique appelée «pay for delay» pour freiner la concurrence des médicaments génériques contre ses anti-douleurs Opana et Lidoderm. Ce dernier médicament représentait 30% des ventes trimestrielles d’Endo avant que son brevet n’expire en 2013, explique le site 24/7. Le titre a subi une autre claque en novembre après qu’une poursuite ait été déposée contre sa filiale Par Pharmaceutical dans une histoire de collusion visant à fixer le prix de médicaments génériques.


Dans une note intitulée Exiting Pain(endiguer la douleur) à la mi-décembre, l’analyste Douglas D. Tsao, de Barclays, évoquait la possibilité que Endo se départisse de ses traitements anti-douleurs d’origine afin de réduire son endettement et pour dégager des liquidités qui lui permettront d'accroître ses activités dans le créneau du générique. Endo est le quatrième plus important fabricant américain de médicaments génériques, mais il ne bénéficie des avantages d’échelle de ses rivales TEVA, Mylan ou Sandoz/Novartis.


Après l’annus horribilis des entreprises du secteur de la santé, les occasions de croissance abondent pour Knight. Le volatile secteur des soins de la santé pourrait lui offrir des occasions d’achat tandis que les valorisations continuent de diminuer par rapport à leurs sommets de 2015, écrivait dans une note publiée le 28 décembre Martin Landry, de Valeurs mobilières GMP.


Mais comme le souligne l’analyste, la direction de Knight est reconnue pour son approche prudente en matière d’allocation du capital. Elle ne réalisera pas une transaction d'envergure à n'importe quel prix.


Même si on peut s’attendre à un éventuel grand coup de Knight, les investisseurs doivent garder en tête que les attentes à l’égard du titre sont élevées. Les investisseurs font en effet le pari que Jonathan Ross Goodman reproduira le succès qu’il a obtenu avec Laboratoires Paladin.

À propos de ce blogue

Yannick Clérouin est directeur Actualités et diffusion numérique de LesAffaires.com. Mordu de la Bourse, il est également chroniqueur financier et se donne pour mission d'aider les investisseurs à long terme à s'enrichir. Yannick a été journaliste pour la section Investir dès son arrivée au journal Les Affaires, en mai 2002. Il a débuté sa carrière chez Webfin.com, aujourd'hui Argent, où il a notamment lancé la première radio financière québécoise sur Internet. Il est détenteur d'un baccalauréat en journalisme à l'Université du Québec à Montréal et d'un diplôme du cours sur les valeurs mobilières au Canada de l'Institut canadien des valeurs mobilières.

Yannick Clérouin
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