Apple, Amazon, Google... les gestionnaires vedettes sont divisés

Publié le 15/11/2017 à 16:00, mis à jour le 15/11/2017 à 17:31

Apple, Amazon, Google... les gestionnaires vedettes sont divisés

Publié le 15/11/2017 à 16:00, mis à jour le 15/11/2017 à 17:31

D'une main, Warren Buffett achète du Apple, de l'autre, il vend du IBM.

S’il y a un élément qui ressort des transactions réalisées par les gestionnaires vedettes au troisième trimestre, c’est qu’ils ne s’entendent pas sur les perspectives des titres chouchous de la technologie.


Alphabet, société-mère de Google, Apple et Microsoft figurent parmi les 10 titres les plus détenus par les superinvestisseurs suivis par le site américain Dataroma. Mais certaines transactions montrent que les avis divergent quant aux perspectives des sociétés qui ont dominé l’attention ces derniers mois, si on ajoute Amazon dans le groupe.


Tandis que Warren Buffett et ses lieutenants chez Berkshire Hathaway (NY., BRKB.) ont augmenté la participation du conglomérat de 3% à 134,1 millions d’actions dans le titre d’Apple (Nasdaq, AAPL), David Einhorn, de Greenlight Capital, a réduit la sienne de 44,2%. Pire, le fonds d’investissement de George Soros a carrément éliminé sa participation de 1700 actions dans l’entreprise dirigée par Tim Cook.


Le titre d’Apple a connu une ascension marquée de 48% cette année. M. Buffett, reconnu pour sa frilosité envers les titres technologiques, a surpris les observateurs en février dernier lorsqu’il a révélé avoir pris une participation dans le fabricant de l'iPhone.


Si ses récentes transactions montrent qu’il entrevoit les perspectives de la plus importante société américaine avec optimisme, M. Buffett semble en revanche avoir perdu confiance en IBM. Il a de nouveau réduit sa participation dans Big Blue, soit de 31,5%, pour la porter à 37,03 millions d’actions. Prem Watsa, grand patron de l’assureur torontois Fairfax (Tor., FFH), souvent comparé à Warren Buffett, a aussi vendu 57% de ses actions d’IBM pour porter sa participation à 281 200. Sa participation dans la société informatique n’est plus que de 3%, alors qu’elle s’est déjà élevée à 14%.


Toujours dans le secteur techno, Amazon (Nasdaq, AMZN) ne semble pas faire consensus. Chase Coleman, Bill Miller et John Paulson ont réduit leur participation dans le géant du commerce en ligne, tandis que George Soros a relevé la sienne.


De son côté, Daniel Loeb a diminué de 45% le nombre d’actions d’Alphabet qu’il détient, pour le porter à 315 000. À l’inverse, Leon Cooperman, d’Omega Advisors, a bonifié sa participation dans la société mère de Google de 2,27% pour la porter à 6,17%.


Stephen Mandel, de Lone Pine Capital, a abaissé sa participation dans Facebook de 18%, pour l’amener à 4,24% de son portefeuille.


Selon Howard Silverblatt, vétéran de l’analyse des indices pour S&P Dow Jones Indices, les poids lourds de la techno ont été les locomotives de la progression du S&P 500 depuis le début de l’année. Apple a ainsi contribué à hauteur de 9,34%, Microsoft, de 5,21%, Facebook et Amazon, de 4,61%, et enfin, Alphabet, de 4,57%.


Occasion dans le secteur amoché du détail?


Si on sort du secteur techno, Bill Miller, qui ne craint pas d'investir à contre-courant, a fait bondir sa participation dans le détaillant de vêtements et de chaussures de sport Foot Locker de 2247%. Il détient désormais 1,27 million d’actions de la chaîne, ce qui représente 2% de son portefeuille.


L’investisseur activiste Bill Ackman, qui a récemment perdu sa bataille contre la direction d’Automatic Data Processing, a réduit sa participation de 32% dans le propriétaire de Tim Hortons, Restaurant Brands International (NY., QSR).


L’autre superinvestisseur canadien suivi par Dataroma, le gestionnaire valeur Francis Chou, de Chou Associates, ne semble pas avoir trouvé d’occasions d’achat. Il a réduit sa participation dans cinq de ses placements au cours des trois derniers mois, dont dans Citigroup (-32%), dans Overstock.com (-50%) et dans Nokia (-32%).


 

À propos de ce blogue

Yannick Clérouin est directeur Actualités et diffusion numérique de LesAffaires.com. Mordu de la Bourse, il est également chroniqueur financier et se donne pour mission d'aider les investisseurs à long terme à s'enrichir. Yannick a été journaliste pour la section Investir dès son arrivée au journal Les Affaires, en mai 2002. Il a débuté sa carrière chez Webfin.com, aujourd'hui Argent, où il a notamment lancé la première radio financière québécoise sur Internet. Il est détenteur d'un baccalauréat en journalisme à l'Université du Québec à Montréal et d'un diplôme du cours sur les valeurs mobilières au Canada de l'Institut canadien des valeurs mobilières.

Yannick Clérouin
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