Toys R Us pulvérisée par... l'iPad!

Publié le 19/09/2017 à 11:38

Toys R Us pulvérisée par... l'iPad!

Publié le 19/09/2017 à 11:38

Adieu jouets traditionnels... Photo: DR

Il n’y a rien de surprenant dans la faillite du géant Toys R Us. L’entreprise avait perdu l’exclusivité de la vente de jouets depuis belle lurette au profit des grandes surfaces généralistes comme Walmart et Canadian Tire. Même la petite quincaillerie Hogue au coin de chez moi et le Pharmaprix, juste en face, se sont transformés en revendeurs de jeux au fil des ans.


Avec son expérience de magasinage digne du Woolco des années 1980 et ses prix plus chers que chez Amazon, comment Toys R Us comptait-elle convaincre la mère de famille en moi de traverser le pont Champlain? Pour y trouver des produits exclusifs? Au contraire. La dernière fois que j’y ai mis les pieds, le choix famélique de jeux vidéo disponibles m’a amèrement déçue. De vieux titres, d’autres en rupture de stock, des tablettes à moitié vides… La désolation, quoi.


Tous ces facteurs (prix élevés, expérience d’achat désagréable et offre générique, voire limitée) ont été rapidement soulevés pour expliquer la déconfiture de la chaîne. Il a également été question de l’approche web désuète de l’entreprise, en décalage complet avec les marques qu’elles distribuent, comme Lego. Évidemment ces éléments stratégiques sont à blâmer. Mais, il y a une autre raison majeure qui explique le déclin de Toys R Us: l'iPad a remplacé le coffre à jouets.


Il faut être aveugle pour ne pas réaliser que les enfants s’intéressent de moins en moins aux jeux traditionnels. Essayez de passer une fin de semaine agréable au chalet avec les enfants sans apporter de tablette... Les parents savent de quoi je parle! Disons poliment qu’il y a, depuis cinq à sept ans, un changement marqué de préférences chez nos jeunes consommateurs en matière de divertissement.


Dès 2015, 85% des revenus générés par les applications mobiles à l'échelle de la planète provenaient des jeux, soit quelque 35 milliards de dollars américains, selon une étude d'App Annie. Cette dernière prédisait que le marché atteindrait les 75 G$ US en 2020; et ce, alors même que le marché mondial du jouet stagne aujourd’hui à 87 G$ US.


Si j’avais des sous à investir, je miserais davantage sur les créateurs de Minecraft que sur Barbie. Hier, l’action de Mattel chutait d’ailleurs de 6,24%, dans la foulée de l’annonce de Toys R Us.


Les jeunes ne s’intéressent plus aux camions téléguidés, mais sautent de joie en recevant une carte-cadeau iTunes pour leur anniversaire. Cela n’augure rien de bon pour les manufacturiers de jouets, ni pour les distributeurs.


Le déclin des jouets est amorcé, et il fera certainement d’autres victimes. La beauté dans tout ça? Potentiellement moins de cochonneries en plastique inutiles pour encombrer la chambre de nos enfants.


Acheter moins de jouets, mais acheter mieux? Il y aura probablement une place à prendre pour des jouets plus intelligents et mieux conçus, vendus par des conseillers plus instruits… en plus du iPad, de la Switch, de la Xbox et de la PS4, évidemment.


 

À propos de ce blogue

Stéphanie Kennan est présidente de Bang Marketing, une agence de branding et de marketing Web située à Montréal. Elle travaille auprès des PME québécoises depuis 1998 et se spécialise en marketing B2B. Stéphanie Kennan est également auteure du livre Mon site web chez le psy publié aux Éditions Transcontinental.

Stéphanie Kennan

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