Avoir du bonheur pour son argent

Offert par Les affaires plus


Édition de Septembre 2014

Avoir du bonheur pour son argent

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Édition de Septembre 2014

Vous croyez que l'argent ne fait pas le bonheur ? Vous avez tort... en partie.


On dit que l'argent ne fait pas le bonheur. Quand je vois la file au comptoir de loterie de mon dépanneur, j'en doute. On espère rafler le magot et ne plus rentrer au bureau le lendemain. On s'imagine vivant dans la maison de ses rêves, menant un grand train de vie. Surestimons-nous le bien-être que nous procurent nos revenus ? Il semble que oui.


Selon Elizabeth Dunn, professeure de psychologie à l'Université de la Colombie-Britannique, et Michael Norton, de l'Université Harvard, une fois un certain niveau de confort atteint, le fait de gagner plus d'argent n'assure pas la félicité. Les deux chercheurs ont coécrit le livre Happy Money : The Science of Smarter Spending.


Alors, quel est ce montant jugé suffisant pour être heureux ? La réponse diffère bien sûr selon les besoins, le pays et le niveau de vie désiré.


D'après un sondage Gallup mené aux États-Unis en 2008 et 2009, ce revenu annuel se situerait autour de 75 000 dollars. L'économiste Angus Deaton et le psychologue Daniel Kahneman, de l'Université Princeton, ont déterminé ce chiffre en analysant les quelque 450 000 réponses de l'enquête. On y mesurait par exemple la fréquence et l'intensité des moments de bonheur, du stress, de la joie et d'autres sentiments ressentis pendant une journée.


À mesure que leurs revenus augmentaient, les personnes sondées se sentaient de meilleure humeur sur une base quotidienne. Il semble qu'au-delà de 75 000 dollars, l'effet bénéfique s'estompait très vite.


Cette enquête posait également une question plus subjective aux répondants. Comment évaluaient-ils leur qualité de vie globale ? On souhaitait mesurer leur perception du bonheur. Dans ce cas-ci, les réponses différaient. Plus nos revenus sont élevés et plus notre «impression d'être heureux» s'accroît.


On se perçoit donc comme plus heureux lorsqu'on gagne plus d'argent. Cependant, au jour le jour, au-delà d'un revenu annuel de 75 000 dollars (en dollars de 2009), on ne ressent pas plus de bonheur, on ne connaît pas de moments plus heureux.


Ce qu'imaginent les Américains ne correspond donc pas à la réalité, remarquent Elizabeth Dunn et Michael Norton, qui ont poussé l'étude un peu plus loin en comparant différents niveaux de revenus. Ainsi, les répondants prévoyaient être deux fois plus heureux s'ils empochaient un salaire annuel de 55 000 dollars plutôt que 25 000 dollars, soit plus du double de leurs revenus actuels. En réalité, avec un revenu annuel de 55 000 dollars, ils ne seront que 9 % plus satisfaits que lorsqu'ils gagnaient 25 000 dollars, constatent les chercheurs.


Autre point intéressant : ce n'est pas le salaire gagné, mais la façon dont on dépense cet argent qui contribuerait au bonheur. Une décennie d'études pointe dans la même direction, affirment les chercheurs. Il est plus gratifiant de payer pour faire des expériences comme un voyage, une soirée au théâtre ou entre amis que d'acheter des biens matériels tels qu'une voiture ou un gadget électronique.


C'est comparable au plaisir que procure une tablette de chocolat ou une boisson gazeuse. Le premier carré ou la première gorgée nous donne une douce satisfaction. À la dixième bouchée, ou à la dernière gorgée, le ratio de bonheur par calorie n'est plus du tout le même, rappellent-ils. La modération a donc meilleur goût.


Les deux professeurs vont jusqu'à proposer une nouvelle façon de consommer. Selon eux, il est démontré scientifiquement que l'argent dépensé pour les autres apporte encore plus de joie à celui qui le donne.


Des enveloppes blanches qui rendent heureux


Un riche Américain s'amuse depuis le printemps dernier à disperser des enveloppes blanches qui contiennent de 20 à 100 dollars. Le généreux donateur propose une chasse au trésor à ceux qui le suivent sur Twitter (#HiddenCash) en leur révélant des indices. L'engouement du public est tel que dès les premières semaines de son aventure, le Californien a étendu sa zone d'influence à plusieurs grandes villes américaines comme Chicago et New York. Cet été, il a traversé l'océan pour conquérir Paris, Londres et Madrid. Jason Buzi est un investisseur immobilier qui désire apporter un peu de bonheur aux gens. Il distribue environ 1 000 dollars par jour, rapporte CNN qui l'a démasqué en juin. A-t-il un but caché ? L'homme dans la quarantaine souhaite simplement «redonner» et surtout, que son initiative soit reprise par les nantis, partout dans le monde.

À propos de ce blogue

Sophie Stival est analyste financière et journaliste. Elle a été arbitragiste de taux d'intérêt à la trésorerie d'une grande banque canadienne pendant 10 ans. Elle collabore aujourd'hui avec le journal Finance et Investissement en plus d'écrire la chronique Affaires de famille du magazine Les Affaires Plus.

Sophie Stival

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