PDG, revenez sur terre!

Publié le 03/07/2017 à 14:41

PDG, revenez sur terre!

Publié le 03/07/2017 à 14:41

J’ai récemment eu une prise de conscience lorsqu’un nouvel employé m’a avoué que c’était weird de pouvoir jaser aussi facilement avec le PDG. Il m’expliquait en quoi cette situation aurait été impensable dans ses emplois précédents. Cette anecdote m’a rappelé à quel point ce n’est pas courant d’avoir autant de proximité entre les différents paliers d’une organisation.


La peur de croiser le big boss dans l'ascenseur


 Je me rappelle encore mon premier emploi dans une multinationale où mes collègues et moi étions apeurés à la simple idée de croiser le big boss dans l’ascenseur. Cela en dit long sur l’image que nous collions aux dirigeants d’entreprise.


 La culture d’une organisation est souvent le reflet de son PDG. Mais sur le terrain, la culture est aussi grandement influencée par les perceptions. Je parle, entre autres, de l’image que se font les employés de la haute direction.


Les images associées aux dirigeants


 Pensons simplement aux images que l'on associe aux dirigeants :


 -Des personnes qui sautent d’une réunion importante à l’autre, toujours en train de prendre de grandes décisions stratégiques à partir de leur bureau luxueux.


-Ils sont isolés. Parfois, ils ont même leur propre étage où ils ne côtoient que les membres de leur équipe de direction.


-Leurs salaires sont démesurés. À tel point qu’ils font souvent l’objet de palmarès dans les médias.


 Nous considérons les PDG intouchables, vivant sur une autre planète, loin de la réalité du travailleur. Cette image, et le comportement qu’elle entraîne chez le personnel, ne contribuent pas à créer un environnement de travail qui favorise la circulation d’idées.


 Les dernières années m’ont amené à comprendre que mon apport à GSOFT allait au-delà de l’aspect stratégique. J’ai une énorme responsabilité face à la culture de l’entreprise et à l’engagement des employés.


Dans son plus récent article, Olivier Schmouker met en lumière que l’engagement des employés et la culture d’entreprise sont des priorités pour une majorité de dirigeants. Si tel est le cas, la responsabilité de ces changements ne pourra résider seulement sur les épaules des départements de ressources humaines (je n’aime pas ce terme) ou sur les employés. Les PDG devront assumer leur rôle de vecteur de culture et de valeurs au sein de leur entreprise, et montrer l’exemple.


Comment réduire la distance entre un dirigeant et ses employés


 Je crois qu’il y a une panoplie de petites choses qui peuvent être faites pour réduire les écarts perçus. Dans mon quotidien, j’essaye d’apprendre les noms de tout le monde. Je fais toutes les entrevues finales à l’embauche. Je rencontre tous les nouveaux employés pendant près de deux heures pour leur raconter l’histoire de l’entreprise. Je vais travailler dans les espaces communs. Je circule régulièrement dans le bureau pour saluer les gens et je participe à un maximum d’activités sociales.


 Bref, je fais un effort conscient pour agir de façon conséquente avec les valeurs de l’entreprise et me rendre accessible pour tout le monde. C’est simple, je veux faire partie de l’équipe et je fais tout ce que je peux pour briser les barrières qui se créent autour de moi, de façon inconsciente, par la nature de mon rôle.


 Évidemment, c’est plus facile à dire qu’à faire. Je ne vous cacherai pas que le chapeau est vraiment lourd à porter par moments. Mais je crois que si nous désirons réellement rendre les entreprises plus humaines, les PDG devront revenir sur terre, sinon ils demeureront le plus grand frein au progrès de leur organisation.


 


 


 


 

À propos de ce blogue

Simon est le rêveur visionnaire à la tête de GSOFT, l'une des plus importantes PME québécoises. Depuis 2006, GSOFT met au point des logiciels qui sont aujourd’hui utilisés dans plus de 110 pays. Sa première préoccupation ayant toujours été le bonheur de ses employés, Simon a bâti l’une des cultures d’entreprise les plus inspirantes de la planète. Son plus récent projet, Officevibe, est la preuve indéniable de son engagement au bien-être de son effectif. Audacieux et anticonformiste de nature, il s’est donné la mission de révolutionner le monde du travail tel que nous le connaissons. Il profitera de cette tribune pour favoriser encore plus cette transformation ! www.GSOFT.com

Simon De Baene