Le droit à la déconnexion: une fausse solution à un vrai problème

Publié le 05/04/2018 à 11:34

Le droit à la déconnexion: une fausse solution à un vrai problème

Publié le 05/04/2018 à 11:34

Au cours des dernières semaines, on a beaucoup entendu parler du droit à la déconnexion. Je parle ici du droit des employés à être complètement déconnectés du bureau en dehors des heures de travail. Fini les courriels en soirée! La sainte paix!


On s’inquiète avec raison de l’impact que l’hyperconnectivité a sur les employés, alors que les cas d’épuisement professionnel se multiplient. Les Français se sont d’ailleurs munis d’une loi à cet effet l’année dernière.


Au Québec, on se pose, à notre tour, de plus en plus de questions sur la meilleure manière de s’attaquer au problème. On cite, entre autres, en exemple des entreprises qui coupent les accès aux courriels après une certaine heure. Il y a un peu plus d’une semaine, un projet de loi a même été déposé en réponse à la situation. On y prévoit des amendes pour les entreprises qui refusent de se prévaloir d’une politique de déconnexion.


Bien que cette conversation soit essentielle, j’ai l’impression qu’on rate un peu la cible en s’attaquant aux moyens de communication numériques, voire à la technologie elle-même.


J’ai l’impression que toutes les fois où on aborde ce sujet, on s’empresse de comparer la technologie à des chaines qui permettent aux employeurs de mieux contrôler leurs employés.


Force est d’admettre que la technologie peut effectivement aider à exacerber la culture de «performance» présente dans nos entreprises. Mais n’est-il pas là justement le problème?


L'intemporelle culture du pressage de citron


Les mauvais employeurs trouveront le moyen de mettre de la pression sur leurs employés, surtout à l’ère du numérique. Il ne faut cependant pas oublier que ces environnements de travail malsains existaient aussi avant la révolution numérique actuelle.


C’est donc, à mon avis, un vœu pieux que de croire que des restrictions changeront réellement les choses. Encore plus si on les utilise pour couper les ailes du potentiel que nous offre la technologie.


Du potentiel il y en a!


Les nouvelles technologies dans les environnements de travail nous donnent une méchante belle opportunité d’avoir une conversation sur ce qu’on veut en faire du travail, justement. Nous avons la possibilité de partager l’information mieux que jamais, de travailler d’où on le souhaite, voire d’optimiser les tâches des travailleurs pour leur permettre d’avoir un quotidien un peu moins aliénant.


Mais pour ça, il faut que les entreprises, tout comme les employés, se responsabilisent.


Pour moi, miser strictement sur des mesures restrictives ne règlera pas le problème et limitera nos chances de réellement changer les vieux paradigmes qui guident le travail depuis trop longtemps.


Le faux-débat de la conciliation travail-vie personnelle


Je ne sais pas pour vous, mais moi je n’ai pas envie de séparer ma vie professionnelle et personnelle par une simple plage horaire de 9 à 5. C’est plus complexe que ça. Il faut cesser de se faire croire que c’est aussi simple que de séparer une pomme en deux. Les grands moments de la vie ne suivent aucun horaire.


Pour avoir une vraie conversation sur les nouvelles technologies et leur impact dans le monde du travail, on doit arrêter d'agir comme si le travail ne faisait pas partie de notre vie. L’hybridation à laquelle on assiste entre la vie personnelle et le boulot n’est pas nécessairement une mauvaise chose. On en tire simplement mal profit.


Peut-on voir les opportunités devant nous comme une invitation à travailler différemment au lieu de simplement penser à leur potentiel négatif?


Les employeurs peuvent-ils, une fois pour toutes, cesser d’associer les heures passées au boulot et la qualité du travail rendu et, finalement, faire confiance à leurs employés? Un employé heureux, responsable de son travail qui bosse 40 heures par semaine vaut pas mal plus qu’un employé séquestré qui en travaille 80 heures. Essayez-le pour voir!


Autant je ne veux pas me faire harceler par des courriels quand je soupe avec ma famille, autant je ne veux pas d’un monde du travail où l’on ne peut pas accéder au serveur du boulot ou communiquer en dehors des heures de travail, parce que la force des nouvelles technologies dans l’univers du travail, c'est justement la flexibilité.


 


 


 


 

À propos de ce blogue

Simon est le rêveur visionnaire à la tête de GSOFT, l'une des plus importantes PME québécoises. Depuis 2006, GSOFT met au point des logiciels qui sont aujourd’hui utilisés dans plus de 110 pays. Sa première préoccupation ayant toujours été le bonheur de ses employés, Simon a bâti l’une des cultures d’entreprise les plus inspirantes de la planète. Son plus récent projet, Officevibe, est la preuve indéniable de son engagement au bien-être de son effectif. Audacieux et anticonformiste de nature, il s’est donné la mission de révolutionner le monde du travail tel que nous le connaissons. Il profitera de cette tribune pour favoriser encore plus cette transformation ! www.GSOFT.com

Simon De Baene