Yahoo! Le conseil d'administration représente un risque pour les investisseurs

Publié le 14/05/2012 à 15:41, mis à jour le 14/05/2012 à 16:49

Yahoo! Le conseil d'administration représente un risque pour les investisseurs

Publié le 14/05/2012 à 15:41, mis à jour le 14/05/2012 à 16:49

Par Richard Joly

BLOGUE. M. Scott Thompson, nommé président et chef de la direction de Yahoo! en janvier dernier, est responsable d’avoir omis de faire la lumière sur son profil académique. Ancien président de PayPal, une division de eBay, son profil biographique comporte une irrégularité quant à ses diplômes obtenus. Aujourd’hui, on nous annonce qu’il a remis sa démission. Toutefois, selon les informations qui ont précédé cette nouvelle, il appert que le conseil d’administration a fait preuve d’un manque flagrant de rigueur, de courage et de transparence.


Manque de rigueur, car des sources affirment que le conseil d’administration n’aurait même pas demandé à M. Thompson de soumettre un curriculum vitae en bonne et due forme pour appuyer sa candidature et donc que les vérifications d’usage n’auraient pas été faites.


Manque de courage parce qu’ils ont fait porter l’odieux de l’affaire à Mme Patti Hart, l’administratrice responsable du processus de recrutement du nouveau président. Cependant, le recrutement du président est l’affaire de tous les membres du conseil d’administration et c’est d'ailleurs la première responsabilité d’un conseil. Mais surtout, manque de courage de la part du président du conseil qui ne fait aucunement preuve de leadership pour défendre l’organisation et protéger les investisseurs. Avant la démission du président, il n’avait toujours pas dit un mot sur cette affaire.


Manque de transparence parce que les membres du conseil d’administration n’ont pas clairement pris position face aux faits dans les premiers jours de la crise. Seul un communiqué qui offrait des excuses a été envoyé. Et alors qu’il était trop tard pour agir, ils ont délégué à des conseillers externes la tâche de faire la lumière sur cette histoire. C’est pourtant simple : le président a signé et déposé des documents officiels auprès des autorités, dont sa biographie erronée. S’il signe ces documents pour attester que tout est conforme alors que ce n’est pas le cas, il laisse présager qu’il pourrait également présenter des informations financières qui ne reflètent pas parfaitement la réalité.


La confiance des investisseurs s’effrite et l’action de Yahoo! accuse une perte de sa valeur depuis les derniers jours. Le conseil d’administration aurait dû congédier immédiatement le président avec cause et ne pas permettre à ce dernier de recevoir des sommes d’argent en guise d’indemnité. Il a personnellement causé ce problème et il doit en assumer les conséquences comme le font maintenant les actionnaires. Jusqu’à présent, le conseil de Yahoo! a semblé incapable d’agir en situation de crise et cette inefficacité représente un grand risque pour l’entreprise. On peut même mettre en cause leur sens de l’éthique.


Maintenant, Yahoo! devra recruter son quatrième président, et ce, en moins de trois ans. C’est pour le moins préoccupant! Il y a fort à parier que les recours collectifs ne tarderont pas à venir et les membres du conseil d’administration devront se défendre. En matière de gouvernance, la meilleure défense est de faire la démonstration que le conseil a tout fait pour éviter d’éventuels problèmes. Dans ce cas-ci, il est peu probable qu’ils pourront facilement arriver à se défendre.


À propos du blogue « Leaders en action » :


Le blogue « Leaders en action », animé par monsieur Richard Joly, se veut un carnet d’échange sur les sujets d’actualité qui touchent la gouvernance d’entreprise et le leadership. Monsieur Joly mène une carrière au sein de l’industrie du recrutement de cadres supérieurs. Président et fondateur de Leaders & Cie, il a su propulser l’entreprise pour en faire un chef de file des plus respectés dans son domaine pour ses études sur le capital humain. Il possède une vaste expérience à titre de consultant auprès des administrateurs de sociétés et de chefs de la direction. Il a dirigé plus de 350 mandats de recrutement de hauts dirigeants au cours des 14 dernières années. Expert en gouvernance d’entreprise, il s’intéresse de près à l’efficacité des conseils d’administration ainsi qu’au développement du capital humain.


 

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