image

Kerviel pouvait-il agir seul?

René Villemure . les affaires.com . 07-06-2010

BLOGUE. Après le lancement officiel de la saison des procès français, débutée la semaine dernière avec celui de J6M, demain marquera le début du procès de Jérôme Kerviel, anciennement de la Société générale pour « abus de confiance » et « faux et usage de faux ». Kerviel est accusé d’avoir fait perdre 4.9 milliards d’Euros à la banque d’affaires.


Celui-ci soutient qu’il a agi avec le consentement de la banque, à qui il avait fait faire des profits faramineux au cours des dernières années. Il affirme aussi que la banque préférait « fermer les yeux » sur ses agissements tant que ceux-ci rapportaient suffisamment à la banque. Cette dernière soutient que Kerviel a, au contraire, fait preuve de négligence et a agi de manière à frauder la banque.


Qui dit vrai? Jérôme Kerviel est-il un gentil garçon ou un faussaire arrogant?


Ce genre de situation où rien n’est dit et tout est su est difficile à appréhender. Il est incontestable qu’au cours des dix dernières années les banques ont fait preuve d’une extrême voracité qui a, d’ailleurs, culminée avec la crise financière. Il est tout aussi incontestable que des garde-fous et des règles avaient été mises en place afin, dit-on, d’éviter les dérives. Mais, voilà, les processus n’ont pas fonctionné, l’alarme n’a pas sonné dans le cas Kerviel.


Me suivre sur Twitter : renevillemure


Le risque non identifié était-il du à un disfonctionnement du système, à une erreur humaine ou a-t-on préféré ne pas voir?


Là réside la clef du problème.


Où se situe la leçon dans ce genre d’affaires? Simplement ici : on aura beau inventer la serrure la plus sécuritaire au monde, celle-ci sera inutile si on ne ferme pas la porte. En clair, la présence d’un processus ne garanti pas que les abus ne surviendront pas. Le processus ne pourra que faciliter l’identification de la fraude, si le surveillant se donne la peine de surveiller…


*


Lisez mon blogue précédent ici


Que sont nos héros devenus?


 

3 commentaires

MNoreau le 08-06-2010

S’agit-il de l’œuvre publique, à caractère privé, d’un acteur agissant seul ou de celle d’un manipulateur d’intérêts, de système, d’idées et d’individus? Y penser c’est déjà répondre un peu... Pour oser voir, il faut d’abord savoir parler! Apprenons ensemble à y voir plus clair. Soyons vigilants et loquaces dans nos mileux de travail

Tous les commentaires >