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Vézina : Pour l'emploi, on prend les bonnes nouvelles quand elles passent

René Vézina . 10-06-2011

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Bonne nouvelle : avec 25 000 nouveaux emplois, le taux de chômage a baissé à 7,3 % au Québec en mai. C'est le taux le plus faible depuis 2008.


Mauvaise nouvelle : l’essentiel de ces emplois sont à temps partiel. Ils aident à faire baisser le taux de chômage, mais pas le solde de la marge de crédit de ces nouveaux salariés…


Bonne nouvelle : le taux d’emploi (% de gens en âge de travailler qui travaillent effectivement), lui, est quand même passé de 60,3 à 60,6 %. L’amélioration est régulière et soutenue depuis quelques mois.


Mauvaise nouvelle : la population active n’augmente plus au Québec (gain d’à peine 2000). Si l’économie continue, même lentement, de reprendre des couleurs, nous allons manquer de bras. À moins de substantiels gains de productivité, l’élan risque de s’enrayer.


PLUS : Emploi : le Québec fait la différence en mai


PLUS : Canada : nous sommes plus productifs


Difficile de conclure dans un sens ou dans l'autre. Tout de même : à côté de l’anémie qui frappe les États-Unis, ces gains même modestes permettent d’espérer que l’embellie va se poursuivre sur le marché du travail. La demande extérieure pour nos produits augmente, et les annonces récentes d’investissements massifs sur la Côte-Nord et au Nouveau-Québec en témoignent.


Il faudra voir ce que le proche avenir nous réserve, avec un huard toujours fort et un partenaire commercial en panne. Mais je me revois discutant avec certains d’entre vous au printemps 2009, quand la reprise commençait à pointer, et que les plus pessimistes disaient qu’il s’agissait, en bourse, d’un Sucker’s Rallye et que notre économie allait instamment retomber en récession. Ça fait quand même deux ans…

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ABC le 14-06-2011

Un article faisant état de l'endettement canadien: http://www.theglobeandmail.com/globe-investor/personal-finance/household-finances/household-debt-hits-record-15-trillion/article2059905/. Si on additionne cette dette privée à la dettecontractée par le secteur public (soit directement par des déficits gouvernementaux ou soit par des promesses futures non capitalisées - fonds de pension, coûts du système de santé en 2020 compte tenu de la démographie), on peut en conclure que la croissance économique réelle est quasi nulle. Si le même endettement s'était produit en 1975, le taux de croissance du PIB aurait certes été de plus de 5% (un de mes commentaires antérieurs faisait état de la diminution sensible du taux de rendement marginal de la dette dans un système saturé). Nous verrons dans quelques années l'impact des mesures gouvernementales et monétaires actuelles. Si les fonds de pension publis doivent être amputés de 30% et que le niveau des services promis ne peut honorer qu'à 70% (comme plusieurs pays européens en avance sur nous sont en voie de connaître), le bilan de l'emploi de mai 2011 ne voudra rien dire.

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