image

Vézina : Montréal et le royaume des autruches

René Vézina . 10-07-2011 (modifié le 05-08-2011 à 17:32)

  • LinkedIn

Blogue.


C’est toujours pareil : quand les observateurs internationaux vantent le Canada, le Québec, Montréal ou Saint-Zéphyrin, les politiciens sont rapides à y faire écho (rappelez-vous le « plus meilleur pays au monde », de Jean Chrétien).


Mais quand la critique devient moins positive, on l’écarte du revers de la main, genre « ce n’est pas grave, ils peuvent toujours parler, ça ne nous dérange pas ». Entre ça et se cacher la tête dans le sable…


Bienvenue au royaume des autruches ! Montréal est en chute libre au palmarès (reconnu) du magazine britannique Monocle qui cote les villes en regard de leur offre de qualité de vie. Le ministre Raymond Bachand, cité sur le site de Canoe, ne trouve rien de mieux à dire  que « Il faut se dire dans la tête que Montréal est une très belle ville. »


Dommage, mais la pensée positive ne suffit pas quand toutes les grandes villes sont en compétition les unes avec les autres. L’étoile de Montréal est en train de pâlir, et c’est ce que note Monocle. Que lui reproche-t-on au juste ?


Une congestion routière aggravée (difficile de le nier). Une intégrité incertaine au sein de l’administration municipale (idem). Une lassitude généralisée (on commence à s’en apercevoir). Bref, Montréal est en train de perdre son attractivité, son facteur Wow ! alors que les autres métropoles se fendent en quatre pour se faire apprécier.


Résultat ? Montréal vient de glisser de la 12 e à la 24 e place. C’est une chute importante. Évidemment, on n’en sentira pas d’impact, du moins à court terme, parce que la vie doit bien continuer au jour le jour. Mais cette sévère évaluation qui nous vient d'ailleurs nous renvoie une image carrément amoindrie.


The thrill is gone, chantait B.B. King (Merci pour le flash, Claude B.) Quand ça se produit, quand le charme n’agit plus, il y a péril en la demeure. Bien sûr, les festivals sont toujours aussi populaires, l’été est festif en ville, mais désolé, ça ne suffit pas. Il va falloir redresser cette ville au plus vite et les paroles lénifiantes des politiciens ne règleront rien.


Rappelez-vous, la beauté est dans l’œil de celui qui regarde. S’il ne nous trouve pas beau, on peut toujours hausser les épaules en l’envoyant promener, sauf que ça ne fait pas des enfants forts…

15 commentaires

ABC le 07-08-2011

Bonjour. Mon commentaire n'est pas à propos car je reviens sur votre chronique du 6 juin 2011 sur l'emploi que vous aviez terminé de la façon suivante: ''Mais je me revois discutant avec certains d’entre vous au printemps 2009, quand la reprise commençait à pointer, et que les plus pessimistes disaient qu’il s’agissait, en bourse, d’un Sucker’s Rallye et que notre économie allait instamment retomber en récession. Ça fait quand même deux ans…'' Je vous avais répondu que la propension des journalistes à se concentrer sur la nouvelle du jour me décevait et que le bilan de l'emploi de juin 2011 avait bien peu d'importance et qu'il faudrait plutôt se questionner sur la soutenabilité de la croissance économique pour les 10 prochaines années et sur la capacité des sociétés occidentales à maintenir leur modèle actuel. Et bien, le S&P500 est à 150 points de se situer à l'été 2009. Car lorsqu'on entend parler du rendement boursier de 80% depuis le bas du krach, il faut comprendre que plus de 60% de ce rendement s'est réalisé en moins de 4 mois alors qu'on était encore en pleine tourmente (je détiens présentement des actions en quantité limitée alors le but n'est pas de me vanter de quoi que ce soit). Je suis simplement déçu que le consensus journalistique des dernières années était que des déficits pour stimuler l'économie c'est ok, des taux d'intérêt à 2% qui entrainent de gigantesques mauvaises allocation du capital au moment même le taux de croissance du crédit dans l'économie est supérieur à 10% c'est super car l'IPC est bas, etc... La réalité est que la dette gouvernementale pour des infrastructures, c'est mauvais même si c'est un actif car les gouvernements ne provisionnent jamais les coûts futurs de l'entretien et du remplacement ou le coût réel de leurs programmes. Des taux d'intérêts au plancher n'entrainent rien d'autre qu'une consommation excessive à court et une mauvaise allocation des ressources (pensez à la proportion de travailleurs oeuvrant actuellement dans l'immobilier et les services connexes (agents d'immeubles, métiers de la finance hypothécaire). Pourquoi pensez-vous que les États-Unis ont de la difficulté à se rétablir côté emploi? N'est-ce pas parce que 50% de la croissance de leur PIB de 2003 à 2006 provenait de l'immobilier et de la finance et ceci était dû aux baisses de taux artificielles de la Fed de 2001? Ne peut-on pas penser que la même chose surviendra ainsi alors que le prix des maisons en rapport au revenu disponible est à 2 écarts-types au-dessus de la moyenne historique? Nous n'avons pas laissé les récessions faire leur oeuvre depuis 15 ans et nous avons transféré des problèmes privés en problèmes publics car la gare actuelle du train est celle où ce sont les gouvernements qui sont à l'infirmerie. J'espère ne pas voir la communauté journalistique mentionner que les événements actuels et à venir étaient imprévisibles...

Tous les commentaires >