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Pas si facile que ça de déménager à Memphis

René Vézina . 18-09-2011 (modifié le 18-09-2011 à 21:36)

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[Photo: Bloomberg]

Blogue.


On serait tenté de se dire « Ça leur apprendra. »


Les coûts de construction de la future usine d’Electrolux à Memphis dépassent déjà de 30 millions de dollars les projections initiales, et tout indique que ce n’est pas fini.


La situation est devenue si préoccupante que la direction d’Electrolux s’est sentie obligée d’envoyer une lettre au maire de Memphis pour lui dire qu’elle avait malgré tout toujours l’intention d’aller de l’avant avec son projet.


C’est ce que rapporte le journal en ligne The Commercial  Appeal (commercialappeal.com). Il signale aussi que la compagnie envisage de s’installer sur un site différent que celui qui lui avait été réservé à l’origine. Problèmes de décontamination ? En tout cas, tout indique qu’en plus de dépassement de coûts, la construction du nouveau complexe prendra de temps que prévu.


Il faut rappeler que la suédoise Electrolux a annoncé en décembre dernier qu’elle allait prochainement fermer ses installations de L’Assomption, dans Lanaudière, au Québec, pour déménager ses activités à Memphis. Elle va du même coup mettre à pied 1250 travailleurs pour en embaucher autant – sensiblement moins bien payés - au Tennessee. Le projet devait coûter au départ 190 millions de dollars, incluant une contribution de 132 millions des pouvoirs publics. Autrement dit, Electrolux s’est fait offrir un pont d’or pour délocaliser sa production aux Etats-Unis, alors même que les Américains contestent sans arrêt tout soutien gouvernemental aux entreprises d’ici…


On ne sait pas encore qui va devoir assumer les coûts supplémentaires, à Memphis, mais on peut présumer qu’il y a là un bon contentieux en devenir. Pour l’instant, Electrolux dit être en train de revoir les soumissions qu’elle avait reçues pour la construction de son futur complexe, qui devait être inauguré en 2014.


Si le chantier se prolonge, on peut se demander ce que la compagnie devra faire pour éviter une rupture de production de ses appareils électroménagers. Retarder la fermeture à l’Assomption ? Ses demandes risquent d’être froidement reçues ici. À moins qu’elle ne change complètement d’idée et oublie Memphis en signalant humblement son désir de revenir à la maison. On peut toujours rêver... Mais il faudrait d'abord qu'Electrolux fasse amende honorable.


Comment on dit « pardon », déjà, en suédois ?

6 commentaires

ABC le 23-09-2011

Bonjour messieurs Pouliot et Vézina. Voici quelques questions auxquelles j'aimerais avoir vos réponses personnelles. Je vous pose les questions à tous les deux car, pour avoir lu régulièrement, je crois que les réponses de M. Pouliot diffèreront sensiblement de celles de M. Vézina. Ce n'est pas dans un objectif de confrontation mais plutôt une réflexion sur les politiques monétaires. Voilà. Le marché obligataire canadien anticipe maintenant clairement une baisse du taux directeur canadien de 1% à 0,50%. Les politiques keynesiennes étant la base d'appui depuis de nombreuses années,j'imagine que le journal Les Affaires appuiera une telle mesure comme il l'a fait depuis 10 ans. Voici mes questions: 1. Si une telle baisse du taux directeur est la solution, pourquoi les États-Unis ne sont-ils pas en forte croissance actuellement? Pourquoi un taux à 0% n'a pas permis aux marchés immobiliers américains (et japonais post 90) de se stabiliser? 2. Pourquoi la croissance économique et la population active furent-elles plus fortes dans les années '80 et '90 alors que les taux étaient à des des niveaux substantiellement plus élevés? 3. Ne croyez-vous pas qu'à ces niveaux de taux d'intérêt, des baisses supplémentaires n'ont aucun impact sur les emprunts mais entrainent plutôt simplement des mauvaises allocations du capital? Par mauvaise allocation, j'entends un pétrole qui passe de 70$ à 140$ de septembre 2007 à juin 2008 (mouvement uniquement expliqué par les liquidités injectées suite à la baisse drastique du taux de Bernanke en août et septembre 2007 car l'économie était déjà en sérieux ralentissement)et qui représentait une taxe additionnelle d'environ 500 milliards pour les consommateurs américains en juin 2008? Deuxième exemple, une concentration forcée de l'emploi dans un secteur économique stimulé par ces liquidités tel que l'immobilier et qui fait en sorte que le marché de l'emploi est complètement disloqué. Si le taux de chômage demeure aussi élevé aux États-Unis, ne croyez-vous pas que c'est en forte partie car 50% de la croissance du PIB de 2000 et 2006 provenait du secteur de l'immobilier et de ses annexes (construction, finance immobilière) - scénario d'ailleurs fort plausible au Canada à brève échéance? 4. Mis à part un faible boost à court terme, ne croyez-vous pas que ces politiques monétaires entrainent les banques centrales elles-mêmes dans un cul-de-sac car elles enlèvent tout restant de discipline aux gouvernements dans la gestion de leur budget (ceux-ci ne partent généralement pas avec un fort niveau de discipline)? 5. Avez-vous songé à l'impact des politiques monétaires sur la situation actuarielle des caisses de retraite et sur le niveau de dépenses des particuliers retraités? Croyez-vous que les bénéfices tirés de l'endettement plus élevé des particuliers sont largement supérieurs aux problèmes ci-dessus mentionnés (et qui ne sont même pas encore un sujet d'actualité encore au Québec - cela viendra assez rapidement selon moi)? 6. En terminant, comment conciliez-vous le fait que, selon Keynes, les gouvernements ne devraient avoir aucune dette accumulée car les périodes de croissance devraient à rembourser la dette contractée dans les récessions? Croyez-vous qu'on puisse seulement utiliser un volet de la théorie? Ne trouvez-vous pas que cela enlève toute crédibilité au terme ''science'' souvent attachée à ''économique''? Ne serait-il donc pas plus soutenable à long terme d'envisager l'école autrichienne de Ludwig Von Mises et de Friedrich Hayek qui reconnaît la faillabilité de l'être humain et qui conclue qu'il vaut mieux laisser l'offre et la demande de crédit dicter les taux d'intérêt compte tenu de cette faillabilité? Merci beaucoup pour vos réponses.

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