Le compte à rebours est commencé : dans quelques semaines, voire quelques jours, le huard va voler côte à côte avec l’aigle. Le dollar canadien de transigera au pair avec le dollar américain.
Pourquoi en parle-t-on autant ? Probablement parce que dans l’inconscient de bien des citoyens, c’est une question de fierté primaire. Nous nous sommes longtemps fait casser les oreilles par les prétentions américaines et ce regard complaisant sur le nord de la frontière… il y a là comme une sorte de revanche.
Mais les conséquences réelles sont plus significatives. Il va y avoir des gagnants et des perdants.
Les voyageurs et les importateurs vont en profiter. Ce sera également avantageux pour ceux et celles qui veulent moderniser leurs équipements : il faut comprendre que le huard a aussi fortement progressé face à l’euro. Les consommateurs pourraient également y trouver des avantages… si les prix des biens importés sont réajustés pour tenir compte du nouveau rapport de forces.
Mais on l’a dit et redit, les exportateurs, eux, ne vont pas la trouver drôle. Puisqu’il est pratiquement impossible de monter les prix de ce que l’on vend, il va falloir vivre avec des marges réduites.
Sauf que, contrairement à ce qui est arrivé la dernière fois, il y a près de trois ans, on entend moins d’appels de détresse, comme si on avait compris que la force relative de notre dollar n’est pas un incident de parcours et qu’il va falloir apprendre à vivre avec. Programmes de couverture, meilleure productivité, exploration de nouveaux marchés, les stratégies existent et elles ont été souvent mises en œuvre. Mais l’industrie touristique, elle, risque de trouver le temps long : les Canadiens vont être tentés de profiter de l’aubaine et de se promener à l’extérieur, tandis que les touristes étrangers vont trouver la vie plus chère ici…
Bonheur ou malédiction ? Tout dépend de sa situation. Mais dans la vie, je pense, mieux vaut composer avec sa force plutôt que de miser sur sa faiblesse.

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