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Nathalie Normandeau laisse le Plan Nord en plan

René Vézina . 06-09-2011

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Elle choisit un drôle de moment pour partir, Nathalie Normandeau.


On comprend, à l’écouter, qu’elle en avait plein le dos de la politique active. Treize ans en politique provinciale –elle a été élue une première fois en 1998-, ça peut être long. La cote des politiciens québécois est à la baisse et elle devait le ressentir. Les commentateurs, et le public en général, ont la dent dure. Le lien maladroit qu’elle a établi entre les vaches et les gaz à effet de serre l’aura longtemps poursuivi. Le pire, c’est qu’elle avait raison, sur la forme. Mais elle aurait pu trouver un autre exemple. Dans la tourmente soulevée par le débat sur le gaz de schiste, son intervention a été tournée en ridicule. Reste qu’elle n’avait pas froid aux yeux, Madame Normandeau.


La femme la plus puissante du gouvernement québécois part donc en laissant Jean Charest en plan. C’est évidemment son droit le plus strict.


Mais elle était en charge d’un secteur absolument stratégique pour le Québec : les richesses naturelles. Au moment où l’économie mondiale est en train de s’aplatir, les richesses du sous-sol québécois deviennent pour le Québec une essentielle planche de salut. Il peut ainsi espérer traverser sans s'écrouler cette nouvelle tempête. Les annonces successives liées au Plan Nord ont justement permis d’amortir le choc que d’autres juridictions encaissent plus durement.


Et c’est dans ce contexte très particulier que la capitaine quitte le navire.


Il y a de plus la loi sur les mines qui doit être examinée par l’Assemblée nationale. Sans compter qu’il va falloir statuer un jour sur l’exploitation, ou non, du potentiel pétrolier du Golfe Saint-Laurent. Et la question du gaz de schiste demeure en suspens. Un jour, nous allons devoir nous brancher, collectivement, sur ce que nous voulons faire avec nos ressources. Mais ce sera quelqu’un d’autre que Nathalie Normandeau qui tiendra la barre…


En fait, son carnet de commandes débordait. Peut-être en avait-elle trop sur les bras. Peut-être a-t-elle fini par réaliser qu’on ne vit qu’une fois.


En quittant, elle laisse également les Gaspésiens orphelins. Depuis les beaux jours de Yves Bérubé, à Matane, et de Gérard D. Lévesque, dans Bonaventure, il y avait longtemps qu’ils n’avaient été si près du pouvoir.


On verra la suite avec l’élection partielle qui doit obligatoirement avoir lieu d’ici six mois. Pas facile, la vie en politique…

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