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Métro de Montréal : assez pour donner le mal des transports

René Vézina . 22-01-2010

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Blogue. Beaucoup ont applaudi (j’en étais) lorsque le gouvernement du Québec a décidé, en mai 2006, de faire affaire avec Bombardier pour négocier de gré à gré le renouvellement des vieilles voitures MR-63 du métro de Montréal. Sans soumission.


Le savoir-faire de Bombardier, allié à la présence à La Pocatière de la seule usine d’assemblage de matériel roulant, au Québec, étaient des arguments de poids. Tous les états cherchent à favoriser leurs champions : pourquoi le Québec aurait-il agi différemment ?


L’ennui, c’est qu’un concurrent potentiel, Alstom, s’est rebiffé et a porté l’affaire devant les tribunaux, soutenant que la procédure était illégale. Et le 8 janvier 2008, le juge Silcoff, de la Cour Supérieure, a tranché en faveur d’Alstom. Retour à la case départ.


On connaît la suite : devant la perspective d’un affrontement à l’issue incertaine, les deux rivaux ont décidé de faire contre mauvaise fortune bon cœur. Leur consortium a ensuite entamé de longues négociations avec la Société de transport de Montréal, négociation qui venaient finalement d’aboutir, paraît-il… sauf que le gouvernement du Québec a décidé in extremis de suspendre provisoirement cet accord pour offrir aux autres fournisseurs potentiels la chance de présenter une offre, Ils ont 30 jours pour se manifester.


La possibilité que certains lèvent la main est mince, dit-on, parce que les spécifications sont tellement précises qu’il faudrait qu’un outsider réalise des prouesses pour s’y conformer.


N’empêche. Supposons que l’on puisse réécrire l’histoire. Aurait-il mieux valu jouer franc jeu dès le départ ? Si nous sentons vraiment que Bombardier est un champion, pourquoi ne pas avoir permis une véritable joute et attribué le fameux contrat au mérite ?


Dans ces circonstances, personne n’aurait pu le contester par la suite. Les voitures seraient déjà en train d’être fabriquées, les ouvriers travailleraient à plein régime et les usagers du métro auraient bon espoir de pouvoir en profiter dès 2012. Tandis que maintenant… au mieux, le consortium Bombardier-Alstom va conserver le contrat, mais un sérieux retard a été pris et le Québec va se faire regarder de travers sur la scène internationale pour ces dérapages.


C’est vrai que l’on risquait gros, que la commande échappe totalement à La Pocatière, mais à vaincre sans péril, on triomphe sans gloire, et on ne s’épargne pas nécessairement des soucis. Cette histoire a tellement penché d’un bord à l’autre qu’elle est en train de nous donner un sérieux  mal des transports.

1 commentaire

nanana le 22-01-2010

Bonjour monsieur Vézina. Lorsqu'une entreprise Canadienne (ou Québécoise) se permet d'aller en soumission partout en Europe et Asie, je ne vois pas pourquoi, le Québec ou le Canada pourrait se permettre de fermer la porte à tout le monde, c'est justement ce genre de favoritisme qui mène notamment à la fraude, comme des contrats "cost plus" pour n'en nommer qu'une seule et contraire aux lois sur la mondialisation des marchés. Je ne vois vraiment pas où ira la Chine qui veut construire des wagon sur rail en métal, au départ ils se mettent le doigt dans l'oeil car cela ne fait pas partie du devis. Mais la Chine tout comme les USA, veulent faire les choses selon leurs critères. Nous n'avions pas assez de subir les USA, nous avons maintenant la Chine. Merci et bonne journée

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