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Vous avez peut-être vu cette nouvelle tirée d’un sondage de la Banque Royale : un tiers des Canadiens âgés de 55 ans et plus ont encore 16 ans à payer sur leur hypothèque résidentielle. Ils n’en seront donc pas libérés avant d’avoir 71 ans, et encore.
Entre ce que l’on souhaite et ce qui risque d’arriver, il y a une marge. Quand on les questionne, les Canadiens disent en grande majorité vouloir être libres de toute dette hypothécaire à 65 ans au plus tard. Finis, les soucis. Mais dans les faits, bon nombre d’entre eux reconnaissent que c’est irréaliste. Les dettes collent après les gens comme la misère colle sur le pauvre monde.
Pourquoi ce fort pourcentage de gens toujours liés à leur hypothèque bien après l’âge de la retraite ?
Certains achètent tard dans leur vie des résidences encore plus grandes, et plus chères, comme pour se récompenser d’avoir longtemps travaillé fort. Ils devront donc payer une hypothèque pendant un bon moment. Mais ce n’est pas l’explication la plus courante. Dans les faits, un nombre croissant de gens plus âgés empruntent sur leur maison pour financer leur train de vie, surtout avec les rendements misérables que leur procurent leurs investissements, qu’il s’agisse de placements garantis ou de marchés boursiers. Les uns et les autres font du surplace depuis la récession et rien n’indique qu’une amélioration notable est en vue. Et si les taux d’intérêt demeurent bas pour les épargnes, ils sont à peine plus hauts pour le emprunts. La tentation est grande de plonger dans les dettes, quitte à se dire : « On verra pour la suite. »
Mais c’est dangereux, parce que cet épisode de taux bas ne durera pas éternellement. La facture va finir par monter. Je me rappelle cette séquence du film de Michael Moore, « Capitalism, a love story », où un type déclare fièrement, dans une pub d’uns institution financière, « Je possède ma propre banque » ; et dans la séquence suivante, on le voit littéralement piger dans sa maison, alors qu’il explique : « Ma banque, c’est ma maison ! »
Mais c’était avant la crise, et avant que la valeur des maisons s’écroule… Aujourd’hui, au dernier décompte, 29 % des propriétaires américains de résidences étaient underwater. Autrement dit, ils devaient plus sur leur maison qu’elle ne valait. Pris à la gorge, vous dites ?
Dieu merci, on n’en est pas encore là, mais va falloir faire attention. Cette relative insouciance des Canadiens plus âgés tient peut-être au fait que bien des baby-boomers se pensent invincible et invulnérables. C’est vrai qu’à 65 ans, aujourd’hui, on n’est plus vieux comme jadis, mais une dette est une dette et un banquier demeure un banquier. C’est bien de vouloir profiter de la vie, mais…










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