Le Québec doit apprendre à faire de l'argent

Offert par Les Affaires


Édition du 16 Mai 2015

Le Québec doit apprendre à faire de l'argent

Offert par Les Affaires


Édition du 16 Mai 2015

En 2006, au moment de quitter la présidence du Fonds de solidarité FTQ, Pierre Genest m'avait confié en entrevue qu'une de ses plus grandes fiertés était de constater qu'on pouvait dorénavant y dire : « Il faut faire de l'argent ». Sans embarras.


Depuis, ses successeurs se sont organisés pour que les déposants au Fonds, eux, ne soient pas gênés à l'égard de l'argent. Au contraire, ils en réclament.


C'est dire ! Au Québec, faire de l'argent reste suspect. Mais, Dieu merci, nous comprenons de plus en plus que « mieux vaut être riche et en santé que pauvre et malade », comme disait Yvon Deschamps. Le gouvernement Couillard, lui, ne semble pas le comprendre.


Au lieu de tout mettre en oeuvre pour accélérer le développement économique du Québec, il multiplie les artifices. Le dernier en date demeure cette ridicule taxe sur les installations de camping fixes qui, au mieux, pourraient rapporter un million de dollars - avant les frais d'administration. Combien restera-t-il d'argent une fois que les fonctionnaires se seront servis ?


Et après avoir supprimé le financement direct aux centres locaux de développement (CLD), le gouvernement fait de même avec les Coopératives de développement régional (CDR), ce qu'a vertement dénoncé la députée Françoise David, porte-parole de Québec solidaire. Pour une fois, je trouve qu'elle a bien raison de s'insurger, alors que les autres partis n'en font pas grand cas.


Deux exemples où la province sortira gagnante


Au lieu de s'arrêter aux détails de ce genre, qui envoient le message que les coffres de l'État se regarniront en allant toujours puiser plus dans les mêmes poches, pourquoi ne pas en trouver d'autres ? Pourquoi ne pas simplement choisir de faire de l'argent ?


Voici deux exemples.


Le premier concerne la mine d'apatite Arnaud, près de Sept-Îles. Après d'interminables tergiversations, on vient enfin de donner le feu vert au projet. Jusqu'à 1 000 personnes seront embauchées durant l'étape de la construction, qui doit commencer en 2016. S'ajouteront 330 emplois directs et plus de 400 emplois indirects (sous-traitance et approvisionnements en tous genres) durant l'exploitation.


Oui, des citoyens sont préoccupés. On nous ressasse ces histoires déplorables de minières qui, au siècle dernier, se sont comportées en mauvais citoyens corporatifs en causant des dommages environnementaux. Mais les temps ont changé, et la surveillance ainsi que les obligations sont beaucoup plus rigoureuses. Les détracteurs de l'industrie devraient le reconnaître.


À propos de ce blogue

Observateur et commentateur privilégié de l’économie québécoise depuis plus de 20 ans, René Vézina fait le point sur un monde en évolution constante. Il jette un regard critique sur les événements et les vulgarise pour faire ressortir les enjeux cachés.

René Vézina

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