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La mort, les taxes et la hausse du prix du lait

René Vézina . 28-01-2010

Tags : Agroalimentaire, Hydro-Québec

Blogue. C’est une fatalité.


Chaque année, sans faillir, la Régie des marchés agricoles impose aux Québécois une augmentation du prix du lait. Le 1er février, le litre coûte deux cents de plus : le prix passe de 1,69 $ à 1,71 $ dans la plupart des régions, mais encore plus cher dans des régions comme les Îles de la Madeleine.


Deux cents, diront certains, ce n’est pas tant que ça, à peine 1,2 %.


Comparons. Lorsqu’Hydro-Québec a obtenu une hausse de 0,2 % de ses tarifs applicable au 1er avril prochain, des groupes de défenses de consommateurs ont déchiré leur chemise, criant à l’injustice.


Allons-nous les entendre cette fois-ci ?


Continuons la comparaison. Le lait que l’on nous vend ici est de loin le plus cher au Canada, en moyenne 25 % plus cher qu’ailleurs. Et les détaillants sont forcés de respecter un prix plancher. Les consommateurs n’ont pas le choix. C’est l’équivalent d’un cartel.


L’électricité nous est aussi servie sur le même modèle. Un monopole. Mais à l’inverse, ici, le prix est le plus bas au pays, après le Manitoba. Et les profits sont reversés en grande partie à l’État, c’est-à-dire à l’ensemble des citoyens.


Oui, mais l’électricité est un bien essentiel, alors que le lait… Un instant. Le lait plus cher, c’est le beurre plus cher, le yogourt, le fromage, et une tonne de produits liés au lait. Et « les familles à faible revenu », qui tiennent tant à cœur de ces chers groupes de défense, sont directement touchées.


C’est vrai que les producteurs agricoles travaillent fort. Ils sont sympathiques et ont une bonne image. Et dans les faits, ils vont n’encaisser que le quart de cette hausse. Le reste est réparti tout au long de la chaîne. Mais au bout du compte, la hausse de 1,2 % demeure deux fois plus forte que celle du coût de la vie en 2009.


Et en passant, depuis 2004, les augmentations du prix du lait et de l’électricité sont à peu près équivalentes, de 15 à 16 %. On nous sert ad nauseam des arguments pour dénoncer la deuxième. Quand allons-nous au moins entendre le même genre de protestations par rapport au lait ?

1 commentaire

Patrick le 31-01-2010

Ce prix plancher est notamment une assurance-revenu pour les producteurs et les transformateurs. Les mots qu'a utilisés Nathalie Elgrably dans son opus "La Face Cachée Des Politiques Publiques" sont justes : la politique laitière est vache. Il s'agit d'un coussin sur lequel les producteurs et transformateurs sont confortablement assis. Un frein à l'investissement privé et à l'innovation. Une incitation à l'inefficacité en industrie, voilà ce que c'est. Que les Québécois paient aussi cher pour ce produit, c'est injuste et inacceptable.

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