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Habiter en ville, si on a les moyens... ou si on n'en a pas assez

René Vézina . 14-10-2011 (modifié le 14-10-2011 à 15:21)

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BLOGUE. On voudrait bien, mais on ne le peut pas toujours…


C’est le dilemme qui se pose aujourd’hui à bien des familles qui souhaitent s’installer dans la grande ville mais qui se rendent bien compte que l’offre ne convient pas à leur demande.  Et toutes les belles intentions de tous les plans d’aménagement de ce monde n’y pourront rien changer.


Prenez Montréal. À la limite, les personnes seules ou les couples sans enfants peuvent toujours trouver à se loger, comme propriétaire ou locataire, en y mettant le prix. Mais essayez de trouver aujourd’hui la bonne affaire si vous avez des enfants… Les prix de l’immobilier n’ont cessé de grimper et il faut aujourd’hui investir des centaines de milliers de dollars – ou des milliers de dollars par mois, si on loue - pour se loger décemment.


Ou bien, et c’est souvent le cas pour les nouveaux arrivants, on s’entasse dans des logements médiocres que le propriétaire laisse décrépir. Mais allez faire la fine bouche s'il n’y a rien d’autre d’abordable et que vos moyens sont limités.


Évidemment, je pousse un peu la démonstration. Ce sont les deux extrêmes. Encore que… essayez ces temps-ci de trouver l’aubaine à Montréal. Malgré les prédictions les plus sombres sur l’éclatement prochain de la bulle, on attend encore et les prix continuent de grimper.


En passant, Québec vit le même phénomène, ce qui explique la tentation toujours plus forte de la banlieue, qui n’en finit plus de s’étirer.


Est-ce une malédiction due au fait que les citoyens ne voient pas le danger de l’étalement urbain ? Non. C’est tout bonnement une illustration de  « Loi du marché 101 », qui montre que les consommateurs choisissent d’abord ce qui est à leur portée. Malheureusement, c’est un choix qui finit par coûter cher, même aux individus, parce qu’on ne calcule pas les coûts supplémentaires. Par exemple, habiter à 30 kilomètres de son lieu de travail se traduit par une facture d’essence exorbitante, facilement 3 à 400 dollars par mois – avant impôt- si on n’a pas la chance de compter sur un système de transport en commun efficace.


Évidemment, si on offrait à ces gens l’occasion de déménager vers la ville, dans un environnement accessible et agréable… mais dans la vraie vie, c’est une tâche quasiment impossible à laquelle les gouvernements n’ont jamais réussi à s’atteler. Oh, il y a bien eu quelques réalisations remarquables, comme la revitalisation du Pôle Angus, dans l’est de Montréal, mais si ça vous tente, allez y faire un tour et informez-vous du prix actuel des maisons ou des condos. Vous allez voir, ce n’est pas donné.


Et il ya aussi la formule intéressante des coops d’habitation, mais encore une fois, les familles n’y trouvent pas souvent leur compte.


Alors… on aura beau proposer de beaux PMAD (Plan métropolitain d’aménagement et de développement) et viser une densification plus intense du territoire urbain habité, ce dirigisme ne réussira pas s’il oublie les règles élémentaires de l’offre et de la demande en économie. Et les rêves viendront se briser sur la froide réalité.

36 commentaires

Albotross le 09-11-2011

Tout a fait d'accord! Pour quelqu'un seul qui fait 40, 50 ou 60 000$ c'est quasiment impossible d'acheter a Montreal (proche d'une station de metro)

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