Google et compagnie débarquent ici; doit-on ou non s'en réjouir?

Offert par Les Affaires


Édition du 27 Janvier 2018

Google et compagnie débarquent ici; doit-on ou non s'en réjouir?

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Édition du 27 Janvier 2018

Crédit: Facebook/Google

Les personnes talentueuses en technologie de l'information (TI), plus précisément en intelligence artificielle, sont maintenant si recherchées que des PME québécoises actives en TI signent des ententes pour ne pas se les voler les unes aux autres.


Pendant ce temps, Google, Microsoft et les autres géants du genre ne se gênent pas, eux, pour débaucher les meilleures compétences du Québec, avec des conditions si attrayantes qu'il est difficile de leur résister alors que tout le monde court déjà après les ressources.


C'est ce qui fait dire à Nicole Martel, PDG de l'Association québécoise des technologies (AQT), que l'arrivée de ces multinationales, dans ces circonstances, ne fait pas nécessairement l'unanimité.


« Avec des sentiments partagés ». C'est ainsi, dit-elle, que le milieu québécois des TI voit débarquer ici ces puissances internationales attirées par la qualité de la main-d'oeuvre et le dynamisme de l'écosystème en train de se développer.


« D'une part, ajoute-t-elle, tout le monde est fier que les projecteurs soient maintenant en train de se braquer sur Montréal. C'est une juste reconnaissance de la valeur de nos formations et de nos chercheurs. »


Voilà pour les fleurs. Mais suit le pot.


« Par ailleurs, poursuit-elle, il faut nuancer les annonces des créations d'emplois quand ces géants s'implantent ici. Création ou juste déplacement, puisque le bassin de talents demeure limité ? Chacune de ces annonces rend nerveux nos dirigeants de PME ! »


La question de cette lutte a été justement posée lors du récent Forum stratégique sur l'intelligence artificielle, présenté par la Chambre de commerce du Montréal métropolitain, le 15 janvier. Un événement imposant, le plus important du genre jamais tenu à Montréal, qui a accueilli près de 900 participants.


Ces immenses entreprises arrivent avec leur réputation et leur environnement de travail « sexy », pour reprendre l'expression entendue lors du Forum. Et elles impressionnent.


Pour vous donner une idée, on retrouvait sur un même panel des représentants de Google, d'IBM, de Microsoft et de Thales.


Juste avant, un haut dirigeant d'Amazon était venu nous parler des avancées de cette méga- entreprise qui mise plus que jamais sur l'intelligence artificielle et sur ses puissants ordinateurs, capables de répondre toujours plus vite aux demandes tout en entreposant des tonnes de données.


Les PME québécoises en seraient-elles réduites à les applaudir tout en voyant leurs rangs se déplumer ?


« Pas nécessairement », a précisé lors de ce Forum le vice-président, Stratégie, recherche et technologie chez Thales, Siegfried Usal. Le groupe français Thales, spécialisé en transport, est présent au Canada depuis 1972. Il est entre autres établi à Montréal, où il a ouvert, en octobre dernier, un nouveau centre voué à la R-D en intelligence artificielle. « Nous allons voir débarquer ici de nos gens, venus de France, attirés par Montréal et son potentiel en intelligence artificielle. Nous allons aider à gonfler le bassin de talents ! »


Peut-être. Mais de toute évidence, ça ne suffira pas. Déjà, les PME québécoises se méfient les unes des autres parce qu'elles veulent éviter de se faire voler leurs meilleurs éléments. De plus, la surenchère dans les conditions de travail, déjà avantageuses, finit par fragiliser le milieu.


Par exemple, pour se protéger, les PME qui vont participer aux sessions de formation en intelligence artificielle offertes par l'AQT seront invitées à signer une entente de non-compétition entre elles. On veut ainsi éviter que des entreprises ratoureuses repèrent ensuite des gens mieux formés et les débauchent. Un risque omniprésent, dit-on.


« Au moins, dans notre association, les dirigeants se connaissent et se respectent, dit Mme Martel. Les mauvais coups sont rares. »


Une belle solidarité... en principe. Elle sera mise à l'épreuve au fur et à mesure que les pressions sur le personnel augmenteront. C'est assurément là un des grands défis en ce début de siècle pour l'économie québécoise en pleine mutation.


Pour une fiscalité foncière progressive


Notre régime fiscal est dit « progressif » en ce qui concerne l'impôt sur le revenu des particuliers : les taux d'impositions augmentent selon les revenus.


Pourquoi n'en serait-il pas de même pour l'impôt foncier, en tenant compte, cette fois, de la valeur des propriétés ? Dans ce cas, le régime est régressif.


La question se pose avec plus d'acuité en ce qui concerne les budgets des villes, qui comportent souvent des hausses de taxes douloureusement élevées. On vient d'en voir un nouvel exemple avec celui que vient de présenter la nouvelle administration Plante, à Montréal.


Les mêmes augmentations s'appliquent à tout le monde. Or, on peut présumer que les finances des propriétaires de maisons de 200 000 $ sont plus serrées que celles des gens qui possèdent une maison de 2 millions. Oui, ces derniers paieront pas mal plus cher, mais leur marge de manoeuvre doit logiquement être plus grande.


Un problème pourrait se poser pour les gens âgés, à revenus fixes, qui ont vu exploser la valeur de la maison dans laquelle ils vivent depuis longtemps. On pourrait imaginer dans leur cas, une formule d'allègement.


La Loi sur les cités et villes ne permet pas expressément ce genre de réaménagement fiscal. Il me semble toutefois que la question mériterait d'être étudiée à son mérite.

À propos de ce blogue

Observateur et commentateur privilégié de l’économie québécoise depuis plus de 20 ans, René Vézina fait le point sur un monde en évolution constante. Il jette un regard critique sur les événements et les vulgarise pour faire ressortir les enjeux cachés.

René Vézina

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